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16 novembre 2009

L'Animateur et le Sage

Animateur : Selon vous, Monsieur, quel est le sens de la vie?

Sage : Lorsqu’on tente de faire parler un sage, mieux vaut se réduire à peu de mots alors...

Animateur : Selon quel, sens vie?

Sage : Pour, l’important répandre sourires...

Animateur : Et l’argent fait bonheur?

Sage : Non - mourir dignement.

Animateur : Que vous animateurs?

Sage : Quoi?

Animateur : Que vous animateurs?!

Sage : C’est quoi cette question? Vous ne savez pas formuler une question?

Animateur : Mais c’est vous qui avez dit lorsqu’on tente de faire parler un sage... et qui d’autre que moi vous fait parler ici???

Sage : Posez.

Animateur : Que pensez-vous des animateurs...?

Sage : Il est surtout amateur.

Animateur : Non, animateur.

Sage : Non.

Animateur : Oui.

Sage : Oui.

Animateur : C’est quoi votre problème? Je vous pose une question et vous jouez au miroir. Bon... Prochaine question : le travail?

Sage : Quoi le travail?

Animateur : C’est bien?

Sage : C’est bien.

Animateur : Et l’amour?

Sage : L’amour, c’est bien.

Animateur : Non je voulais dire... L’amour, est-ce que c’est mauvais?

Sage : Non...

Animateur : Donc, si j’aime mon travail, je suis le bien et le mal! Les deux! Je comprends!

Sage : Non.

Animateur : Oui, j’aime mon travail.

Sage : Non, vous ne comprenez pas. Vous ne savez pas poser les questions.

Animateur : Poser des questions, c’est mon travail, Monsieur!

Sage : C’est justement la raison pour laquelle vous ne devriez pas aimer votre travail...

27 octobre 2009

Le jeu du dictionnaire : je roule les dés!




Je roule les dés.

Et je débute en disant d’emblée que j’ai débuché plusieurs débuts mais que ces débuts dénichés n’étaient pas assez décadents pour être décrits dans ce débris de décalages que je fais déborder au-delà de mes dérives ; non je ne débloque pas, j’ai décidé de dévier de mon débit et de me débarrasser du défaut par lequel je me dédouble et me dégoûte. Je me dégoûte. À force de déblatérer debout comme un débile qui se débat contre son propre dédoublement, j’en suis venu à me détester et à déclarer mon propre décès. J’ai beau me dédier les plus belles débauches, les déboires que je décris ici me déplairont toujours, et cela, peu importe les démons qui se déchaînent en un seul de mes déluges. J’écris en déluges, mais je ne fais que déplacer ma propre dépouille, et plus je la déplace, plus je déblaie, comme en décembre. Et plus je déblaie, plus je découvre les détails de ma dépouille. Et plus je découvre, plus je détruis. À force de me démolir, il ne reste de moi qu’une détresse qui déboule le long de mes dessous. Jamais je ne déboucherai vers ailleurs, jamais je ne décollerai vers la détente délicate. Je me dévoue pour le désordre. Et ce que j’en déduis, c’est que je devrais déguerpir avant que vous me le demandiez. Mais je n’ai jamais voulu déranger... seulement dépasser mon propre dégoût de moi-même.


Tzara Rose

26 octobre 2009

Cagoule pour Émilie

Émilie

Tu as des yeux de congé, des perles roses.
Une cessation de souffrance dans un body contre lequel j'aime grelotter.

Émilie

Ton poil me chatouille, arrête de me faire rire, j'ai morvé sur ton pantalon. Bon ça y est tu me chicanes encore. Émilie y a vraiment pas moyen d'essayer de te faire plaisir faut toujours que tu te choques.Respire un peu par le nez. C'est pas si terrible tes narines. Sont pas grosses comme la chienne à Jacques.

J'ai morvé sur ton pantalon. Mais c'était pas un Adidas. Je vois pas pourquoi tu deviendrais folle. T'as jamais eu de Adidas. Pis t'as jamais été sportive. T'as certainement pas commencé aujourd'hui. J'ai pas vu de running shoe spécial sur le tapis de la porte d'entrée en rentrant. J'ai pas vu d'espadrille de course. J'ai pas vu de sabot de cheval. En tout cas j'ai pas vu tout ce qui pourrait servir à faire un mouvement de pied semblable à celui d'une course à pied. Faut pas virer fou. Moi je dis que tu devrais arrêter ça, les Adidas pis la course à pied pis te recycler dans la vente de cosmétique Émilie. C'est plus ton genre de te regarder dans les miroirs. Tu t'amuserais toute la journée pis ça permettrait aux femmes de tâter des bâtons de rouge à lèvre. Pis moi je suis pour les femmes qui tâtent les bâtons de rouge à lèvre. À condition que les bâtons soient dans leur sacoche. Sinon ça fait un peu bizarre pis j'aime pas ça les affaire bizarres. Moi, faut que ça reste normal. Des cheveux normal, des yeux normal, rien de fucké. Comme ta mini-jupe Émilie est un peu trop fucké, moi je la modifierais un peu... je lui ajouterais un peu de fleurs parce que franchement, cinq fleurs sur une jupe, ça fait dur, ça en prend au moins dix. J'ai été dans les magasins et j'ai fait la moyenne : la moyenne c'est neuf fleurs par jupe. Pis j'ai arrondi à dix. Comme dans les mathématiques. J'ai suivi mes cours ça paraît. En tout cas, j'ai suivi le cours où ils arrondissaient... C'était le seul cours utile parce que c'est super utile d'arrondir, ça va plus vite. Si un TGV était capable d'arrondir, je suis sûr qu'il irait beaucoup, beaucoup, beaucoup exposant dix plus vite. C'est grave. C'est très grave la vitesse. Moi, la course à pied, ça me fait peur. Je me dis que si on se mettait à courser, ça pourrait devenir une vie de fou. Tu imagines, tous les coureurs dans les magasins. Je pourrais même pas m'acheter ma tuque en paix. Je me suis acheté une super belle tuque. Elle couvre bien le visage. Le gars au magasin me disait que c'était une cagoule. Mais les trous des yeux m'arrivent dans les narines. J'ai dit non c'est une tuque avec des trous de narines. Et curieusement aussi, dans ma tuque, y a un trou pour que mon menton respire...

Depuis que j'ai ma tuque, je cours plus vite. Ça doit être à cause des trous de ventilation. Comme sur les chars. J'ai couru deux arrêts stop en trente secondes. Ça, c'est pas mal plus vite qu'une fille en talons hauts. Mais c'est normal parce que, dans les talons hauts, y a pas de trous pour les mentons...


Tzara Rose




L'estomac de Farèh Sazbandès

- Hey Rinko! Tu te ramènes ou je te fous une taloche! Rinko! Qu’est-ce tu fous Rink! Rink!

Rinko Sazbandès est mort. C’est un fait. On n’y peut rien. Tu peux y réfléchir pendant une décennie, ce sera une belle décennie perdue à réfléchir sur le fait qu’on y peut rien. C’est un fait. Rinko Sazbandès est mort. C’est un cycle bien connu. Ce qui survient vient un temps, ce qui perdure dure un peu... mais ce qui reste ne reste jamais. Oublie les morts. Le temps s’égoutte drôlement. Les livres d’histoire n’écriront rien à propos de Sazbandès. Pourtant, il t’a sauvé la vie en 92. Mais les livres n’en diront rien. Il a tué pour la liberté de son frère. Mais il sera surtout reconnu pour avoir été tué en échange de la liberté de son frère.

« Tué par MarcÈio Albanze. Un grand meurtrier. Un meurtrier notable, extraordinairement intelligent, un génie! Un grand statège! Le nouveau Clyde Barrow quoi! »

- C’est pas Rinko ça. Rinko! Qu’est-ce tu fous Rink montre-toi...

Tu cherches ton frère. Normal que tu aies peine à le reconnaître. Mais tu l’as déjà croisé. C’est lui, tout cramé, défiguré par la bombe. Regarde, dans le squelette, dans les orbites, à l’endroit où se trouvait ses yeux. Si tu regardes bien comme il faut, les miettes de ses pupilles. Les cendres de ses iris. Un peu de bleu.

- Rinko! (de la rage)

Tu peux venger ton frère en tuant Albanze, ou tu peux t’asseoir et pleurer la mort de ton frère. Si j’étais toi, je tuerais Albanze, parce que si tu ne le fais pas, il deviendra un meurtrier super célèbre et tout le monde l’aimera.

- Bonjour Madame, puis-je rencontrer Monsieur Marcìo Albanze s’il vous plaît? J’ai quelque chose à lui proposer...

Tu t’y prends de la mauvaise façon, à mon avis. Tu aurais dû attendre Albanze à la sortie de la banque plutôt que de demander à le rencontrer dans son bureau. On ne sait pas quel flingue il peut garder dans son tiroir.

- Ta gueule Estomago... Holà Marcìo! Cómo va? La salud es buene?

Albanze est impressionné par ton espagnol. Il se demande pourquoi tu ne parles plus français. Avec un peu de chance, il pourrait croire que depuis la mort de ton frère, tu es un des leurs. Mais faut pas le prendre pour un con. Il a déjà ouvert le tiroir.

- Correa caer! Tienen sobre mi!

Tu sors une bouteille d’alcool. Tu lui en offres. C’est quoi? Tequila? Donne-m’en un peu. Allez, fais couler. Non, n’en donne pas à lui. Garde ça pour toi et moi. Dans un coin, tranquille, on pourrait boire ça ensemble. En français.

- Hey, won’t you share it, Farhè?

Non, don’t share that Farhè! Tu m’en donnes à moi! Allez, Farhè, tu verses tout ça dans ta gorge à toi! Et je m’occupe du reste! Pense à moi! Pense à ton estomac! J’ai bien envie de m’étourdir un peu! De toute façon, t’as vu le mec? Il sort d’un film des années 90. Laisse-le faire. Allez, donne-moi ça. Oui, c’est ça, bois-en. Voilà. Comme un grand garçon. Peux pas dire que fait pas de bien! Hé le con d’Albanze! Tu sais quoi? T’existes pas! J’ai pas envie de dire que t’existes alors toute cette histoire c’est de la merde. Alors excuse-nous, mais Farhè et moi, on va aller s’amuser avec la bouteille dans le parking en bas.

Non mais c’est vrai. Écoute-moi bien, Farhè, j’ai créé ce personnage de toute pièce. Pour m’amuser un peu. Mais je ne savais pas que tu avais une bouteille de Tequila sur toi. Ça change tout! Écoute : ton frère n’est pas mort. J’ai inventé sa mort. Elle est écrite, mais elle n’est pas réelle pas du tout elle est rien tu sais tout va bien! Tu m’entends?! Ton frère il est pas mort il est super vivant pleine forme pif paf et ça sert à rien de tuer cet homme! Si je t’ai dit de le faire tantôt, ouais c’est vrai je t’ai suggéré de le faire, mais c’était juste pour m’amuser un peu parce qu’on s’ennuie parfois tu connais ça, l’ennui tu connais ça... hein Farhè que tu connais ça! Farhè? Redonne un peu de tequila! Farhè! Tu te ramènes ou je te fous une taloche! Farèh! Qu’est-ce tu fous Far! Far! Quoi il t’a tiré? C’était un coup de flingue ça? Hé merde! T’aurais pas pu mourir avec la bouteille dans la gueule, toi? ah...



Tzara Rose

Amourdinateur




J’aimerais vous dire que ses yeux étaient de la couleur de mon clavier. Que ses mots m’éclairaient comme un écran d’ordi. Que sa face ressemblait à un b ou à un o. Que son doigt était exactement aussi large que la spacebar de mon clavier. Que ses cheveux avaient de jolis dégradés, comme le fond de mon écran, et que son toupet coupait carré. J’aurais aimé vous dire qu’il s’allumait, qu'il s’éteignait, et qu’il se redémarrait par lui-même. Qu'il ne se transportait pas facilement dans une petite mallette rembourrée noire. Qu’il se donnait du jus lorsqu’il n’avait plus d’énergie. J’aurais voulu vous dire que je surfais avec lui. Que je visitais des sites étranges. Que je me masturbais devant lui et qu’il me chantait des chansons sur lesquelles je dansais. 

J’aurais aimé vous dire qu’il donnait toujours l’heure juste. Qu’il me filmait et m’enregistrait. Qu’il publiait, sur Internet, mes textes et mes photos parce qu’il aimait ce que j’écrivais et la façon dont je posais. J’aurais adoré vous expliquer de quelle façon il oubliait si rapidement tout ce que je foutais à la corbeille... Sa manie de tout surligner, de tout crier en majuscule... J’aurais aimé vous parler de la façon qu'il avait de faire boguer mon univers lorsqu’il boguait...

Mais il est mort. Ça fait un an aujourd’hui. Rien ne sert d'en parler. Il s’appelait Drustan et je ne regrette qu’une chose : m’être attachée à un être humain...


Tzara Rose

Les fous et les petits fours




Les fous se foutent bien d’être fous. Ils se foutent bien des autres fous et même, ils se foutent bien d’avoir l’air fou et cela, même s’ils foutent parfois des tapes aux foufounes des folles. Mais les fous ne fourrent pas ces folles, non ils préfèrent fourrer les petits fours fourrés que les folles leur font. Les fous ne bafouent pas leur folie : ils fondent pour ces petits fours et font de leurs foulards des fouets qui fouettent, de leurs phalanges jusqu’au plafond, la fourche des petits fours. Les fous les plus fougueux d’entre eux frémissent pour les fossettes de ces petits fours et, sous les fougères, ils fouillent entre les foufounes du petit four fourré. C’est là, en fin de compte, un vrai fouillis auquel même le four le plus fumant reste parfaitement fermé!



Tzara Rose

21 octobre 2009

Les singes




1. Les singes sont des êtres altruistes
a. Les singes aiment manger les poux de leurs semblables
b. Les humains ne mangent jamais les poux de leurs semblables

2. Les singes mangent santé
a. Les singes mangent beaucoup de bananes.
b. Les humains mangent beaucoup de frites.


3. L’important, c’est de faire attention aux autres et à soi mêmes.
a. Les singes font attention à eux-mêmes car ils mangent santé.
b. Les singes font attention aux autres car ils mangent leurs poux.

4. Les singes sont parfaits.


Tzara Rose

Ceci est le 301ème texte du blog





J’ai su que ceci était le trois-cent-et-unième texte du blog Plus écrivain que mort, alors je me suis dit, je vais écrire quelque chose de très correct, très sensé, vous savez, je me suis efforcée d’écrire quelque chose de valable. Alors voilà ma valeur.


Démonstration 1.

1. J’ai les fesses rondes. 
2. Un pénis, c’est droit.
3. Un pénis ne pourra jamais entrer là.

Démonstration 2.

1. J’ai la chatte plus ou moins droite.
2. Il a le pénis plus ou moins droit.
3. Qui donc pourrait entrer là?

Démonstration 3.

1. J’ai la bouche ronde.
2. Mes fesses sont rondes.
3. Pourtant, elles ne peuvent y entrer.
4. Je ne pourrai jamais dire que « du cul, j’en mange ».


Tzara Rose











De grands mots

J’ai reçu un coup de fil de mon orfèvre spécialiste
Il m’a demandé comment se portait mes factotums
J’ai dit bof, tout va
Mes factos, comme je les appelle
Me préparent un pemmican
Avec lequel je devrais tombé amoureux

Lorsque j’ai vu ce qu’il me préparaient

J’ai dit oh : c’est quoi ça, merde, du racahout?
Rien de fameux!
On dirait un accident puerpéral!
Je veux du sécable, moi!

J’ai fait le youpala
Entre la cuisine et le salon
Je les surveillais.

Ils m’ont répondu :
« On comprend rien quand tu parles. »

19 octobre 2009

Philosophie chinoise



J'ai récemment rencontré un écrivain chinois qui m'a expliqué le sens de l'écriture : « chaque mot doit être pensé par chaque auteur, et chaque auteur doit être pensé par chaque mot. »



Les rats ont peur des souris
William Drouin




William Drouin a peur des souris 
et des rats
Le rat

14 octobre 2009

Le jeu du dictionnaire




Chaque fois qu’un cheveu tombe sur mon clavier, j’ouvre le dictionnaire. C’est un défi que je me suis lancé. Curieusement, chaque fois que je ferme le dictionnaire, un nouveau cheveu tombe sur mon clavier... Tout cela me pousse à ouvrir plus souvent le dictionnaire et à y découvrir certains mots très étranges que nous n’utilisons jamais. Je me suis donc lancé, comme deuxième défi, d’écrire un texte pour chaque mot qui me semblait inutile dans la langue courante. Ainsi, chaque mot inutile aura son utilité : sa seule existence aura, au moins une fois, fécondé un texte. 

MOT : T***m**ne
DÉFINITION DU MOT : n.f. Objet transformé volontairement dans le but d’échapper à une peine, une punition.

À mon entrée au lycée, tout le monde me disait que j’avais tort de craindre le professeur de musique. Tous mes amis me disaient qu’il ne punissait jamais personne et qu’il était extrêmement facile de paraître un élève modèle. D’après eux, je n’avais qu’à dire « j’ai fait mes devoirs » et tout irait bien. Ça, c’était pour les travaux théoriques. Ils ne m’avaient jamais parlé des travaux pratiques.

Un matin, j’ai osé me présenter au cours sans avoir pratiqué la partition. J’ai pris le trombone et j’ai commencé à jouer. Le professeur m’a regardé avec de drôles d’yeux. Pour excuser mes fausses notes, j’ai supposé qu’il y avait, dans les tuyaux de mon trombones, une bobine. 

- Une bobine de quoi? qu’il m’a demandé.
- Une bobine de fil... que j’ai répondu.
- Comment la bobine est entrée là? 
- D’abord pas un fil, puis par mon souffle, puis par la bobine au grand complet. Ma soeur faisait la couture et elle était folle de rage et...
- Vous avez endommagé un instrument de l’école? Vous être conscient de ce que vous avez fait? Vous savez ce que vous avez osé faire?!
- Une thrombine...?

S’il y a d’autres définitions possibles au mot thrombine, veuillez me le laisser savoir. Jusqu’à présent, je ne peux trouver d’autre utilité au mot que celle qui a été utilisée à l’intérieur de ce texte.


Tzara Rose

7 octobre 2009

Un poème fort sympathique



votre histoire de café

n’est rien d’autre qu’une bouilloire qui fait boup-boup
faut voir
le café n’est pas cela
n’est pas en tout cas 

une substance méchante éveille les petits yeux
et je fixe la tranche de jambon
simple lunch pour les corbeilles

cela dit
on suffit à nos suffires
laissez-nous calculer

pour reprendre vos capitales
Washington, Ottawa, Paris :
JE VOUS PRIE

Il est de ces amours
Que nous ne pouvons laver
Pas même dans l’évier

Alors je vous dis
Sic Lac Trou
De vrais mots

Pour votre bonheur
Mettez-les en de fières majuscules
Mais je vous hais de froid
Jusqu’aux pires tuques canadiennes


Tzara Rose

5 octobre 2009

Lapin blanc



Tzara Rose : « Existe-t-il un sèche-sèche-linge pour sécher mon sèche-linge mouillé? »




1. L’apparition est le contraire de la disparition. 

2. L’apparition implique un magicien qui fait « apparaître » un lapin blanc dans un chapeau. La disparition, quant à elle, implique un lapin blanc qui fait « disparaître » un magicien dans un soulier. 

3. Puisque les lapins blancs font disparaître les magiciens, on voit apparaître beaucoup plus de lapins blancs que de magiciens.

4. Il y a, sur terre, beaucoup plus de lapins blancs que de magiciens.


Tzara Rose

Vieillir



Tzara Rose : « Celui qui parle parle, à condition que celui qui l’écoute ne l’interrompe pas. »



1. Ceux qui deviennent vieux perdent leurs cheveux.

2. Perdre des cheveux signifie vieillir.

3. Les gens vieillissent lorsqu’ils se font couper les cheveux.

4. Tous les clients réguliers du salon de coiffure Chez Lucie : coiffure elle & lui sont vieux.


Tzara Rose

Origines quasi-étymologiques




L'ORIGINE DU FRENCH KISS


L'Anglais : J'ai la misère de comprendre ce que vous dîtes, Mesdames. Pouvez-vous parler dans ma langue? 

Les Françaises : Oh, j'espère que vous n'avez pas le rhume...!


L'ORIGINE DE KISS


Ceux qui ne parlent pas français ne peuvent pas lire le français. C’est pour cette raison que, chaque fois que j'ai rencontré un Anglais, je lui ai dit qu’il ne savait pas lire.

- Je lis dans ma langue! qu’il me répondait.

J'ai noté dans mon petit carnet : les Anglais ont la langue très longue...


L'ORIGINE DU KYSTE


L'Anglais : What's under your tongue?

La Française : I've been kissed...


L'ORIGINE DU KILT


Le Français : Vous l'appelez comment, ce truc?

L'Écossais : Un kilt. 


Tzara Rose



BZ BZ couscous




Je viens de l’an 12. Je viens du futur pour interroger vos cultures. Je viens d’une époque où la terre n’existe plus.

- Non, sans blague? Je dois réagir comment, là?!

Vous dites non, sans blague et vous dites oui, blague. Et vous riez. On vit dans des stations spatiales qui entreront en orbite dans une semaine, autour de Mars... Rien de très drôle pour l’instant.

- C'est le printemps chez vous?! Oh putain le décalage, nous on est en octobre...

Non, c’est l’automne pour tout le monde. En des termes que vous pouvez comprendre : Zizi, pipi, kiki...

- Kiki? Connaît pas le terme, M’sieur Vert...

Le chien minuscule de votre voisin, il s’appelle comment?

- Ah, oui, bon, d’accord...

Si je suis ici, c’est pour sérieux. Hum, c’est qu’il y a plusieurs historiens qui se posent plusieurs questions au sujet des êtres humains primitifs (vous). Votre guerre contre l’Irak, ce n’est pas clair. Pourquoi les États-Unis ont-ils déclaré la guerre? C’est la faute du couscous, non? 

- Non, je crois pas... Le couscous a rien à voir là-dedans, M’sieur Bleu.

Vous mangez quoi alors? 

- Là? Je mangeais mon poulet Général Tao, avant que vous m’apparaissiez au-travers de ma table de cuisine...

Ah! Vous nommez vos poules! Je note. Ça change un peu mes données... J'ignorais que le poulet faisait partie des familles primitives... Mais dites-moi, pourquoi faites-vous la guerre aux Irakiens? C’est parce qu’ils mangent du couscous, non?

- Je crois pas. Le couscous, c’est pas l’affaire des marocains? 

Je ne sais pas. Vous croyez que je pourrais trouver du couscous au Maroc?

- Sûrement. 

Mais le couscous, on n'en trouve nulle part chez vous? 

- Bah oui, j’en ai dans mon garde-manger...

Pourquoi ne pas me l'avoir dit plutôt?! Faites-m'en un bol! Qu'est-ce que vous attendez!

- Mais je croyais que vous veniez m'interroger sur la guerre en...

On s'en fout de la guerre! Donnez-moi mon couscous!

- Oui, bien sûr, c’est pas très compliqué. Ça vient dans des sacs en plastique. Et là je met à bouillir et...

Pipi kiki zizi pipi kizi piki! Dépêchez-vous!

- C'est un peu d'huile que ça prend, pour pas que ça colle, vous voyez...

Grouillez-vous le cul! Sinon votre cul, je l'électrocute avec mon laser! BZ BZ!

- Aïe! Oui, ça s'en vient. Faut juste attendre que les grains ramollissent. Cinq minutes... Pendant ce temps, parlez-moi du futur! Comment ça sera plus tard? Les gens du futur, qu'est-ce qu'ils aiment? Qu'est-ce qu'ils font chaque soir? Qu'est-ce qu'ils mangent pour le dîner? Qu'est-ce qu'ils mettent dans leurs voitures? Du gaz ou de l'huile à patates frites? 

DU COUSCOUS!!!


Tzara Rose

Des mots plein la craque



Tzara Rose : les crustacés homophobes, je les veux.

Je vais citer. Je vais exister. Partout entre les craques. J'ai toujours eu un faible pour les craques. Ça a commencé chez mon oncle Fernand. Il avait de superbes craques. Quand il se penchait pour mettre une tarte dans son four, il ne fallait pas manquer l'énorme craque de ses fesses. J'avais plusieurs cousins, et pourtant, je semblais être la seule à remarquer l'ampleur de sa craque. Et surtout, j'étais la seule à être exciter par la présence de ces craques. Je ne comprends pas pourquoi les gens sont davantage intrigués par les surfaces planes que par les fossés de peau, les plis forcés par les reliefs accidentés. Moi, j'aime les bourrelets. 

Le gros : Comme ça, t'aimes les bourrelets? Si je me penche près du four, ça t'excite? 

Tzara : Ça dépend du genre de tarte. Je mange pas de n'importe quoi.

Le gros : Une tarte au sucre, t'aimes ça? Le sucre?

Tzara : Avec deux crèmes et un café, oui.

Le gros : Je vais te faire une tarte au sucre, une tarte au café et une tarte à la crème! Et regarde bien la façon dont je me penche... si c'est pas une belle craque que j'ai là!

Tzara : Tu te penches une fois et je vomis sur toi quelque chose que t'aimeras pas beaucoup...

Le gros : Qu'est-ce que tu vas me vomir encore, hein, ma petite littéraire chérie?

Tzara : Des mots.

Le gros : Tu m'étonnes! Touche ma craque, voir si j'ai peur! Tu sais bien que je les aime moi, tes mots, Tzara!

Tzara : Moi, j'aime les craques. Toi, c'est la merde. Chacun ses goûts. Mais j'ai horreur des craques pleines de merde.


Tzara Rose

Où sont passés les poux?


Tzara Rose : balles molles


Les gens s’émancipent plus qu’ils ne se cimentent et se zippent. Nous sommes dans le droit chemin. Je crois à la théorie du zipper selon laquelle l’être humain un jour cessera de s’ouvrir aux autres et se zippera pour de bon ; je crois aussi à la théorie du ciment selon laquelle l’être humain deviendra bloc (de ciment) selon une forme telle, une stature telle, une statue re.

Mais si l’être humain s’émancipe, c’est pour le mieux. Comme une fleur. Bien sûr, plusieurs penseurs ont relevé le problème suivant : si les êtres humains veulent éclore comme une fleur, il y a un problème, et c’est pour cela que je soulève le problème suivant : une fleur n’est pas un être humain, cela dit, je trouve dans cette proposition un problème fort important : l’être humain n’est pas une fleur, et c’est tout un problème que nous observons chez l’être humain, cette volonté d’être plante plutôt qu’animal, ce qui soulève un autre problème : je dis que la plante bouge moins que l’animal ; ce qui apporte un nouveau problème : je dis que l’animal ressemble parfois au singe, à condition que cet animal soit un singe ; et à propos de singe, je soulève le plus important de tous les problèmes : l’homme ressemble au singe ; mais cela dit, il découle de cette affirmation un problème encore plus grand : mes amis n’ont pas de poux.


Tzara Rose

Cocu

1.

Ceux qui se vantent d’être de bons écrivains 
ne sont pas toujours de bons écrivains. 

Mais ceux qui se vantent d'être de bons menteurs 
sont toujours de bons menteurs.

La preuve, c'est que vous les croyez lorsqu'ils vous disent ça.

2.

Si vous dites à un bon écrivain de cesser d'écrire et qu'il cesse d'écrire, c'est qu'il n'est pas un bon écrivain.

Si vous dites à un bon menteur de cesser de mentir et qu'il cesse de mentir, c'est qu'il est un très bon menteur.

3.

Le mensonge n'est qu'une autre unité de temps : il sépare le temps où l'homme pose une question du temps où la femme y répondra. 

4.

Pour conclure, les menteurs sont souvent des gens qui se vantent (1) d'avoir cessé de mentir (2) et qui répondent à des questions (3). 

Si vous êtes cocu, méfiez-vous.


Tzara Rose

Biographies souterraines (Tzara Rose)

Tzara Rose.
Tu fais maintenant partie des auteurs de ce blog. 

Biographie souterraine de Tzara Rose :

1. « Je suis un ange qui, à cause d’une potion qui n’était pas magique, est devenu maléfique. »

Un ange maléfique est un bénévole athée...

2. « Je suis une balle molle qui, à force de bronzer sur Mercure, est devenue dure. »

Les meilleurs rôtis ne demandent pas toujours de crème solaire.

3. « Je suis un pauvre n’ayant pas d’argent. Mais j’ai beaucoup de diamants que je vais vendre aux riches. »

Elle est combien ta bague la moins chère?

4. « Je suis une femme importante. J’ai inventé une langue que moi seule sais parler, que moi seule sais écrire. »

Je lirai le dictionnaire que toi seule a publié...

5. « J’ai deux enfants que j’aime beaucoup. »

L'important, ce n'est pas d'aimer ceux que l'on possède, mais de ne pas détester ceux que l'on perd. 

6. « J’invente des dictons qui sont mieux que les tiens. »

Les dictons ne servent qu’à ceux qui ne savent pas parler.

7. « Ceux qui parlent vraiment utilisent les guillemets. »

Les guillemets se trouvent, sur le clavier, à un endroit que je ne trouve pas.

8. « Poisson cru Flaque Floutche Blouque »

Ah oui, tu es comme ça, Tzara... Tu me parais déjà insupportable.