<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915</id><updated>2012-02-14T22:14:28.964-08:00</updated><category term='Me'/><category term='hot-dog'/><category term='définition'/><category term='dictionnaire'/><category term='Si'/><category term='William Drouin (le meilleur de)'/><category term='Les articles « Ceci n&apos;est pas... »'/><category term='Si et William Drouin'/><category term='L&apos;Homme Révolté'/><category term='Tzara Rose'/><title type='text'>Plus écrivain que mort</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>529</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-6507006159972748523</id><published>2012-01-09T16:45:00.001-08:00</published><updated>2012-01-09T16:47:01.187-08:00</updated><title type='text'>Interactions sociales</title><content type='html'>&lt;div dir="ltr" style="text-align: left;" trbidi="on"&gt;&lt;div class="mbl notesBlogText clearfix" style="text-align: justify;"&gt;&lt;div&gt;Il y a toujours mon  chien qui dévore des canards en plastique sur le divan du salon. Il aime  croire que ce sont là de vrais canards de chair. Il ne sait pas ce que  sont les vrais canards. J’ai beau lui dire que les vrais canards lui  casseraient la patte avec leur bec et s’envoleraient sans remords. Il  persiste à dire qu’il aimerait en rencontrer un. Un vrai. Question  d’avoir des interactions sociales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je veux évoluer  socialement, qu’il dit. Je ne veux pas finir ma vie avec un objet de  plastique dont les seuls poils sont ceux que je me suis moi-même  arrachés.&lt;br /&gt;- Je t’avertis, les vrais canards vont te pincer les oreilles et courir après ta queue.&lt;br /&gt;- Bien. Plutôt que ce soit moi, j’aime autant que ce soit eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’année  passée, pour son anniversaire, je lui avais acheté un magret de canard.  Il ne l’a même pas mangé. Il l’a saisi entre ses pattes. Il l’a léché.  Avec son museau, il l’a poussé sur deux mètres. Après quoi il lui chantait  cui-cui. Bref, mon chien ne sait pas socialiser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mange-le! j’ai crié. C’est un vrai canard de chair celui-là!&lt;br /&gt;- Je socialise mal avec les morts. Donne-moi un vrai canard volant.&lt;br /&gt;- Non. Pas tout de suite. Il va te blesser. Tu n’es pas encore prêt à dialoguer avec les vrais canards.&lt;br /&gt;- Et c’est toi qui vas m’apprendre peut-être? Pfah! Tu ne sais même pas comment faire avec les humains!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon.  C’est vrai que, cette fois-là, mon chien s’est débattu avec son magret  tout autant que moi avec cette fille que j’avais invitée à dîner. Elle  s’appelait Kornia. Je lui avais préparé un magret de canard. Je l’avais  fait brûlé. Je l’avais donné au chien. Mais si ça c’était si mal terminé  entre elle et moi, c’est parce que je lui avais dit que ses cheveux  étaient drôles. Et dire le mot drôle avec une fille, ce n’est jamais  drôle. Pour reprendre les choses en main, j’avais décidé de caresser ses  cheveux. Enfin, j’avais brisé sa bulle. Voilà. Elle était partie plus  tôt que prévu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mon chien, je vais t’apprendre quelques règles. D’abord, quand tu rencontres un canard, il ne faut pas que tu brises sa bulle.&lt;br /&gt;-  Sa bulle? Tu parles d’un canard ou d’un poisson? Parce que les  poissons, moi, ils me font un peu peur. Encore si je n’avais pas peur de  l’eau ça pourrait aller...&lt;br /&gt;- Non, la bulle c’est un dôme. Un dôme  imaginaire dont s’enveloppent tous les êtres sur terre, y compris les  canards. Le dôme a un diamètre d’environ, plus ou moins, la largeur  d'une télé, enfin, ça dépend de l’animal. Tu n’y entres jamais à moins  d’y être invité. Compris?&lt;br /&gt;- Comment je fais pour qu’un canard m’invite dans sa bulle?&lt;br /&gt;-  D’abord tu lui dis bonjour. Mais tu ne fais pas cui-cui. Jamais  cui-cui. Si tu veux faire un son, tu fais coin-coin. Tu dis salut joli  canard.&lt;br /&gt;- Coin-coin?&lt;br /&gt;- Oui, c’est la règle chez les canards.  C’est la façon dont les canards se font acceptés par d’autres  canards... Et quand tu voles, tu voles en V.&lt;br /&gt;- Quoi? Il faut que j’apprenne à voler?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il  n’y a jamais personne qui veut venir chez moi. Mais il y a toujours mon  chien qui grignote ses canards en plastique sur le divan. Une fois  qu'ils n’ont plus de tête, il se pratique à voler. Ça n’a rien de  gracieux. C’est drôle. Je dis le mot drôle et mon chien me demande la  porte :&lt;br /&gt;- Je veux m'envoler dehors!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lui ouvre la  porte. J’observe son poil blanc se mêler à la neige. On dirait qu’il  n’existe plus. On dirait qu’il n’a jamais existé. On dirait qu’il n’a  jamais représenté que mon incapacité à socialiser. Pourtant, je ne suis  pas du genre à inventer des animaux là où il n’y en a pas. Ce matin,  j’ai reçu un appel de Kornia. Elle m’a demandé comment j’allais.&lt;br /&gt;- Bien, j’ai dit. Maintenant, j’ai un chien et il sait voler. Tu peux venir le voir si tu veux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kornia  viendra dîner ce soir. Je vais socialiser avec elle. Je frappe à ma  porte. J’appelle mon chien afin qu’il rentre. Si Kornia veut le voir  voler, il faut qu'il soit là. Il ne vient pas. Il m'a laissé tombé. Il y  a des flocons qui tombe sur l’air. Des flocons blancs. Des miettes de  chiens.&lt;br /&gt;- Ça y est, je me dis. Mon chien s’est fait bouffer par les canards...&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-6507006159972748523?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/6507006159972748523/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=6507006159972748523&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6507006159972748523'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6507006159972748523'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2012/01/interactions-sociales.html' title='Interactions sociales'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-8992973288791644558</id><published>2012-01-06T08:39:00.000-08:00</published><updated>2012-01-06T13:32:16.242-08:00</updated><title type='text'>Les cheveux de Xavier Dolan</title><content type='html'>&lt;div dir="ltr" style="text-align: left;" trbidi="on"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’aurai les mêmes cheveux que Xavier Dolan. Pour fuir les problèmes, je me dis qu’un jour, j’aurai les mêmes cheveux que Xavier Dolan. J’aurai les mêmes vêtements, les mêmes chaussures. Les mêmes bras un peu poilus, les mêmes jambes poilues. J’aurai ses épaules, sa personnalité, sa bouche quand il ne parle pas, quand il se tait, quand il n’est rien, quand il est moi. J’aurai sa vie, son bracelet. Tout. Je l’aurai, lui. Et s’il porte un collier, j’aurai le collier de Xavier Dolan.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’aurai des lunettes à larges montures. J’aurai un nom qui commence par X. Xavié. Ou Xavhé. Ou Xavier. Pourquoi pas Xavier. Je ne suis pas obligé d’être fils des Dolan pour m’appeler Xavier. Il y en a plein, des Xavier qui ne sont pas Dolan. Des Trudel. Des Marchand. J’ai le droit.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’achèterai tous les films de Xavier Dolan pour rayer son nom et inscrire le mien à la place : Xavier Dolan. Dans ma cuisine, il y aura un tas de films que j’aurai réalisés. Il y aura un bescherelle sur un comptoir. Et de la céramique au-dessus de mon four. De la céramique vert lime. Mon four sera jaune et dans mon salon, il y aura moi. Moi sur du tapis, doux et beige, et brun et rouge. Sur la table du salon, il y aura de la vaisselle sale dans laquelle Xavier Dolan a mangé.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Par terre, aussi, il y aura une jeune fille amoureuse de Xavier Dolan. Elle aura des fesses dans un jean straight-cut. À l’instant où ses fesses effleureront la patte de la table du salon, je me mettrai à considérer mes chances de devenir une patte de table :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Mes chances sont assez minces, me dirai-je, compte tenu que la patte a décidé qu’elle était faite en bois avant que je me sois rebaptisé Xavier Dolan...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mes chances de devenir un tapis, quant à elles, seront nulles. Je le sais. Une fois, j’ai tenté l’exercice de me fondre corps et âme dans les couleur de mon tapis. Je me suis mêlé au tissage pour finalement y resté coincé, immuable pendant trois jours. Trois jours coincé dans le doux beige, dans le brun-rouge. Pendant trois jours, la tapisserie s’est moquée de moi. Elle m’appelait Stagnance :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Hey! Stagnance! Bouge ton cul! La vaisselle se lavera pas toute seule!&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;De la salive coulait de ma bouche. Aucun mot. Que de la salive. Cette salive toutefois, je dois dire que je l’ai habitée. Tellement qu’elle est devenue à mes yeux, imaginairement, un super-savon-à-vaisselle que je me suis empressé de vendre à ma chienne de tapisserie en échange de quoi elle m’a remis sur pieds.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Trois jours, tout de même. Trois jours sans manger ni boire. Trois jours à endurer les insultes et les cris d’une tapisserie. Il a fallu trois jours avant qu’elle se décide à me soulever de là. Je me suis juré que plus jamais, plus jamais je ne ferais affaire avec une tapisserie bleu-pearl-harbor. Il y a des tapisseries avec qui ça clique, avec qui on signe des contrats à l’amiable. Il y en a des rouges, sympathiques. Des vertes, justes et équitables. Mais il y en a d’autres, comme celle de mon salon, pour qui la compassion ne veut rien dire. Celles-là, je dis, parole de Dolan, faites gaffe de ne jamais les coller sur vos murs.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Avec les cheveux de Xavier Dolan, j’aurai une caméra dans la main. Je filmerai la fille étendue sur le tapis de mon salon. Je lui inventerai un nom original. Genre Fragrance. Je la filmerai sous tous les angles. De haut en bas. J’aime regarder les filles quand elles dorment parce que, quand elles ne dorment pas, elles me demandent toujours d’arrêter de les regarder. C’est embêtant. Mais avec ma petite barbe presque rasée, Genre Fragrance me permettra de la regarder dormir.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La dernière fois qu’une fille s’est réveillée pendant que je la regardais, j’en ai fait des cauchemars pendant trois mois. Trois mois à repasser en rêve l’instant où elle s’était réveillée devant moi en criant :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- NON! J’AIME PAS ÇA LE CIRQUE! MOI C’EST LA DANSE CONTEMPORAINE QUE J’AIME!&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Cet épisode malheureux ne se reproduira plus. Bientôt, j’aurai la barbe presque pas rasée de Xavier Dolan pour me protéger contre les situations inopportunes. J’aurai bientôt ses hanches maigres et sa mâchoire solide, ses dents blanches et son cerveau extrême-gros. Pour avoir tout ça, il faudra que je jette un coup d’oeil dans le bescherelle sur le comptoir de la cuisine. Il faudra que je me trouve là-dedans un temps de verbe qui puisse remplacer mon futur simple. Un temps un petit peu moins à venir. Un petit peu plus passé.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le passé simple. La coiffure de Xavier Dolan fut mienne. Nah. Ça manque de vrai. Le participe passé, peut-être, ou alors le présent. Pourquoi pas. Je connais des gens qui disent qu’ils sont incapables de saisir le moment présent. Moi, je le trouve assez facile à saisir, là. Prenez la page 34. Le verbe mourir. Suffit de glisser le doigt sur la page du verbe que vous voulez dire et hop, c’est écrit. Indicadif présent. Je meurs. Que voulez-vous de plus? Qu’on parle à votre place?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’ai les ai. Depuis que je les ai, j’ai des frissons dans le cou. J’ai le poil du crâne qui frise. Je n’ai plus besoin du miroir de la salle de bain. Je n’ai plus besoin de la lumière dans la salle de bain. J’ai les cheveux de Xavier Dolan. Je peux faire pipi dans le noir. Je vise toujours tout droit. Straight-cut. Comme si dans mon oeil il y avait une caméra infrarouge intégrée. Quand je fais pipi à côté, je ne reçois pas d’insultes. Les gens sont convaincus que je suis en train de réaliser un film dans lequel le personnage fait pipi à côté. J’adore ça. J’adore faire croire aux gens que ce que je fais est bon. J’adore l’art.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Genre Fragrance est toujours là, couchée par terre, le cul sur la patte de table. Je fais quoi avec elle? Je vous le demande parce que j’aime croire que vous avez réponse à tout. Mais je vous propose un choix de réponses. Parce que j’aime croire que la réponse, je la détiens déjà, quelque part en dedans de moi :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;a) Tu la soulèves de là, comme la tapisserie a fait avec toi quand tu lui as vendu ta salive au prix d’un super-savon-à-vaisselle.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;b) Tu éteins les lumières et réalises un chef-d’oeuvre cinématographique avec ta caméra infrarouge intégrée.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;c) Tu te branles dans son chandail.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je suis Xavier Dolan. J’ai 34 ans. J’ai devant moi Genre Fragrance, une jeune fille âgée d’à peine treize ans. Je ne peux pas faire n’importe quoi avec elle. J’ai une réputation. Vraiment, considérant tout le potentiel artistique dont je suis investi, comment pouvez-vous répondre c)?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Xavier Dolan ne peut pas faire tout ce que vous aimeriez que Xavier Dolan fasse. Xavier Dolan a des horaires à respecter. Xavier Dolan ne peut pas se branler dans n’importe quel chandail. Il lui faut de grandes motivations artistiques pour se branler dans un t-shirt.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est lourd, de porter les cheveux de Xavier Dolan. C’est très lourd. Je pense que je ne ferai rien avec le corps de Genre. Je vais la laisser là. Vous serez fâchés. Je sais. Vous direz que Xavier Dolan est une tapisserie, qu’il n’a pas de compassion. Je sais. Je suis beige-doux, brun-rouge. Mais j’irai chez le coiffeur demain. Et les choses seront différentes.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Demain, j’aurai les cheveux de Robert Charlebois.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-8992973288791644558?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/8992973288791644558/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=8992973288791644558&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8992973288791644558'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8992973288791644558'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2012/01/les-cheveux-de-xavier-dolan_06.html' title='Les cheveux de Xavier Dolan'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-8707949258627417644</id><published>2012-01-06T08:38:00.002-08:00</published><updated>2012-01-06T08:39:21.820-08:00</updated><title type='text'>Le beau Gonroh</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;" class="uiHeader uiHeaderBottomBorder mbm"&gt;&lt;div class="clearfix uiHeaderTop"&gt;&lt;div class="uiHeaderActions rfloat"&gt;&lt;a class="uiButton" role="button" href="http://www.facebook.com/editnote.php?draft&amp;amp;note_id=10150468849703150&amp;amp;id=636997677"&gt;&lt;span class="uiButtonText"&gt;Modifier&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;h2 tabindex="0" class="uiHeaderTitle"&gt;Le beau Gonroh&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="clearfix"&gt;&lt;div class="mbs uiHeaderSubTitle lfloat fsm fwn fcg"&gt;par &lt;a href="http://www.facebook.com/williamdrouin"&gt;William Drouin&lt;/a&gt;, 19 décembre 2011, à 23:22&lt;span class="mls"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Il  est beau. Ses cheveux frisés débordent en bouclettes autour de son  chapeau. Il porte des chapeaux rouges qui éclatent dans la verdure l’été  avec les bourdons. Même quand il est entouré d’édifices et que ça pue,  il éclate quand même. Quand il marche, il a l’air de flotter au-dessus  des fourmis. Même l’hiver, il flotte quand même. Il a des bottes qui  patinent, skient, surfent, parachutent, tout ça en même temps. Quand il  fait gris, ses lèvres deviennent rouges, grand et minces. Ses sourires  sont des caméléons toujours heureux peu importe la crasse qu’ils  subissent. C’est beau à voir.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Il aime Leubra-fée.  Leubra-fée l’aime. C’est normal. Elle aussi, elle est grande et mince.  Je les imagine ensemble dans un grand lit, grand et mince. Son pénis est  grand et mince. Son utérus est long et creux. Les deux se mêlent  ensemble. Quand je parle d’eux, je ne sais plus de qui je parle. De lui  ou d’elle, de leurs enfants ou de leurs nièces. Leur amour est une  famille déjà construite, grande et mince, où les pénis ont été créé de  parfaites tailles pour satisfaire de parfaits utérus comme celui de  Leubra-fée.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Quand il s’allonge de tout son long dans son  utérus, je pense que son pénis chatouille la gorge de Leubra. Elle a du  mal à parler. Elle crie. Elle suffoque parce qu’elle a un gland dans la  gorge. Quand il éjacule, cela coule sur les lèvres de Leubra et c’est  tout comme s’il lui avait fait la chose directement dans la bouche.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;J’ai  une fixation sur son pénis. Je considère qu’il lui manque de respect.  Quand je me masturbe, je rêve qu’il me manque de respect à moi aussi. Il  est plus fort que moi. Son pénis joue entre mes dents. Il me défonce la  gorge. J’éjacule dans ma main au même moment où ses fesses me cassent  le nez. Je saigne et je jouis. J’ai mal et je nettoie mon sperme sur le  plancher. J’essuie comme ça, dans mon cerveau, les gouttes de sang de  l’amour.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Avec le temps, la jouissance et le sang sont  devenus indissociables. Jouir, c’est souffrir. Je n’écris pas de  nouvelles érotiques. Quand Leubra-fée rentre du boulot, je bois une  bière avec elle. Je lui demande si elle m’aidera à payer l’épicerie  cette semain. En réalité, ce que je lui demande, c’est si elle a fait  l’amour avec lui aujourd’hui. Elle répond :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Oui oui. Combien tu veux?&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Demande-le à lui, combien il veut pour une pipe!&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- À lui qui?&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- À lui lui!&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Je  n’ose jamais dire son nom. Pour la rendre jalouse, j’invente des noms  de filles que je prétends avoir rencontrées. Je me forme comme ça une  armée de filles invisibles. Je lui raconte que des filles m’ont abordé  ce matin sur le trottoir : elles m’ont demandé de faire l’amour avec  elles, mais j’ai dit non, parce que moi, moi je suis fidèle.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Les carottes, chéri. Je suis fidèle moi aussi. Fais bouillir les carottes.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Elle  panique. Elle ne panique pas parce qu’elle m’aime. Elle panique parce  que je panique, parce que j’oublie de faire bouillir les carottes. Elle  ne m’aime pas. Elle pense à lui. Elle pense au pénis mince et grand. Je  suis sûr qu’elle a envie de se faire remplir par un pénis dont la forme  correspond à celle de son utérus. Un pénis qui a la forme d’une carotte.  Le mien a la forme du gingembre. Je fais bouillir des carottes. Je  boude. Elle me dit :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- C’est toi que j’aime. Pourquoi tu doutes?  C’est avec toi que je veux vivre! J’ai vu Gonroh aujourd’hui. Même lui,  il dit que nous sommes faits pour être ensemble.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;C’est ça.  Son nom. À lui. Gonroh. Il a un nom que Leubra prononce comme quand  elle jouit : « Goo-nnn-roh!!! » Je suis sûr qu’ils baisent ensemble dans  des chaudrons par terre. Ils étendent de la laitue et du jambon. Il  enveloppe les cuisses de ma Leubra dans du papier d’aluminium et  ensuite, il lui lèche le pubis comme si c’était là quelque chose à  farcir.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Dans le chaudron de carottes, j’ajoute des racines  de gingembre. L’heure sonne. Je vide l’eau. Je monte les assiettes.  Leubra ne mange que des carottes. Le gingembre reste dans son assiette.  Personne n’en veut. Je dis :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- C’est ça. Tu manges son pénis et  pas le mien. Eh bien moi, la fille sur le trottoir, je l’ai mangée même  si elle avait un vagin en forme d’oreille. On a eu un enfant qui  s’appelle L’ouïe. C’est fini nous deux, Leubra. Je t’ai trompé avec la  fille du trottoir. Maintenant, avoue-moi ton histoire avec Gonroh!&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Gonroh, c’est un ami...&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;-  S’il te plaît, avoue-moi! Il est plus beau que moi! Tu me fais souffrir quand tu me le dis pas!&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-8707949258627417644?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/8707949258627417644/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=8707949258627417644&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8707949258627417644'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8707949258627417644'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2012/01/le-beau-gonroh.html' title='Le beau Gonroh'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-1458266343882194043</id><published>2012-01-06T08:38:00.001-08:00</published><updated>2012-01-06T08:38:34.120-08:00</updated><title type='text'>Le cactus chauve</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;" class="uiHeader uiHeaderBottomBorder mbm"&gt;&lt;div class="clearfix uiHeaderTop"&gt;&lt;div class="uiHeaderActions rfloat"&gt;&lt;a class="uiButton" role="button" href="http://www.facebook.com/editnote.php?draft&amp;amp;note_id=10150461266353150&amp;amp;id=636997677"&gt;&lt;span class="uiButtonText"&gt;Modifier&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;h2 tabindex="0" class="uiHeaderTitle"&gt;Le cactus chauve&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="clearfix"&gt;&lt;div class="mbs uiHeaderSubTitle lfloat fsm fwn fcg"&gt;par &lt;a href="http://www.facebook.com/williamdrouin"&gt;William Drouin&lt;/a&gt;, 15 décembre 2011, à 20:07&lt;span class="mls"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Ça  a fait un petit peu mal. Rien de grave. Je ne suis pas le premier à qui  ça arrive. Y a des tas d’animaux qui endurent pire que moi. Les koalas,  par exemple, quand ils se perdent dans le désert après que leurs  chameaux aient pris la fuite, ils doivent trouver un arbre où dormir  avant que la nuit tombe. La seule végétation à laquelle ils peuvent  s’accrocher, c’est le cactus. Et ça, ça fait mal.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Dans le  Sahara, on dit qu’il existe quelque part un cactus sans épine. On  l’appelle le cactus chauve. Tous les koalas égarés qui le croisent s’y  arrêtent pour dormir. Au pied de ce cactus, un lézard jaune fouille vos  poches. C’est comme un doorman. S’il trouve de quoi bouffer dans votre  poil, ne serait-ce que des miettes de cacahuètes, il vous fait monter.  Sinon, vous devez dormir dans le trou que la taupe a creusé.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Dans  le trou de la taupe, y a des branches mortes auxquelles vous pouvez  vous accrocher. Y a une odeur, genre feuilles de laurier. Avec un peu  d’imagination, vous arrivez à faire semblant que c’est de l’eucalyptus.  Vous dormez un peu. Deux heures, c’est déjà pas mal. Le lendemain matin,  quand vous sortez du trou de la taupe, le lézard jaune vous fait payer  votre séjour :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Deux heures dans le trou de la taupe, c’est vingt poils gris! il dit.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Les  lézards adorent les poils de koalas. Ils en font des pinceaux. Ils vous  les arrachent avec un outil fabriqué à partir de pierres rouges ou de  pinces de crabe. Allez savoir. Les koalas qui ont dormi dans le cactus  chauve, eux, doivent payer leur séjour beaucoup plus cher. Ils payent  avec les poils blancs de leur visage. Chaque poil blanc vaut dix poils  gris. Une nuit dans le cactus coûte environ deux poils blancs. Les  koalas perdus au Sahara qui croisent le cactus, d’habitude, y restent  plus d’une nuit. Ils deviennent chauves. C’est un peu triste à voir.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Une  fois dépouillés de tous leurs poils, les koalas sont expulsés. Sous le  soleil, leur peau rougit. Ils marchent, brûlés jusqu’à l’os. Ceux qui ne  retrouvent pas leur chemin reviennent au trou de la taupe. Ils  s’arrachent des bouts de peau brûlés qu’ils machandent ensuite en  échange d’un peu d’eau.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Avec le sang des koalas, les  lézards jaunes fabriquent de la peinture. Quant aux poils, ils s’en  servent pour peindre d’énormes flèches sur le sable. Ces flèches guident  les futurs koalas égarés vers l’emplacement du cactus chauve.  Évidemment, puisque le vent efface toujours les flèches, les lézards ont  toujours besoin de nouvelles couleurs, et toujours besoin de nouveaux  pinceaux, et de nouveaux poils.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Récemment, les lézards  jaunes ont cessé de peindre des flèches. Ils stockent tous les pinceaux  qu’ils fabriquent dans des boîtes qu’ils vendent ensuite aux  salamandres, cela en échange de graisse de chameau. Ces chameaux n’ont  pas de propriétaire. Ah. Si les koalas savaient ça. Ils réclameraient  leurs chameaux, prétextant que ce sont les leurs :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Ce sont nos  chameaux! qu’ils diraient. C’est notre graisse de chameau à nous! On  voyageait sur leur dos bien avant de vous connaître!&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Y  aurait la guerre. Du sang. Des poils arrachés. Bref, rien de très  différent. C’est triste. Quand bien même je pleure. Ma douleur, comparée  à celle des koalas, est banale. Je me suis arraché un cheveu. Un seul.  Un gris. Je le tiens encore entre mes doigts. Je le compare à celui que  je me suis arraché hier. Y a pas beaucoup de différences entre  aujourd’hui et hier. Les deux cheveux sont un cheveu. Les deux sont deux  cheveux.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Demain, quand je m’arracherai un autre cheveux,  je le placerai avec les autres, entre deux pages de mon cahier. Peu  importe les mots que j’y aurai écrits, mes trois cheveux arrachés en  feront un territoire qu’ils transformeront en pays. Ils feront beaucoup,  beaucoup de pinceaux avec ça.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Je hais mes cheveux. Plus  je les hais, plus je les arrache. Plus je les arrache, plus j’en parle.  Bientôt, un centième cheveu gagnera mes pages. Savez-vous. Mon histoire  de koalas, au départ, elle était belle. Mais il a fallu que j’y ajoute  le cactus chauve. Il a fallu que je parle de moi et de mes cheveux. À la  fin, je me demande toujours ce qui importe le plus entre :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;1. Vous raconter une histoire&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;2. Vous parlez de moi-même&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;3. Vous dire n’importe quoi.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Fou  de même. Les koalas, la savane, les palmiers. Tout ça. Merci Monique.  Si t’étais belle, je t’appelerais ma tante. Mais t’es trop poche à la  wii fait que mange de la marde.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-1458266343882194043?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/1458266343882194043/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=1458266343882194043&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/1458266343882194043'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/1458266343882194043'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2012/01/le-cactus-chauve.html' title='Le cactus chauve'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-107745097074872052</id><published>2012-01-06T08:37:00.002-08:00</published><updated>2012-01-06T08:38:11.148-08:00</updated><title type='text'>La naissance d'un scientifique</title><content type='html'>&lt;p style="text-align: justify;"&gt;L’univers tel que nous le connaissons est issu du point de contact  entre deux méga-sphères qui se sont rencontrées il y a de ça 14  milliards d’années. L’irrépressible énergie provoqué par leur collision a  engendré la création de plusieurs univers (« sphéréides »), dont le  nôtre. En fait, si notre univers est en expansion, c’est parce qu’après  leur collision, les méga-sphères, comme deux boules de billard, ont  commencé à s’éloigner l’une de l’autre.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Bref, la dimension  de notre univers est équivalente à la distance toujours grandissante  qui sépare les deux boules de billard. Plus elles s’éloignent, plus  l’univers grossit. Je ne sais pas. Je dis n’importe quoi. J’aime lire  les revue de science. Plus j’en lis, plus je parle comme les  scientifiques.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Les scientifiques, je suis sûr qu’ils font  des cérémonies la fin de semaine dans le but de cogiter quelqu’autre  théorie pour la semaine qui s’en vient. Le chef de la cérémonie commence  par raconter son rêve de la nuit dernière. Puis il propose une nouvelle  théorie de l’univers qui saurait plaire à ses lecteurs :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- J’ai  rêvé de l’univers comme d’une gaufre. Il faudrait dessiner l’univers en  forme de gaufre pour la revue du mois de novembre. Les graphiques en  forme de pointe de tarte, ça emmerde nos lecteurs. Ça prend quelque  chose de nouveau. On pourrait construire une table en forme de gaufre et  mettre des planètes rondes dessus. Les planètes tomberaient dans les  creux carrés de la gaufre. Ça expliquerait notre point de vue au sujet  de la théorie de la relativité. Les lecteurs apprendraient qu’on sait  pas trop si les trous noirs existent vraiment. D’après les sondages, les  trous noirs ont la cote.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Le dernier sondage révèle que 46% des lecteurs savent déjà qu’on sait pas trop si les trous noirs existent...&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Sinon, si je peux dire mon mot, j’ai su qu’on avait découvert une nouvelle planète la nuit dernière.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Une planète viable?&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;-  Un peu, oui. C’est comme une lueur floue dans la constellation du  bélier, ou capricorne, mais je pense qu’on pourrait dire qu’il y a déjà  eu de l’eau dessus, et des organismes, des vers de terre ou des  dinosaures. Ça me semble parfait pour le mois de novembre ça.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- La  planète, o.k., dit le chef. Mais pour les vers de terre et les  dinosaures, on va attendre dix ou vingt ans. Le mieux, c’est de dire que  ta planète est dans une zone viable et de la nommer avec un nom  incompréhensible allemand suivi d’un chiffre genre 24.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Luchteck 24!&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Vendu. On imprime mardi matin. Je veux l’article sur mon bureau lundi matin.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Plus  tard, il faut que je sois scientifique. Quand on est scientifiques, on  peut mettre ce qu’on veut dans la tête des gens. Même les gens qui  pensent qu’ils sont super-intelligents, on peut leur faire croire tout  ce qu’on veut. La science, c’est génial. C’est comme une vengeance.  C’est comme la guerre mais avec des mots. C’est comme une religion sans  dieu.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;La science, vraiment. C’est le meilleur des deux mondes.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-107745097074872052?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/107745097074872052/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=107745097074872052&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/107745097074872052'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/107745097074872052'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2012/01/la-naissance-dun-scientifique.html' title='La naissance d&apos;un scientifique'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-4738328254485981034</id><published>2012-01-06T08:37:00.001-08:00</published><updated>2012-01-06T08:37:49.082-08:00</updated><title type='text'>La faim (je suis gros)</title><content type='html'>&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Je bouffe. Et puis j'ai soif. Alors je bois et ça me donne faim.  Alors je bouffe. Je bouffe alors ça me donne soif. Alors je bois. Et  puis je bouffe.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Je suis gros. Je suis plus gros qu’une  personne grosse. Je suis deux fois plus gros que la plus grosse personne  que vous connaissez. Pour avoir une idée de ma grosseur, vous n’avez  qu’à imaginer que la plus grosse personne que vous connaissez a une  soeur siamoise. Les deux soeurs sont jumelées par la bouche. Elles se  bouffent et se digèrent à longueur de journée. L’une mange l’autre et  puis la chie. Celle qui a été chiée se reforme et bouffe celle qui l’a  bouffée. Les deux soeurs vivent comme ça. Elles passent leur vie à se  faire bouffer et à se faire chier sans jamais atteindre le sentiment de  ne plus avoir faim. Le poids de ces deux soeurs-là, c’est précisément  mon poids à moi.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;539 livres exactement. Dans la  bibliothèque de mon salon, il y en a 171. Je les ai comptés. J’ai plus  de livres qu’il n’y en a dans ma bibliothèque. Dans un seul de mes  bourrelets, un tatoueur peut transcrire l’oeuvre de Marcel Proust. Mes  fesses sont si grosses qu’on peut lire tous les tômes d’Harry Potter sur  l’une et tous ceux de Twilight sur l’autre. J’ai dépassé le nombre  réglementaire de livres qu’on s’attend à voir dans une bibliothèque de  salon. 539 livres, c’est une librairie. C’est 1198 romans. C’est 302  bibles. C’est 197 dictionnaires. C’est 1645 bescherelles.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;539  livres, c’est 326 pots de Nesquik en poudre. C’est 612 conserves de  sauce Poutine St-Hubert. C’est 914 paquets de fromage mozzarella P’tit  Québec. C’est 1225 boîtes de biscuits Ritz. C’est 1350 boîtes de  Pringles crème sûre et oignon. 539 livres, c’est fichtrement lourd.  Parfois, quand je pense à tout ce que je pèse, j’ai envie de faire comme  les soeurs siamoises. Me manger, me chier, me remanger et me rechier.  Tout cela sans jamais engraisser.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Une fois, je me suis  fait vomir. J’ai vu ma pizza défiler sous mes yeux. J’ai vu le fromage  et le pepperoni flotter sur l’eau de la cuvette. L’odeur était bonne. Je  n’ai pas pu m’empêcher d’y plonger la tête. J’ai bouffé tout ce que mon  corps n’avait pas pu digérer. Après, j’ai à peine eu le temps de  sourire que j’ai tout vomi encore. Puis j’ai mangé encore. Puis j’ai  revomi et remangé. Entre la cuvette et moi, il y a un système qui  s’installe. Un système semblable à celui que les deux soeurs siamoises  vous ont expliqué.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Je suis gros. Plus gros que le o du mot  gros. Du moment que je remplace le o par un i, je m’en retrouve amaigri  mais d’autant plus gris. Je suis pogné. Entre la dépression et  l’obésité s’opère un autre système. Tout se vomit. Tout me fait chier.  Tout me bouffe. Je bouffe tout. Je me fais chier. Je m’ennuie. Tout  m’ennuie. Je bouffe. Je vomis. Ça me fait chier. Je bouffe encore. Je  bois. Mais quand je bois je vomis encore.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Alors je bouffe.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-4738328254485981034?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/4738328254485981034/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=4738328254485981034&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4738328254485981034'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4738328254485981034'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2012/01/la-faim-je-suis-gros.html' title='La faim (je suis gros)'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-1499640962918729513</id><published>2012-01-06T08:36:00.001-08:00</published><updated>2012-01-06T08:36:48.811-08:00</updated><title type='text'>Cyprès</title><content type='html'>&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Maxime, Nicolas, Hugo, Cyprès. Oui. Cyprès. Oui, j’en ai eus. J’en ai  eus des amoureux aux prénoms étranges avec qui j’aurais pu avoir des  tas de bébés, difformes ou non, que j’aurais aimés de la façon que je  suis prête à aimer. J’ai toujours été attirée par des garçons dont le  prénom réfère à une plante ou à un objet. Cela dit, je n’ai rien contre  les prénoms qui réfèrent à autre choses.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Une fois, je suis  sortie avec un Guépard. Son prénom m’a hanté tout le temps de notre  relation. Je rêvais que j’enfantais, sous un arbre dans la savane, de  petits tigres à qui je criais de ne jamais quitter l’ombre de mon arbre.  Cauchemar. Mes bébés tigres ne m’écoutaient pas. Ils allaient courir  chez les singes. Chaque fois qu’un chimpanzé décapitait la tête de mon  premier fils né, je me réveillais toute en sueurs. Je n’osais plus me  rendormir. J’allumais ma lampe de chevet et fixais le mur en pensant à  une statistique :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Les guépards peuvent atteindre une vitesse de  110 km/h au sol. Ça, tout le monde le sait. Ce que les gens ne savent  pas, c’est que les canards sauvages peuvent atteindre la même vitesse.  Et les aigles, lorsqu’ils piquent en chute libre, peuvent dépasser les  250 km/h. Ça, personne n’en parle. On ne parle toujours que du fait que  Guépard n’est pas prêt à avoir des enfants.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Oui, chaque  fois que je devine un problème à l’horizon, dans la savane ou ailleurs,  je le gèle avec une statistique. Ça m’aide à me distancer du problème.  Je n’ai pas besoin de réponses. Internet me fournit mille et une  statistiques afin d’éviter les vrais problèmes de ma vraie vie.  &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Cyprès  était un amateur de statistiques. C’est lui qui m’a montré combien la  science peut geler les cerveaux comme un remède contre le questionnement  irrésolu de la vraie vie. Quand je lui avouais me sentir petite  vis-à-vis des étoiles dans le ciel, il me montrait sur son ordinateur de  grands chiffres, de grandes formules. Il m’expliquait la grandeur de  l’intelligence humaine. J’en suis venue à croire que l’intelligence  humaine pouvait défier les limites du ciel. À mes yeux, la science me  paraissait si grande que j’en oubliais ma propre perception de  l’univers.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Avant de connaître Cyprès, je croyais que  l’univers avait la forme d’un losange dont les sommets, rouges,  brûlaient par l’incandescence de mes propres sentiments. J’avais tort. À  ce sujet, Cyprès m’a éclairé :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Selon ma revue, il a dit,  l’univers est plat. Pas losange. L’univers prend de l’expansion de jour  en jour. Ça n’a rien à voir avec tes sentiments. Tout est gaz, tout est  matière.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Tout est gaz, tout est matière. What a deal. À  vrai dire, je suis franchement déçue. J’aurais préféré autre chose. Je  ne suis pas d’accord avec ce que Cyrpès me dit, mais je me tais. Je ne  veux pas connaître la réaction qu’il aurait si je lui disais :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;-  Pour moi, il y a autant d’univers que d’humains. La diversité des  perceptions, n’est-ce pas ce qui fait la richesse de l’humanité?&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;J’ai  peur de sa réponse. Alors je ne lui demande rien. J’acquiesce à tout ce  qu’il dit. Ses revues scientifiques ont cloué ma bouche. Les  statistiques ferment des millions de gueules à coup de chiffres. Plus  personne ne parle en tant qu’humain. Tout le monde parle en tant que  scientifiques. Dès qu’on parle pour expliquer notre vérité à nous, on  rit de nous. À force d’écouter les gens parler, ça devient épuisant.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Cyprès  essaie toujours de convaincre les autres que sa vision est la  meilleure. Il agit de la même façon que la religion agissait autrefois  mais il ne s’en rend pas compte : il m’inculque un savoir et une façon  unique de voir les choses. Je n’ose pas le lui dire mais, de mon point  de vue, ses revues scientifiques sont pareilles que la bible.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Les  revues scientifiques proposent une vérité. Tout comme la bible. La  différence, c’est que la vérité de la bible ne change jamais. Celle de  la science, elle change toutes les semaines. Les scientifiques se  trompent, puis découvrent autre chose, puis se trompent encore. Les  scientifiques, ils ressemblent drôlement aux hommes que j’ai connus,  incapables de croire une chose jusqu’au bout. Ils bougent comme des  girouettes au gré des télescopes. Suffit que leur télescope leur fasse  voir une comète pour qu’ils changent toutes les théories qu’ils ont bâti  depuis leur naissance. C’est d’une faiblesse qui me scie en deux, oui,  mais je n’en parle pas. Je les laisse dominer le monde.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Mais  un jour, on en aura marre de lire des revues où les vérités ne sont pas  de vraies vérités. On en aura marre de se faire dire que les vérités  auxquelles nous croyions ne sont plus vraies. Alors nous nous  confinerons, tous et chacun, dans des perceptions qui sont uniques à nos  cerveaux respectifs. Le seul problème que je puisse deviner à  l’horizon, c’est que ce jour-là, Cyprès ne m’aimera plus.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-1499640962918729513?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/1499640962918729513/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=1499640962918729513&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/1499640962918729513'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/1499640962918729513'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2012/01/cypres.html' title='Cyprès'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-3180234580110941524</id><published>2012-01-06T08:35:00.000-08:00</published><updated>2012-01-06T08:36:09.876-08:00</updated><title type='text'>Révélation choc</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;" class="mbl notesBlogText clearfix"&gt;&lt;div&gt;&lt;p&gt;CHAPITRE UN&lt;/p&gt;&lt;p&gt;MES HABITUDES PRÉFÉRÉES SONT CELLES D’AVANT LE DODO. C’EST UNE PHRASE NOUNOUNE À LAQUELLE JE N’AVAIS JAMAIS RÉFLÉCHI.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tous  les soirs avant de me coucher, je me brosse les dents devant le miroir  de la salle de bain. Je n’ai jamais réfléchi pourquoi je me les brosse.  Quand j’étais petit, ma mère disait : sois un ange s’il te plaît, vas te  brosser les dents. Ainsi je suppose que les anges se brossent les dents  et qu’ils se les brossent sans cesse. Avec de la pâte fabriquée à  partir de sueur d’ailes. Voilà. L’existence de mon dentifrice réside  dans l’au-delà. J’aime les réponses de cette nature. Maman disait  toujours qu’il ne faut pas inventer de réponse pour comprendre les  questions auxquelles l’au-delà a déjà maintes fois réfléchi à notre  place.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Chaque soir, après m’être brossé les dents, je me  souhaite bonne nuit. J’observe mon sourire dans le miroir. Je le compare  avec mon sourire d’hier et, en retraçant ce dernier mentalement, je  m’amuse à trouver sept différences. Les comparaisons me font rire. Mon  rire dans le miroir me permet de m’observer en train de rire. Mon rire  me permet de me demander si j’ai ri aujourd’hui. Et ma réflexion me  permet de me raconter ma journée :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;- Aujourd’hui, non. Tu n’as pas  ri. Tu n’as pas fait l’amour. Tu n’as pas appelé ta mère. Tu n’as pas  parlé à tes collègues du bureau. Natélia ne t’a pas parlé. Tu ne lui as  pas emprunté son agrafeuse. Tu n’as pas commandé de pizza à midi. Tu  n’as pas mangé de chinois ni d’africain.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ne me raconte  jamais ce qui s’est passé. Seulement ce qui ne s’est pas passé. C’est  une habitude. S’il y a une chose à laquelle je tiens dans la vie, c’est  l’habitude. Le week-end, une de mes habitudes est de fouiller toutes les  poubelles de toutes les épiceries de mon quartier. Je trouve là des  reçus que des clients ont jetés à la sortie. Ces reçus, je les  collectionne. Je les classe dans un cartable. Sur la couverture de mon  cartable, il y a un joueur de hockey des Pingouins de Pittsburgh. Quand  je me demande pourquoi, je me réponds que jouer au hockey, c’est une  habitude. C’est comme fouiller dans les poubelles de l’épicier. C’est  comme jouer au base-ball.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;- Le hockey, réfléchis-je, est un sport  qui ressemble beaucoup au base-ball. À la différence que les joueurs  patinent au lieu de courir, que leurs uniformes les protègent contre le  froid, que le bâton frappe une rondelle au lieu d’une balle, au ras du  sol au lieu des airs, sur de la glace au lieu de la terre, dans un filet  au lieu de n’importe où.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;La septième différence, je ne  l’ai jamais trouvée. Si vous la trouviez, vous pourriez me l’envoyer par  e-mail. Mais mon e-mail, je n’ai pas l’habitude de le donner à ceux que  je ne connais pas. Pas même à ceux qui me le demandent. Et c’est une  habitude que je ne suis pas prêt de changer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;CHAPITRE DEUX&lt;/p&gt;&lt;p&gt;UNE  AUTRE HABITUDE QUE J’AI, C’EST DE RÉPÉTER QUE MES HABITUDES PRÉFÉRÉES  SONT CELLES D’AVANT LE DODO. RÉPÉTER, C’EST UNE HABITUDE QUE JE NE SUIS  PAS PRÊT DE CHANGER.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai mis beaucoup de temps à  m’avouer le trouble que je m’apprête à vous révéler. La première fois  dont je me suis parlé de ce trouble, c’était juste avant d’aller dormir.  Je me brossais les dents devant le miroir de la salle de bain :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;-  Tu sais de quoi je veux parler, me suis-je dit. Fais pas l’innocent.  Tous les soirs, devant le miroir de la salle de bain, tu es troublé par  ton incapacité à regarder tes yeux lorsqu’ils sont fermés. Sitôt que tu  les fermes, tu ne les vois plus. Et tu paniques. Hier, en pleine nuit,  tu t’es réveillé pour téléphoner à ton docteur. Tu lui as dit :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;- C’est horrible docteur! Je n’ai jamais vu mes paupières closes! Jamais! Je doute qu’elles existent pour vrai!&lt;/p&gt;&lt;p&gt;- Ah bravo! m’ai-je répondu. Tu as inséré un dialogue dans un dialogue! Maintenant nous ne savons plus à qui sont les tirets!&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce  n’est pas dans mon habitude, ni d’argumenter avec moi-même, ni  d’appeler mon docteur au milieu de la nuit. D’accord, je ne pourrai  jamais voir mes yeux fermés. Et alors? C’est un phénomène auquel nous  devons nous habituer. Nous nous y habituerons tout comme nous nous  sommes habitués à la mort de maman. Je vois pas pourquoi, tout à coup,  nous nous troublons au moment de nous brosser les dents. Je ne vois même  pas pourquoi nous nous demandons pourquoi! Brossons-nous les dents et  allons faire dodo!&lt;/p&gt;&lt;p&gt;- Ah bravo! m’ai-je répondu encore. Avec ton discours sans tiret, on ne sait même plus si tu me parles ou si tu t’écris!&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’écris!  Je m’écris pour t’expliquer, à nous-mêmes, qu’un soir nous nous sommes  avoué le trouble que représentait le fait de ne jamais nous voir les  yeux fermés. Voilà. Un jour, nous aurons suffisamment d’argent. Nous  aurons 199,99$. Ce jour-là, j’achèterai la caméra vidéo Sony. Alors je  pourrai nous filmer en train de dormir. Là, nous serons enfin certains  que nos paupières closes existent. Mais pour cela, il faut continuer la  collection.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;CHAPITRE TROIS&lt;/p&gt;&lt;p&gt;UNE AUTRE HABITUDE QUE  J’AI, C’EST DE ME DIRE QU’UNE HABITUDE QUE J’AI, C’EST DE ME DIRE QU’UNE  AUTRE HABITUDE QUE J’AI, C’EST DE M’ENTENDRE DIRE QU’UNE AUTRE HABITUDE  QUE NOUS AVONS, C’EST DE NOUS ENTENDRE DIRE QUE ÇA PEUT CONTINUER COMME  ÇA TRÈS LONGTEMPS.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tous les week-ends, depuis que  nous avons huit ans, nous récupérons les reçus que les clients jettent  aux poubelles à la sortie des épiceries. Sur la plupart de ces reçus, on  peut lire l’achat de légumes. Ce sont les mêmes légumes que nous  cultivons dans notre potager : oignons, brocolis, radis, carottes,  betteraves. Tous les dimanches, je me pointe chez un épicier avec un sac  de légumes que nous avons cueillis plus tôt le matin. Je fais mine de  les avoir achetés chez lui. Je prends l’air déçu, le même air que nous  avons pratiqué devant le miroir, et lui demande d’être remboursé. Il me  rembourse toujours à condition que mes légumes figurent sur le reçu.  Pour chaque poche d’oignons que je lui rapporte, il me donne 2,10$! Pour  chaque poche de patates, c’est 2,40$! Pour chaque poche de betteraves,  c’est 2,90$!&lt;/p&gt;&lt;p&gt;- Ce n’est pas une vie! me suis-je dit. C’est une  habitude! Tu me parles comme si j’étais un enfant à qui tu dévoiles un  plan alors que nous l’avons élaboré ensemble ce plan! Deux soirs devant  le miroir! Nous nous brossions les dents! Il n’y a pas sept différences  entre un joueur de hockey et quelqu’un qui se parle à lui-même! Les deux  jouent sur la glace!&lt;/p&gt;&lt;p&gt;- Voilà! m’ai-je écrié. En réalité, la septième différence, c’est la ressemblance!&lt;/p&gt;&lt;p&gt;- Non! C’est illogique!&lt;/p&gt;&lt;p&gt;- Mais si! Mais non! La différence entre une chose et une autre, c’est d’abord l’opposition de cette chose avec l’autre!&lt;/p&gt;&lt;p&gt;- Tu triches!&lt;/p&gt;&lt;p&gt;-  Oui! Je triche! Tu triches! Ceux qui ne trichent pas, ce sont ceux qui  perdent! Et ceux qui perdent, Natélia ne leur parle pas! Natélia ne leur  prête pas d’agrafeuse!&lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce soir-là, après m’être avoué mon  trouble, nous nous sommes brossé les dents. Nous avons fait semblant de  fermer nos yeux devant le miroir. Nous avons triché. À vrai dire, sans  même le dire à moi-même, j’ai créé une brèche dans mes paupières. Entre  mes cils, je me suis entre-vu. L’image était parfaite. Parfaitement  trompeuse. C’était tout comme si j’avais eu les yeux clos. Sauf que  cette fois, je me suis vu en train de ne pas me voir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-3180234580110941524?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/3180234580110941524/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=3180234580110941524&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/3180234580110941524'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/3180234580110941524'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2012/01/revelation-choc.html' title='Révélation choc'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-6232112752619796293</id><published>2012-01-06T08:34:00.000-08:00</published><updated>2012-01-06T08:35:27.888-08:00</updated><title type='text'>Bourbine</title><content type='html'>&lt;p style="text-align: justify;"&gt;CHAPITRE 1&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;JE VAIS VOUS RENCONTRER L'HISTOIRE DE TIBÈRE&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Y AURA DEUX CHAPITRES MAXIMUM&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Tibère  est bon à l’école. Il est bon alors il est gras. Il est gras alors il  fait rire de lui. Moi, je fais des fautes dans mes dictées. Alors je  suis maigre. Alors personne ne rit de moi. Sauf Tibère. Mais je m’en  fous. Quand il rit de moi, je lui dis qu’il est gras alors il pleure.  Alors je suis tranquille.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Personne n’aime Tibère. Il est  rond. Il est né avec une boule de graisse dans le cerveau. C’est dans  cette boule-là qu’il stocke les bonnes réponses aux examens. À ce qu’il  paraît, la mère de Tibère bouffait des livres d’histoire durant sa  grossesse. Des livres en chocolat. Qu’elle faisait frire. Et qu’elle  trempait dans le chocolat et qu’elle faisait refrire avant de verser de  la crème dessus. Elle ajoutait ensuite. Des pinotes.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Le  problème avec Tibère, c’est que la prof Lucie utilise toujours son  prénom dans les exemples du tableau : « Tibère a dix crayons. Il en perd  un. Combien lui en reste-t-il? » Là, Tibère regarde autour de lui. Il a  l’air fier de regarder ceux qui regardent au tableau. Il pointe son nez  de cochon vers moi. Il a un sourire de gros tata. Je fais semblant de  pas le voir. Je plie les coins de mon cahier de maths. Je dessine un  atome. Enfin, ce qui pourrait être un atome. Je ne sais pas. J’hésite  entre un carré ou un triangle.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Personne répond à la  question du tableau. Personne veut participer à une situation qui  implique l’existence de Tibère. Tout le monde attend que Molbec dise une  connerie. On rit. Il dit :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Tibère a encore perdu quelque chose dans son nez? La semaine dernière c’était une tomate. Là c’est un crayon?&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Molbec  lance un crayon à la gueule de Tibère. Tout le monde fait pareil.  Tibère croule sous une pluie de crayons. La prof gueule. Molbec s’en va  chez le directeur. Résultat : toutes les filles tombent amoureuses de  Molbec. Toutes les filles, même Plestine. Même elle, elle a des rêves  tout bas de prendre la main de Molbec près du mur de brique au  ballon-poire.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Le ballon-poire, personne y joue. Sauf  Plestine. Les gens normaux, ils préfèrent aller au parc. Le parc est en  face de l’école. Il y a des jeux, oui, mais surtout, il y a de la  drogue. Et ça, les filles détestent ça. Mais les garçons aiment ça. Et  les filles aiment les garçons qui aiment ça.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Moi, à la  récréation, je me retrouve souvent près du mur de brique au  ballon-poire. Plestine, je trouve qu’elle est mignonne. Elle a toujours  dans le nez un mot que je ne sais pas écrire. Plus je dis que je ne sais  pas écrire le mot, plus je gagne du temps pour réfléchir à comment  l’écrire. Rhume. Voilà. Même quand elle joue à la marelle, elle a le  rhume. J’aime qu’elle soit toujours malade. Ses vêtements ont la même  odeur que mon tube de colle. Je pense que je serais capable de la border  dans son lit. À condition qu’il soit rose. J’adore ses boîtes de  mouchoirs (il y a des nuages dessus) sur son pupitre (elle grave son nom  dessus). Surtout, j’adore quand elle se mouche dans sa manche parce  qu’elle n’a plus de mouchoirs.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Molbec aussi adore  Plestine. C’est pour ça qu’il traîne toujours d’autres mouchoirs dans sa  veste au cas où elle en manque. Il dit que Plestine a les joues en  plasticine saveur de bleuets. Il est con. Je pense qu’il fait exprès. Il  a fait exprès qu’elle tombe amoureuse de lui pour ensuite l’embrasser.  Pour ensuite attraper son rhume. Pour ensuite le refiler à la prof  Lucie.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;C’est quand Molbec a craché dans le café de la prof  Lucie pendant la récrée que la semaine d’après nous avons eu la  remplaçante. La remplaçante s’appelait Bourbine. Elle est arrivée un  jeudi. Je m’en souviens parce que c’est ma journée préférée de la  semaine. Parce que ça commence par J. Parce qu’il y a beaucoup de  voyelles dedans. Je suis sûr que les mots qui finissent par une consonne  (comme Molbec) sont méchants.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Toute la classe connaissait  les rumeurs au sujet de Bourbine. On dit qu’elle est née adoptée. Son  père l’avait enveloppée dans un chiffon avec des chameaux dessus. Il  l’avait portée chez un pâtissier et avait reçu en échange l’équivalent  de ce que valait un pain baguette à l’époque. Trente sous ou à peu près.  À peine de quoi s’acheter une poignée de pinotes.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;CHAPITRE DEUX&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;C’EST LE MAXIMUM DE CHAPITRES QUE J'AI DROIT D'ALLER&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Bourbine  travaillait dans un mot que j’ai oublié comment l’écrire. Comment on  appelle ça. Un moulin? Le genre de moulin qu’on fait du pain dedans. Une  boulangerie. Bourbine boulangeait dans le moulin au coin de la 16e.  Elle avait tellement de joues qu’on dirait qu’elle avait jamais eu de  menton. Molbec se vante toujours à dire qu’il les a déjà touchées :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Je vous jure! Ses joues rebondissent pareilles que de la pâte en caoutchouc! Je les ai touchées!&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Comment t’as fait?&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- C’était une fois qu’elle avait les cheveux attachés. J’ai fait tellement vite qu’elle a rien pu faire.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Elle t’a pas couru après?&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Bourbine? Elle court jamais.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Bourbine  a du mal à marcher parce qu’elle lui manque une jambe. C’est que le  pâtissier qui l’a adoptée croyait vraiment qu’elle était un pain  baguette dans un chiffon à chameaux. Il l’a placée sur sa planche à pain  et de son couteau sans regarder lui a taillé une veine dans le muscle  qu’il faut pas. Le village sachant que Bourbine était handicapée,  personne n’a jamais acheté de gâteau à sa boulangerie de la 16e. On les  volait à même le four sans crainte d’être rattrapés.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Faut vraiment être gras pour se faire rattraper par Bourbine... dit Molbec.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Molbec  est méchant quand il parle. Il l’est aussi quand il se tait. Je pense  qu’il fait exprès. Je pense qu’il a déjà été gras, comme Tibère, et  qu’il a peur de le redevenir. Moi, je fais exprès de rien. Il manque à  mon cerveau un petit bout. C’est pas ma faute. Je suis né à la mauvaise  époque. L’infirmière dit que j’aurais dû naître dans un autre système.  Moi je dis que ma mère a pas assez bouffé de livres au chocolat durant  sa grossesse. C’est pour ça que je froisse mes cahiers de maths.  D’abord, je plie les coins. À la fin, les pages sont fripées comme des  mouchoirs. J’espère secrètement que le cerveau de Plestine ressemble au  mien.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Dans son cahier de maths, Plestine écrit toutes les  questions de la prof Lucie depuis le début de l’année. Entre  parenthèses, elle écrit une réponse qu’elle n’ose pas dire :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;« Tibère a perdu ses deux bretelles. Combien lui en reste-t-il?&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;(Deux.)&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;« Tibère a dix doigts. Combien a-t-il de mains?&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;(Vingt.)&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;« Le train de Tibère avance à 90 km/h. Combien de kilomètres aura-t-il parcouru en deux heures?&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;(120 minutes/2h.)&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;« Tibère cueille une pomme. Pour la partager avec ses amis, il la coupe en trois parts égales. Combien a-t-il d’amis?&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;(Trois.) »&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Le  jeudi que Bourbine est arrivée, Plestine était prête à transcrire dans  son cahier la nouvelle question du tableau. Bourbine est arrivée en  chaise roulante. Elle a pris la craie. Elle a écrit beaucoup plus bas  que d’habitude au tableau :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Le bateau de Christophe Colomb a mis  huit mois pour traverser l’océan Atlantique. Compte tenu qu’il  naviguait à une vitesse approchant le 50 noeuds/heure, qui a découvert  l’Amérique?&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;a) Christophe Colomb&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;b) Les amérindiens&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;c) La bonne réponse&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Tibère  tremblait. Il cherchait son nom sur le tableau. Il trouvait pas. La  classe souriait tout à coup. Bourbine a attaché ses cheveux avec un  élastique. Tibère a levé la main pour répondre :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- A! Christophe Colomb en 1492!&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Bourbine  a fait semblant de pas le voir. Elle a pas dit bravo. Alors Molbec a  pensé que Tibère avait eu tort. Alors il a tenté sa chance :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- B? Les Amérindiens? Parce qu’ils étaient en Amérique avant que Christophe Colomb débarque.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Bourbine  a regardé dans la tasse à café de la prof Lucie. Elle a pas dit bravo.  Elle a sorti un morceau de pain de son sac. Plestine a regardé Molbec.  Elle était heureuse qu’il ait pas dit une connerie. J’ai cru qu’elle  allait le marier. Mais au lieu, elle a chuchoté :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Ça dépend comment on voit les choses... Moi, je le dis à personne mais la terre je la vois plate...&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Bourbine  a dit bravo à personne. Alors j’ai pensé que personne avait dit ce  qu’il fallait dire. J’ai chiffonné les pages de mon cahier. J’en ai fait  des mouchoirs au cas où Molbec avait pas de mouchoirs dans le cas où  Plestine en manquerait. J’ai levé la tête vers le tableau. Je pense que  j’ai réfléchi une seconde. J’ai levé ma main. J’ai dit :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- C. La bonne réponse.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Bourbine  a effacé le tableau. Elle est retournée s’asseoir devant la classe.  Toute la journée, elle nous a regardés. Le midi, on a pas mangé. On  s’est regroupé autour de Bourbine pour lui demander des indices. À la  récréation de l’aprème, ceux qui étaient pas au parc ont eu droit à  l’indice :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Les réponses font partie de la question. La réponse est ailleurs.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Alors c’est D! a dit Molbec.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Plestine  l’a regardé encore. Elle souriait. Elle était heureuse qu’il était pas  au parc. Moi, j’étais triste qu’elle était pas au ballon-poire près du  mur de briques rouges. Oui, D. Mais D quoi? D-ballon-poire? Non,  sûrement pas. Molbec a ajouté :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Y a toujours rien que Tibère qui  voit les réponses que la prof Lucie veut entendre! Y a que lui qu’il a  la bonne boule au cerveau! Le reste on est tous carrés dans la tête!&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Là,  j’ai compris. J’ai pensé aux atomes carrés que je dessine. J’ai  réfléchi, je pense. J’ai attendu la fin de la récréation. Une fois que  tout le monde était assis à leur pupitre, j’ai levé la main. J’ai dit :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- D! L’Amérique est carrée! Même qu'elle est triangle! Les soirs de pleine lune!&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- D! que Molbec a dit aussi. Les Vikings avaient construit un bateau en forme d'éponge! Ça a absorbé l'océan qu'il a traversé!&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;-  D! et Plestine a dit. La terre est plate. On peut la voir comme on  veut. Ça dépend les époques. Un jour elle sera carrée et on trouvera  cons ceux qui disaient qu’elle est ronde. Le lendemain elle sera ronde  et on trouvera cons ceux qu'on trouvait cons.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Tibère a  pleuré le nom de Christophe Colomb. Si la prof Lucie avait été là, elle  l'aurait consolé. Tout le monde aurait ri de lui. Mais là, on riait pas.  On attendait que Bourbine nous donne la bonne réponse. Elle nous l’a  jamais donnée. La cloche a sonné. Bourbine a souri. Elle a détaché ses  cheveux avant de partir.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Le lendemain, la prof Lucie était de retour. La question du tableau était :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;-  Tibère a acheté deux pains à la boulangerie au coin de la 16e.  Pourtant, dans son sac, il y en avait trois. Combien en a-t-il volés?&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Plestine  a prêté un mouchoir à Tibère. Elle lui a dit un mot au passage. Toute  la classe a ri. Molbec faisait ses grimaces. Je suis le seul que j’ai  pas compris le mot qu'elle a dit. Aujourd’hui, je suis pas sûr si  Plestine est amoureuse de Tibère ou de Molbec. Peut-être. Peu importe.  Tibère a levé la main pour répondre à la question de la prof Lucie :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- 16.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Demain,  on ira voler des gâteaux à la boulangerie. On verra si Tibère réussit à  en voler seize. Je pense qu’il a des chances. À condition qu'il ait  d'autres sacs dans sa veste. Moi, si je réussis à toucher la joue de  Bourbine, je pense que moi aussi. Moi aussi, j’ai mes chances. Tout le  monde a ses chances.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-6232112752619796293?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/6232112752619796293/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=6232112752619796293&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6232112752619796293'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6232112752619796293'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2012/01/bourbine.html' title='Bourbine'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-164522983268577160</id><published>2012-01-06T08:33:00.002-08:00</published><updated>2012-01-06T08:34:26.114-08:00</updated><title type='text'>Les guerriers vont au front</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’aime les yeux des chevreuils. On ne sait jamais s’ils regardent devant ou s’ils marchent de côté. Paraît que leurs cornes ne sont pas des cornes mais des bois. Moi, si j’étais la langue française, j’aurais inventé un autre mot. Les bois, c’est fait pour se promener tandis que le loup n’y est pas. C’est pas fait pour pousser dans les fronts. Les fronts, c’est connu dans l’armée. Quand les guerriers vont au front, ils encornent les ennemis comme des béliers. Un bélier, c’est une arme qu’on utilisait au moyen-âge pour défoncer les portes. Le moyen-âge, c’est l’âge moyen de tous les humains multiplié par vingt-cinq. Plus l’âge moyen augmente, plus le moyen-âge a eu lieu tard. C’est pour ça qu’on le date de 500 à 1500 ans après Jésus Christ.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jésus Christ, c’est le bébé de Marie. Marie, c’est le nom de la plupart des femmes sur terre. Mais tous les bébés de toutes les Maries ne s’appellent pas Jésus. Il faut beaucoup de courage pour mettre un Jésus au monde. Le monde, paraît qu’il est rond vu de loin, mais que vu de près il a quantité de montagnes. Une montagne, ce n’est pas rond du tout. Paraît que c’est deux plaques tectoniques l’une par-dessus l’autre. Mais une montagne de vaisselle, c’est un bol par-dessus une assiette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour faire la vaisselle, il faut un lavabo. Les lavabos les plus modernes sont ronds parce que ceux carrés, on les utilise depuis trop longtemps. Trop longtemps, c’est trente ans. Trente ans, c’est une généraiton. C’est le temps qu’il faut à un bébé pour devenir adulte. Les adultes sont ceux dont la tête produit des cheveux gris. La plupart des adultes n’aiment pas leurs cheveux gris. Les autres disent que le gris est une couleur normale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La normalité est une chose que les plus forts font subir à ceux dont le cerveau ou le corps est différent du leur. La normalité, c’est établir la grosseur moyenne d’une femme. C’est dire que l’intelligence existe. C’est dire que la terre est ronde alors qu’un enfant au Bangladesh la voit autrement. La normalité, c’est refuser de croire qu’il existe autant de perceptions que d’humains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, le plus simple serait de dire que la terre est plate. Le plus simple, c’est de régresser pour s’accomoder. C’est d’établir une normalité qui ne brise rien. Ça ne rend pas la terre meilleure, mais c’est tout de même mieux que de dire à une enfant qu’elle est ronde.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-164522983268577160?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/164522983268577160/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=164522983268577160&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/164522983268577160'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/164522983268577160'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2012/01/les-guerriers-vont-au-front.html' title='Les guerriers vont au front'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-4748089556327980210</id><published>2012-01-06T08:33:00.001-08:00</published><updated>2012-01-06T08:33:23.217-08:00</updated><title type='text'>Les préliminaires</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Au hockey, on dit d’une compétition qu’elle est préliminaire lorsqu’elle précède une compétition de plus grande importance. En fait, le dictionnaire attribue à toute chose dite préliminaire une importance moindre que ce qui la suit. Bref, les préliminaires, c’est l’hymne national avant le match. Moi, personnellement, quand je regarde un match à la télé, je pisse pendant l’hymne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma blonde a un ami. Il s’appelle Buknat. Buknat prétend qu’il aime tant les préliminaires qu’il les préfère au sexe. Buknat préfère l’hymne à la joie. Bknt, son nom n’a même pas besoin de voyelles pour exister. Il est un as du massage aux huiles de tendres parfums, origan, miel, dijon, basilic. Il ne baise pas. Il badigeonne les femmes comme ses poulets. À tout dire, il a tout à dire. Il a une taille fine. Il ne mange jamais. Chaque fois qu’il va au restaurant avec une femme, il dit qu’il n’a plus faim parce qu’il a déjà mangé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand ma blonde met les ailes de poulet au four, elle pense à lui. Elle jouit à penser ce qu’il pense pendant que moi, je me pose la question : suis-je le seul à avoir raté l’avant-match?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle jouit, seule, dans la cuisine. Les ailes commencent à cuire. La confrontation commence. Je lui demande :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Qui, de moi ou de Bknt, trouves-tu le plus beau? J’ai de plus jolis cheveux. Le nez de Bknt est énorme. Je suis le plus beau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand je ne baise pas avec ma blonde, je baise avec ma main. Ma main ne parle pas. Elle s’approprie les formes que je veux. Quand je baise avec ma blonde, c’est un peu la même chose : elle aussi elle a la forme que je veux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois, pendant les matchs, Bknt la baise. Ça fait du bruit. Ma bonde se met des ailes entre les jambes. Elle crie les voyelles qu’il lui manque pour vivre. C’est laid à entendre. C’est comme un hymne. Un hymne si laid que je reste à écouter même si j’ai la vessie pleine. Ma blonde toute en sueur me dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je ne sais pas si Bknt est plus beau que toi. Je pense que non. S’il me demandait de sortir avec lui, je dirais probablement non.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prbblmnt? J’enlève toujours les voyelles aux mots que je ne veux pas entendre. J’ai assez d’entendre les voyelles que crie ma blonde lorsqu’elle jouit, s’il fallait en plus que je les écrive, je perdrais le compte de qui mène - qui perd.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les ailes de poulet sont cuites. Je demande à ma blonde si elle ne veut pas baiser en mangeant. Elle me répond qu’elle n’a pas faim parce qu’elle a déjà baisé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Avec qui? je lui demande.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soudain, c’est là. Je vois tout à fait clair. J’ai retiré les consonnes.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-4748089556327980210?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/4748089556327980210/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=4748089556327980210&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4748089556327980210'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4748089556327980210'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2012/01/les-preliminaires.html' title='Les préliminaires'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-4055580829377746233</id><published>2011-11-14T15:07:00.002-08:00</published><updated>2011-11-14T15:08:35.878-08:00</updated><title type='text'>Fissure de verre</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il y a une fissure dans mon verre que je n’avais jamais vue. C’est intéressant. Il y aurait une histoire à faire avec ça. Avec un verre brisé, des tas de gens peuvent se blesser, voire même se tuer. Il peut y avoir quantité de morts et d’intrigues :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Qui a été le dernier à boire dans le verre? Le serveur avait-il placé un quartier de citron sur la fissure pour la dissimuler? Et ce serveur, portait-il un chapeau? Si oui, ce chapeau était-il melon?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai arrêté de fumer. Je mange du pain sec. Il se peut que mes intrigues ne n’en soient pas de vraies et que j’écrive un peu trop de mots inutiles parfois là où il n’en faut pas. Avant, je ne réfléchissais jamais sans fumer une cigarette. Maintenant, je ne réfléchis jamais. Ouganda rime avec koala. Mes plus intenses activités cérébrales se résument à cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans la cigarette, je suis un joueur d’échec incapable de prédire ni les coups de son adversaire, ni ses propres coups. Je cours à ma perte. On m’a bouffé mon fou. J’attends qu’on me bouffe ma reine. J’aurai toujours mon roi, avec lequel je pourrai cabotiner sur l’échiquier, mais pour ce qui est de la victoire, je vous la donne. Mon talent pour ceci, pour cela, je ne sais pas. Il y a quelque chose qu’on m’a piqué. Quelqu’un a bu dans mon verre en disant que « pour ta santé, il faudrait que tu arrêtes de boire, ou bois autre chose, ou bois du jus de mangue exotique et fais gaffe que ton verre n’ait pas de fissure. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelqu’un a bu dans mon verre et s’est coupé la lèvre sur ma fissure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Silence,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;silence, concentration, effort&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;pour ne pas m’en allumer une,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;et puis bon)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que je suis incapable d’écrire sans fumer, eh c’est faux parce que. Après tout, j’ai tout de même écrit quelque chose.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-4055580829377746233?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/4055580829377746233/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=4055580829377746233&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4055580829377746233'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4055580829377746233'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/11/fissure-de-verre.html' title='Fissure de verre'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-5613897116150142012</id><published>2011-11-14T15:07:00.001-08:00</published><updated>2011-11-14T15:07:38.388-08:00</updated><title type='text'>Ces choses que je veux sans le vouloir</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je ne veux pas mourir. Mais à force de ne pas vouloir la mort, parfois, je la veux. Pour faire changement. Parce que la vie m’ennuie. Parce que j’ai envie de dire une phrase différente que « je ne veux pas mourir ». Vouloir une chose que je ne veux pas, c’est ma façon de me révolter. D’autres brisent des vitres, moi je change mon fusil d’épaule. Mes plus grands moments de révolte sont ceux où je décide tout à coup de détester ce que j’aimais : aux zèbres je dis que je préfère les chevaux, et aux chevaux je dis le contraire. Je ne me contredis pas, seulement je change d’idée. Rapidement et souvent. Aussi souvent qu’un sabot touche terre puis s’en éloigne pour se gratter le derrière. Je veux mourir. Comme ouvrir une fenêtre et respirer du nouvel air.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour se suicider, il y a un âge à respecter. On ne peut pas se suicider à deux ans. Les enfants qui meurent à deux ans, même lorsqu’ils s’étouffent avec une bille, on ne dit jamais qu’ils se suicident. On dit qu’ils meurent. Au mieux, on dit qu’ils n’ont jamais vraiment existé. On qu’ils sont des anges. Maman n’a jamais dit que j’étais un ange. Elle disait : sois un ange et brosse-toi les dents. Alors je me les brossais, avec mes doigts, sans eau ni dentifrice. Ça ne fait pas de moi un ange. Pour être un ange, il me faudrait soit mourir, soit de l’eau et du dentifrice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le suicide me fascine. Le goût de la mort m’appelle. Comme la crème glacée en hiver. Elle m’envoûte, mais il fait si froid que je n’ose pas y goûter. Quand il fait froid, je m’empresse de changer d’idée : je me dis qu’il fait chaud. Aussitôt, la mort devient chaude elle aussi. Comme une soupe l’été. Et, à moins d’être malade, la soupe l’été, ça ne se mange pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne veux pas mourir. Je veux pouvoir mourir quand je le veux et pouvoir ne pas mourir quand bon me semble : profiter de ma liberté tout en sachant que je n’en ai pas, choisir d’aimer le brocoli et le faire bouillir, puis choisir de ne plus l’aimer. Le jeter à la poubelle. Le regarder ramollir au fond des ordures, puis décider de le manger. Le déguster. Le vomir dans la cuvette et tirer la chasse d’eau. Choisir de regretter mon choix : remonter le temps et sortir le brocoli de la cuvette, le manger et le digérer. Puis le déféquer dans la cuvette avant de tirer la chasse d’eau une dernière fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne veux pas mourir. Je veux être indécis sans jamais avoir tort. Je veux hésiter, et cela toute ma vie. Entre jambon et poulet, je ne veux pas donner de réponse. À la question « que mange-t-on ce soir? », je veux répondre jambet ou poulon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si un jour je choisissais de me marier à une femme, j’aimerais qu’elle soit un homme. Un homme comme moi, de la même taille que moi. Je pourrais porter ses vêtements usés pour repeindre les murs de l’appartement. La nuit, par contre, il serait une femme. Je lui ferais l’amour, après quoi elle accoucherait d’enfants qui seraient un jour garçons, un jour filles. Les jours où ils se disputeraient, je déciderais de ne plus les aimer. Je les mettrais à la porte, tout simplement, sous la pluie, jusqu’à ce qu’ils décident de redevenir gentils. Alors je les inviterais à rentrer. Dans le salon ou la cuisine, nous mangerions l’été de la crème glacée. Et l’hiver de la soupe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si un jour je trompais ma femme avec une gardienne de moutons, je lui dirais que je la préfère mille fois à cette gardienne. À la gardienne, je dirais que c’est elle que j’aime. Je ne veux pas mourir. Je veux des enfants avant de mourir. Je ne veux pas que mes enfants aiment le chocolat. Je veux qu’ils en mangent à Pâques. Mais la semaine, qu’ils mangent des brocolis. Le week-end, je veux manger du pop-corn. Je veux regarder un film que mes enfants voudront regarder. Je ne veux pas de télé. Je veux que mes enfants étudient. Je ne veux pas qu’ils aient de plaisir. Je veux mourir. Je veux que mes enfants veulent mourir. Je veux qu’ils meurent à l’âge de deux ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je veux qu’ils soient des anges.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-5613897116150142012?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/5613897116150142012/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=5613897116150142012&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5613897116150142012'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5613897116150142012'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/11/ces-choses-que-je-veux-sans-le-vouloir.html' title='Ces choses que je veux sans le vouloir'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-4413413119138295832</id><published>2011-11-14T15:06:00.000-08:00</published><updated>2011-11-14T15:07:00.889-08:00</updated><title type='text'>Ma littérature</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Un papillon est né dans mon cerveau. Aucune caméra ne pourrait le voir. Le cinéma ne pourrait expliquer la naissance de ce papillon dont les ailes ne peuvent êtres décrites autrement que par le biais de mes mots, mauves; la couleur de ses ailes, illisible si ce n’était de la virgule précédant le mot mauves, dont je ne ferai aucune histoire, à peine vous la lirez qu’elle sera renversée par votre impression de ne rien lire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce texte, vous ne trouverez pas ce que vous rêvez de savoir. Vous n’y trouverez pas le nom du premier homme à avoir marché sur la lune, la façon dont les abeilles se reproduisent, et si les ours sont prêts à vendre leur peau en échange d’une gorgée de miel. Non. Je vous parle d’un papillon que j’ai éventré, dans mon cerveau; la poudre de ses ailes s’est dispersée comme poussière et interfèrent présentement avec quelques nerfs nerveux, dont celui qui prévient les répétitions et les pléonasmes du genre « nerfs nerveux ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon papillon n’est pas l’anecdote d’un roman plus grand que moi. Si j’avais voulu écrire un roman, j’aurais raconté l’anecdote que j’avais écrite, il y a longtemps de ça, dans laquelle un couteau s’enfonçait dans le mamelon d’une femme à qui j’avais préalablement fait l’amour, après l’avoir déshabillée. Elle criait tant et tant que de ses yeux pleurait un étang, et plus elle criait, plus le couteau s’enfonçait, du mamelon jusqu’au lait, afin qu’à jamais les mots tant et étang ne se parlent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vive anecdote réside dans cet usage du mot « couteau », car à cette époque où je fouillais les dictionnaires à la recherche de synonymes exprimant mieux que moi ce que je voulais dire, à l’instar du mot couteau, j’avais cru que, par l’exotisme recherché de son k, le mot kirpan coupait mieux que le couteau. Je ne me doutais pas que la connotation religieuse de l’objet faisait de son détenteur un Sikh. Enfin, du mamelon au couteau, seul le mot kirpan créa un discours chez mes lecteurs, ce qui, à mon grand désespoir, me poussa à prendre mes distances vis-à-vis des mots inventés par les Sikhs. Aujourd’hui, c’est d’autant plus décevant que chaque fois que je raconte cette anecdote, mes verbes prennent la forme du passé simple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le papillon, quant à lui, n’est ni une anecdote, ni une histoire. Il n’existe que par le bon vouloir de mon vocabulaire qui décide, oui ou non, d’apposer un mot et puis un autre, ne créant jamais de fissures, jamais d’incohérences, à moins toutefois que l’envie me prenne de dire qu’il existe en Asie un papillon sosie du mien. Les cinéastes seraient les premiers à rire de moi s’ils trouvaient un tel papillon, mauve, à partir duquel ils réaliseraient un film où mon nom apparaîtrait au générique. Cette possibilité peut être drôle, peut-être, car souvent l’humour travaille de possibilités en possibilités, je m’en détache toutefois car si mon objectif était de faire rire, je vous aurait raconté la blague du papillon qui avait peint ses ailes en bleu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce papillon demanda à la première chenille qu’il croisa :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pourquoi n’as-tu pas d’ailes?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Parce que je n’en ai pas encore, dit-elle. Et toi, pourquoi tes ailes sont-elles bleues?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Parce que, des ailes bleues, je n’en ai pas encore...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon papillon n’est pas une blague. Il se loge sans humour dans la tête de ceux qui le lisent. Il aime communiquer avec eux avant de déféquer sa ridicule réalité dans leurs méninges. Et ça, ce n’est ni drôle ni absurde. Si j’avais voulu écrire quelque chose d’absurde, j’aurais dit absourde, et puis j’aurais dit absoudre. Mais je ne l’ai pas fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon papillon, c’est ma littérature. Pour rien au monde je n’accepterais qu’un cinéaste me vole mes ailes. Le jour où je verrai dans ma télé l’exacte réplique de mon papillon, je vous jure qu’ils ravaleront leurs images, ces foutus cinéastes qui, incapables de puiser leurs idées à même leur art, viennent jouer dans le mien. Mon texte ne peut être servi que par l’écriture. Je le dis que la littérature n’aura de définition que le jour où ses écrivains commenceront à écrire des textes qu’aucune autre forme d’art ne pourra s’approprier. Tout comme le peintre s’est affranchi de la photographie par des techniques exclusives à la peinture, ce qu’il nous faut, c’est une distanciation vis-à-vis de la télévision monstre pour laquelle, trop souvent, nos auteurs sont prêts à vendre leur littérature.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-4413413119138295832?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/4413413119138295832/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=4413413119138295832&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4413413119138295832'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4413413119138295832'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/11/ma-litterature.html' title='Ma littérature'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-6374485803382946395</id><published>2011-11-14T15:05:00.002-08:00</published><updated>2011-11-14T15:06:34.319-08:00</updated><title type='text'>Les mitopemiânes</title><content type='html'>&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Au centre de la terre, vous avez du feu. Vous avez du feu, et aussi,  des taupes. Vous avez des taupes qui creusent comme la terre est un  bouclier sur leur museau. Votre feu les brûle, mais tout juste avant de  mourir, vos taupes se reproduisent, créant une descendance qui mourra  très jeune mais qui au fil des années s’adaptera à votre feu.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Je  vous le jure qu’un jour il y aura vos taupes au centre de la terre. Ne  pleurez pas. Ce jour arrivera. Ces taupes seront les vôtres. Elles  tourneront sur elles-mêmes, cherchant dans votre feu autre chose qu’un  fils ou un frère pour s’accoupler. Et le jour où elles tomberont sur mon  bel âne poilu blanc, oui ce jour viendra.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Mon âne aura  creusé votre feu avec ses sabots de bois. Par mégarde peut-être, il aura  piétiné quelques-unes de vos taupes molles, mais grises dans la survie,  il les fécondera, oh oui qu’il peuplera le centre de la terre  d’organismes mi-âne mi-taupe. Cette sous-espèce, nous la créeront  ensemble. Vous et moi. Je vous le jure que notre espèce perdurera  jusqu’à la fin des temps, y compris la lune et tous les endroits  célestes où il sera bien vu d’habiter, crinière et oxygène dans le  futur. Vos taupes auront la crinière et les sabots qu’elles s’en  serviront pour galoper de cratères, de lunaires, de mers et tout  obstacle d’eau ou de terre que nous devrons inévitablement, éviter, sans  quoi elles se noieront dans la marre que j’en ai de décrire les  mouvements incessants de vos taupes. C’est clair, il me semble, que vos  taupes n’existeraient pas sans mon âne : il ne faut pas prendre des  vessies pour des lanternes, et toutes les expressions que je n’ai aucune  idée d’à quoi ressemble ma vessie, lanterne ou lampadaire, que je n’ai  jamais vu d’urine qui soit lumineuse ni éteinte.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Mon âne  boira l’urine de vos taupes, et vos taupes de même l’urine de mon âne,  la jolie affaire, que de s’entre-lichouiller le cratère des planètes que  vous déciderez si nous sommes aptes à y vivre ou à y mourir. La jolie  affaire, vous et moi, intelligences mélangées, sur une x planète, dans  l’x futur, taupes et âne accouplés, animaux fétiches et jeux sexuels  dont vous oubliez les règles au fur que je parle, sur la lune ou  ailleurs, que je dis :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- La jolie affaire! Hein! Vos taupes! Surveillez-les! Que mon âne ne les piétine pas!&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Mes taupes? vous dîtes. Ce sont les vôtres! C’est moi qui ai l’âne!&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Non, moi j’ai l’âne! C’est mon âne à moi qui piétine! Vous, vous avez les taupes qui résistent au feu!&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Il  faut toujours que vous demandiez à l’âne ce qu’il en pense. Dès qu’une  dispute éclate entre nous, incapables de régler ça à l’interne, vous  faites interférer l’animal avec nous. Pourtant, vous devriez le savoir,  que l’âne répète toujours la même chose :&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Je ne suis ni à l’un ni à l’autre, qu’il dit, je suis aux taupes depuis le jour où je les ai fécondées.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;-  Bouh! que je dis. Le lâche! Gros chanceux d’âne que je n’aie pas de  peinture ni pinceau, que je n’hésiterais pas à te déposséder de ton  statut d’âne en te faisant zèbre ou faisan zébré! Je rigolerais bien de  te peindre sur le dos des attributs qui ne sont pas les tiens!&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Mon  vieil âne mourra, je le sais, en même temps que vos vieilles taupes, et  ni plus vieux et ni plus jeune, au même temps exact que votre feu  décidera que le temps calcine. Après toutes ces morts, on s’efforcera,  vous et moi, de croire notre âne-premier mieux que nos mi-taupes mi-ânes  nouvellement nées (que nous appellerons mitopemiânes pour faire plus  simple).&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Nos mitopemiânes ouvriront leurs yeux d’ânes, et  creuseront avec leurs pattes de taupe, si bien qu’elles verront et  creuseront plus creux que le centre de la terre.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;- Plus creux que  ça, vous jurerez, que c’est impossible. Il n’y a plus creux que le  centre de la terre que le crâne d’un homme vis-à-vis d’un autre.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Vous,  chaque fois que vous ouvrez la bouche, c’est pour dire quelque chose  d’intelligent. Je vous déteste, que ça m’énerve de vous détester,  royalement autant que justement, rois et toute forme d’abomination  hiérarchique, entre vous et moi, les couronnes et le lala que je dis.  Aussi curieux que paraisse le fait que je dise aussi curieux que  paraisse, le fait est que si je devais me marier avec quelqu’un avant de  mourir, au centre de la terre, ce serait avec vous.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Nos  intelligences, l’une jumelée à l’autre, imaginez; la vôtre renforçant la  mienne, la mienne atténuant la vôtre. Le mariage parfait d’un homme  vis-à-vis d’un autre. Je saurais vous convaincre de vous laisser  convaincre. Je vous ferais l’amour comme à des milliers de taupes, après  quoi vous accoucheriez d’autres taupes qui, elles, sauraient galoper  comme moi les cratères de grands champs d’ânes soudains réconciliés.&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt; &lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Je  suis un âne, je vous le dis, pour peu que vous l’êtes aussi, il n’y a  que moi qui puisse faire apparaître des ânes au centre d’où vous êtes.  S’il le faut, je signerai mon nom sur le dos de mon âne prochain afin  d’en être l’auteur, à jamais, vos mots liés aux miens, à jamais de l’âne  et de la taupe; je l’énonce clairement, là, l’exacte douleur que vous  refusez d’entendre, que votre intelligence équivaut la mienne, ni plus  ni moins, y compris les taupes, y compris mon centre extérieur au vôtre,  et votre centre centre d’un âne, et nos centres qui ne seront jamais,  jamais centres, ni de vous ni de moi.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-6374485803382946395?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/6374485803382946395/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=6374485803382946395&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6374485803382946395'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6374485803382946395'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/11/les-mitopemianes.html' title='Les mitopemiânes'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-5844859258711717053</id><published>2011-11-14T15:05:00.001-08:00</published><updated>2011-11-14T15:05:45.791-08:00</updated><title type='text'>L'Escalier du manoir</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans un manoir (appelez-le château si vous voulez, c’est vous le roi), un vieillard (qui pourrait être jeune si la jeunesse vous plaît davantage), avait du mal à monter l’escalier (ou à le descendre, tout dépendant de si vous considérez l’homme en haut ou en bas) qu’il avait fait construire pour son épouse (belle ou laide, selon votre style) dans les années trente (1830, 1930, 2030; selon que vous préférez les récits futuristes ou passés).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est non sans pleurer les années passées que le vieillard décida de faire détruire l’escalier où jadis il courait jusqu’à la chambre à coucher (ou la salle de bain, ou le garde-robe, enfin, les lieux où vous faites l’amour me sont inconnus) pour faire l’amour à sa femme. Au moment de la destruction de l’escalier (la destruction escalière, escalaire, ou tout autre mot que vous pourriez inventer pour le dire), il se rappela entre autres (ou alors il ne se rappela que de cette fois-là (je ne voudrais pas brusquer votre pudeur)) d’une nuit où il avait fait l’amour tant et tant que, le matin suivant, il avait dû rester coucher, incapable de bouger les jambes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voyant que son mari ne pouvait plus marcher, l’épouse avait téléphoné à un médecin (si, depuis le début de l’histoire, vous préférez un cheval et une jument plutôt qu’un homme et une femme, il faudrait dire vétérinaire). Le médecin (toubib et autres synonymes) n’avait rien prescrit au vieillard (et/ou placebo). Il n’avait rien pu faire, sinon conseiller à l’épouse de porter son mari chaque fois qu’il voulait descendre ou monter l’escalier du manoir. Étant donné l’âge respectable de l’épouse (80 ou 4 ans, selon votre respect), elle n’avait pas les muscles nécessaires pour porter un tel corps. Une seule fois (ou deux, ou trois fois), elle tenta de soulever le corps de son mari. Cette fois-là (ou ces fois-là), elle mourut des suites de ses déchirures musculaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vieillard (l’homme, l’époux, enfin, vous savez de qui je parle) décida de faire détruire l’escalier parce qu’il en avait marre, dit-il, de vivre sur le deuxième étage du manoir depuis la mort de son épouse. Il prétendait (et vous êtes libres de ne pas y croire) vouloir vivre sur le premier étage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En réalité, secrètement (secret qui n’en est plus un puisque je vous en informe), le bonhomme ne souhaitait que le suicide. Il avait calculé que, en retirant l’escalier, le toit s’effondrerait sur le deuxième étage, qui lui s’effondrerait sur le premier. Il avait organisé sa mort de façon si précise qu’aucun ingénieur (pas même vous) n’aurait pu le soupçonner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la poussière de la déconstruction escalière, le vieillard poussa quelques mots (des mots que vous choisirez, ouch, boum, mon amour, ma chérie, mon oiseau et tous les noms que peuvent donner les maris à leurs épouses). Les démolisseurs comprirent qu’ils avaient, malgré eux, causer la mort d'un homme. Et vous, vous avez compris ce que vous vouliez comprendre.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-5844859258711717053?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/5844859258711717053/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=5844859258711717053&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5844859258711717053'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5844859258711717053'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/11/lescalier-du-manoir.html' title='L&apos;Escalier du manoir'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-8633912601473078570</id><published>2011-11-14T15:04:00.000-08:00</published><updated>2011-11-14T15:05:14.324-08:00</updated><title type='text'>Le dentiste (pas vétérinaire)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans la salle d’attente d’une clinique, un dentiste a installé une caméra. La caméra enregistre le passage de chacune de ses clientes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusque là, c’est assez clair, il me semble : une caméra, accrochée au plafond, filme les clientes d’un dentiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir venu, dans son bureau, le dentiste repasse la vidéo en boucle en se mordant les lèvres. Il se mord les lèvres parce qu’il y voit parfois de jolies clientes. Ne faites pas semblant de ne pas comprendre : quand un dentiste a du désir pour quelque chose, il se mord les lèvres. Bien sûr, tous les dentistes ne se mordent pas les lèvre. C’est vrai, mais je ne vous parle pas DES DENTISTES EN GÉNÉRAL, je vous parle de MON DENTISTE À MOI.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est un dentiste que j’ai inventé. Appelons-le Gustave, si vous voulez. Marc, si vous préférez, c’est sans importance. Vous n’êtes peut-être pas d’accord avec le nom. De toute façon, ce dentiste n’est pas mon dentiste à moi. Je n’ai jamais vu de vrai dentiste. Dans la vraie vie, je n’ai pas de problèmes dentaires. C’est une histoire que je vous raconte, et dans mon histoire, mon dentiste, MARC, se mord les lèvres parce qu’en repassant la vidéo de la salle d’attente en boucle, il voit plusieurs jolies clientes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La salle d’attente n’est pas en forme de boucle. Elle est carrée, comme toutes les salles. Toutes les salles ne sont pas carrées, vous me direz. Elles sont parfois rectangulaires. Alors je dirai rectangulaire. Et vous me direz qu’elles sont parfois triangulaires. Ce que j’essaie de dire, c’est qu’à force de se mordre les lèvres, le dentiste n’en a plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De lèvres. Le dentiste n’a plus de lèvres. Comment voulez-vous qu’il n’ait plus de force? J’ai dit qu’À FORCE de se mordre les lèvres, le dentiste n’en avait plus. De lèvres! ÉVIDEMMENT! Si je vous dit que le cheval noir de Berthol est noir, allez-vous croire que Berthol est noir lui aussi?!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Votre intelligence m’a fait faux bond. Je ne connais pas la couleur de Berthol. Il n’est pas un personnage. Il est un exemple. J’aurais beau vous dire qu’il s’appelle Berthol parce que je n’en ai pas trouvé d’autres, parce que le nom de Marc était déjà utilisé, vous me demanderez toujours de trouver un nom au cheval noir. Si vous voulez un nom pour votre cheval, trouvez-le vous-mêmes. Tout ce qui vous intéresse, c’est ce cheval. Et pourquoi pas une vache? Pourquoi pas un chevreuil?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PARCE QUE J’AI DÉCIDÉ DU MOT CHEVAL. CHEVAL-CHEVAL. DENTS DE CHEVAL EST-CE QUE C’EST POSSIBLE DE REVENIR À MON HISTOIRE INITIALE.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense que vous n’êtes pas de vrais lecteurs. Vous êtes des écrivains qui n’osez pas écrire. Vous aimeriez inventer à ma place, mais vous n’avez pas le courage de le faire. Alors vous critiquez chaque mot afin que celui-ci devienne l’exacte réplique du mot que vous auriez aimé écrire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lâches. Vous êtes lâches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jour où votre cheval aura mal aux dents, vous reviendrez me voir. Vous me demanderez si mon dentiste ne pourrait pas plutôt être vétérinaire. Je dirai non. Il est dentiste parce que j’ai décidé qu’il l’était. La seule chose qui puisse le faire changer de métier, ce sont les jolies clientes. Et vos juments, sincèrement, il n'a jamais rien vu d'aussi laid.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-8633912601473078570?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/8633912601473078570/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=8633912601473078570&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8633912601473078570'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8633912601473078570'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/11/le-dentiste-pas-veterinaire.html' title='Le dentiste (pas vétérinaire)'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-5700573297090114548</id><published>2011-11-14T15:03:00.000-08:00</published><updated>2011-11-14T15:04:02.863-08:00</updated><title type='text'>Le pluriel</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Tout le monde se demandait s’il était normal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Qui ça il?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui, d’accord, mais quand tout le monde se demandaient s’il était normal, ils parlaient de qui?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- De lui!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Qui lui?!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- De toutes les femmes qui se demandaient si elles étaient normales, et de tous les hommes qui se demandaient s’ils étaient normaux!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah!... Alors tout le monde se demandaient s’ils étaient normaux!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C'est ça. Tout le monde se demandait s’il était normal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je sais pas... Y a quelque chose de pas normal dans ta phrase...&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-5700573297090114548?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/5700573297090114548/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=5700573297090114548&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5700573297090114548'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5700573297090114548'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/11/le-pluriel.html' title='Le pluriel'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-953969050433314649</id><published>2011-11-14T15:02:00.000-08:00</published><updated>2011-11-14T15:03:14.724-08:00</updated><title type='text'>Amours alcooliques</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quand elles ont bu un verre de trop, les femmes téléphonent souvent aux hommes avec leur cellulaire. Elles leur laissent des messages auxquels les hommes ne répondent pas parce qu’ils sont occupés à conduire leur voiture même s’ils ont bu un verre de trop.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous vivons dangereusement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand elles n’ont pas bu, les femmes conduisent parfois. Quand ils n’ont pas bu, les hommes conduisent en parlant au cellulaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous vivons dangereusement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand les femmes et les hommes se rencontrent, ils prennent un verre de trop ensemble. Ils conduisent la voiture ensemble, tout en parlant ensemble. Les hommes disent que les femmes devraient parler un peu moins souvent. Les femmes disent que les hommes devraient conduire un peu moins souvent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça pourrait devenir dangereux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Heureusement, ils rencontrent très souvent un ami qui ne boit pas et qui sait conduire. Cet ami sait conduire à la place de l’homme, et sait aussi parler au nom de la femme. L’homme n’écoute plus la femme. Il écoute son ami. La femme n’entre plus dans la voiture de l’homme. Elle se laisse conduire par l’ami.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça s’en vient dangereux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour, l’ami couche avec la femme. L’homme décide de ne plus parler à l’ami. La femme, elle, décide d’avoir des enfants avec l’ami. Elle n’arrête pas de boire pour autant. Son ami lui dit d’arrêter. L’homme, lui, se demande si ses amies n’accepteraient pas de coucher avec lui si elles buvaient plus souvent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les enfants de la femme naissent. L’ami leur apprend à marcher. La femme boit pour oublier que le père de ses enfants aimerait qu’elle cesse de boire. L’homme, lui, boit pour oublier qu’il n’a pas d’amis avec qui boire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est dangereux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand il voit sa femme ramper sur le plancher, l’ami se demande si elle sait encore marcher. Les enfants, eux, marchent souvent sans savoir où aller. La femme demande à l’ami de la laisser ramper vers où elle veut. L’homme, lui, à plat ventre sur son plancher, prie que les lèvres de la femme rampent jusqu’à lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça pourrait être mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La femme embrasse ses enfants. L’homme n’ose pas embrasser les enfants qui ne sont pas les siens. La femme aimerait avoir d’autres enfants. L’homme aimerait embrasser des enfants qui sont les siens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est déjà mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La femme appelle l’homme. L’homme prend sa voiture. Les enfants marchent avec leur père sur le trottoir. L’ami ne sait plus où aller. Il aurait envie de boire lui aussi, jusqu’à ramper lui aussi, mais il s’efforce de rester droit vis-à-vis de ses enfants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’homme prend la femme. L’ami se suicide. La femme achète un bouquet de fleurs pour cet ami avec qui elle a eu des enfants. L’homme, lui, garde son argent pour les enfants qu’il aura peut-être un jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’homme prend sa voiture même s’il a un peu trop bu. La femme lui parle même si elle a un peu trop bu. La femme pleure l’ami. L’homme pleure l’amie qu’il n’a jamais eu. La femme se jure que plus jamais elle n’aura d’ami. L’homme pareil, se jure que pas plus qu’aujourd’hui il n’aura d’amie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, les deux se marient en dehors des amis, en dehors des autres, et je pense que c'est là tout ce qu'ils pouvaient espérer de mieux.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-953969050433314649?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/953969050433314649/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=953969050433314649&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/953969050433314649'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/953969050433314649'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/11/amours-alcooliques.html' title='Amours alcooliques'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-8075542403859591402</id><published>2011-11-14T15:01:00.000-08:00</published><updated>2011-11-14T15:02:15.335-08:00</updated><title type='text'>Le capitalisme n'est pas plus éternel qu'un pharaon momifié dans un sarcophage</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;e suis profondément con. Ce que je n’écris pas ne prive personne de rien. Je suis profondément inutile à votre destin beau et grave que vous avez dessiné de la façon que vous l’avez imaginé. Je n’irai pas mettre mon coup de crayon dans ce fouillis, gâcher le désordre que vous tentez de construire. De toute façon, sur vos chantiers, mon coup de marteau importe peu, que je le donne sur tel ou tel clou, il sera oublié aussitôt que le clou pour lequel vous avez voté aura parlé à votre place et justifié qu'il est exactement celui-là sur lequel j'aurais aimé frapper avec mon marteau que j'aurais acheté si j’avais eu les moyens de m’en payer un.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un marteau. Je n’en ai pas. Personne ne donne de marteau à personne. C’est croche que les clous continuent à diriger alors que personne n'a les moyens de se payer un marteau pour frapper sur eux. Ils sont beaucoup trop hauts, ailleurs, dans des tours éclairées avec beaucoup d’argent que moi je n’en ai même pas assez pour prendre l'autobus jusqu'à chez Rona.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’abord si je pouvais me payer un marteau chez Rona, je le ferais avec mon argent de poche, délaissant à la caisse une partie de mon pantalon dans les poches du clou que j’aurais aimé lui clouer la face. Je me retrouverais sans culotte, tout nu, marteau dans les mains, ne sachant même pas si un jour j’aurais l’occasion de frapper la tête du clou pour lequel vous avez voté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne suis pas con. Je suis profondément con. Ceux qui n’ont pas d’argent, c’est ce qu’ils font. Ils font les cons dans les rues. Et avec raison. Les cons sur la rue, même s’ils se transforment sous l’effet parfois de drogues, parfois d'autres choses, transforment à tout le moins mieux la société que ceux intelligents qui, avec leurs mots auxquels on répond qu'ils ne sont ni clou ni marteau, n'arriveront jamais à transformer.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-8075542403859591402?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/8075542403859591402/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=8075542403859591402&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8075542403859591402'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8075542403859591402'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/11/le-capitalisme-nest-pas-plus-eternel.html' title='Le capitalisme n&apos;est pas plus éternel qu&apos;un pharaon momifié dans un sarcophage'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-8069729301076922458</id><published>2011-11-14T15:00:00.002-08:00</published><updated>2011-11-14T15:01:21.725-08:00</updated><title type='text'>New living</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;I’ve got a new living. Can’t explain it itself it’s, like it’s like a big mushroom carrot going down into my rabbit’s troat’n’hole, confusion in neck and deep under my new feet feeling like a new born animal, new between the ungrown teeth i’ve got when i’m saying i’m, ma’am i’m i, i’m like i can’t explain it myself why am i on a new living, coarse but good, butt but boot, a girl on my back booting my butt, i’m asking why christ did you throw me on this unfair earth without any boot so i ain’t got nothing to hit against that hideous girl named i don’t know the less she sounds like the bell clocking for i should return as the humain being i used to be, escaping this rabbit body i had for i’m a mushroom or a carrot, i’m telling you, if i’m carrot, i should eat myself right away; that girl no won’t eat me anyway so at least, if i eat myself, i can die thinking somebody have loved my new rabbit living, and if i’m mushroom, i’ma go give myself to that girl for she eats me in a vomit repulsion so i can eat back what she throws off on me while i’m beginning to understand what exactly love is.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Telling you. I'd be on a new living if i refused to eat what she gives me t'eat. I ain't no rabbit. Surely no carrot. No teeth. No nothing at all. Just a someting a girl with big boots thinks i am whenever she eats a carrot or a mushroom in front of me.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-8069729301076922458?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/8069729301076922458/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=8069729301076922458&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8069729301076922458'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8069729301076922458'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/11/new-living.html' title='New living'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-6803253888884493032</id><published>2011-11-14T15:00:00.001-08:00</published><updated>2011-11-14T15:00:47.747-08:00</updated><title type='text'>Billy</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’ai encore Bill un peu de pertes de mémoire, encore un peu Bill de laideur, tu es un peu encore mon meilleur ami d’enfance. J’ai encore un peu d’enfance dans l’âme je me demande, c’est qui le hochet, c’est qui l’objet de plastique que je n’arrive pas à mordre parce que je n’ai pas de dents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je t’ai perdu comme mes dents, dans une rue qu’on a attaché ma gueule derrière un autobus qu’on a roulé dedans l’école et quelques morts que je m’en sors vivant mais je ne suis plus sûr de si je suis vivant ou mort. Bill. Pas sûr de rien. Il y a eu l’accident de ton voyage loin de moi sur lequel tu ne m’es jamais revenu pour me demander comment ça va. Ceux qui sont restés n’ont jamais été mes amis. Ils me demandent si je sais écrire. Je leur réponds non, je ne fais que pas faire de fautes mais je me souviens trop bien de la faute que j’ai commise la fois que je ne t’ai pas mordu quand tu es parti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- L’avion est à trois heures et quart.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps est laid inimitable. Je t’ai perdu comme les secondes. Je deviens saoul et je t’aime parce que je deviens saoul. Je demande d’autres bières pour t’aimer plus et il y a la limite qui m’appelle je sais. Un jour je t’aimerai jusqu’à vomir dans une toilette et je scanderai encore ton nom dans le creux d’une toilette blanche devenue rougi parce que j’ai mangi du spaghetti et tout ce qui rime avec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Billy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu es mon ami. L’enfance est là. Reviens-moi enfance de hochet plastique tes dents sur les miennes on s’embrassait comme pour savoir ce que ça fait d’être embrassé et tu me disais :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ne dis jamais qu’on s’est embrassés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Billy mon ami je l’ai dit, que je pense à toi et que tu ne voulais pas que je le dise. Tu t’es sauvé. T’es aux hommes ou aux femmes, ou à l’enfance, à moi, si t’étais à moi tu serais là à jouer à ce qu’on jouait des bonhommes de neige qui se battaient après quoi ils ne s’embrassaient pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Billy. On s’embrassait pas. Je le dis qu’on ne s’embrassait pas. Reviens-moi.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-6803253888884493032?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/6803253888884493032/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=6803253888884493032&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6803253888884493032'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6803253888884493032'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/11/billy.html' title='Billy'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-4313773481347299569</id><published>2011-11-14T14:39:00.000-08:00</published><updated>2011-11-14T14:40:32.590-08:00</updated><title type='text'>Dove Story (Vous avez des humains)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Dans les douches, vous avez de l’eau, du savon, des serviettes. Aussi, vous avez des humains, séparés les uns des autres par des cloisons. Plus encore que d’être vus, ce que redoutent vos humains, c’est de voir leur voisin. Du moment que l’un observe l’autre, l’autre l’afflige d’une morsure qui parfois s’avère mortelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’agressivité de vos humains tient à la crainte de se faire dérober leur savon. Aucun autre objet n’est plus précieux que celui-là. Il leur sert à quantifier le temps qu’il leur reste avant de retourner au dortoir. Tant que leur bloc n’est pas complètement dissout, ils ont la permission de rester sous l’eau. C’est une règle que les plus futés savent déjouer en récupérant les morceaux de savon tombés par terre, à partir desquels ils fabriquent d’autres savons. Leur réticence à l’endroit du dortoir s’explique par le fait qu’ils y sont contraints de dormir les uns avec les autres. Des suites de cette proximité obligée, bon nombre d’entre eux meurent, étranglés par les insomniaques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le dortoir, une sélection naturelle s’opère, et cela en dépit de vos pouvoirs : du moment que l’un de vos humains plie les genoux pour se reposer, sitôt a-t-il les yeux fermés que les insomniaques les lui dévorent, convaincus que l’ingestion d’yeux de dormeurs suffit à vaincre la fatigue. Ils disposent ensuite le corps de la victime par-dessus les autres, dans un coin du dortoir. C’est de cette pile nauséabonde que se dégage l’odeur dont ils tentent de se débarrasser, le matin, dans les douches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les matins, en sortant du dortoir, vos survivants trouvent un panier de savons près de la porte. Le nombre de savons y est toujours équivalent au nombre de survivants. Personne n’a jamais vu l’humain qui distribue les paniers de savons. Il le fait à l’insu de tous. Sa capacité de prédire le nombre de survivants qu’il y aura le matin est pour le moins déconcertante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vos humains se partagent les savons du panier sans se disputer. C’est une fois dans les douches, quand ils ouvrent les robinets, que l’agressivité s’installe. Le nuage que crée la vapeur d’eau est si épais que personne ne peut y voir personne. Ainsi, n’importe qui peut dérober le savon d’un autre, et ce, dans le parfait anonymat. Vous êtes le seul à voir vos humains à travers la vapeur. Quand l’un d’eux échappe un savon par terre, tous se mettent à ramper, couverts de mousse, à la recherche du savon perdu. Dès qu’ils s’en approchent, vous faites glisser le savon un peu plus loin avec votre pied. Ça vous fait rire, de les voir ramper jusqu’à ce qu’ils prennent froid. C’est lorsqu’ils retournent sous leurs jets d’eau respectifs que vous ajoutez le savon perdu à ceux que vous accumulez déjà, dans la poche de votre pantalon. L’humain qui a perdu son savon, lui, s’agenouille. Il baisse la tête et prie pour que vous le lui redonniez, mais vous faites semblant de ne pas l’entendre. Sa vie ne vaut pas un savon. Si j’étais vous, je ne le laisserais pas en gaspiller davantage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Statistiquement, d’après vos observations, les humains pieux sont les premiers à mourir. La poubelle près de la porte est remplie de miroirs que vous pourriez utiliser comme autant d’objets tranchants. Le pouvoir de tuer vous appartient. Les statistiques indiquent que le deuxième humain à mourir sera celui qui essaie de se laver sans se mouiller les cheveux. Il secoue la tête en psalmodiant des phrases que personne ne comprend. Il élabore des théories d’après lesquelles il infère que les humains ayant le plus de chances de survivre sont ceux qui ne se mouillent pas les cheveux. Il est malade. Persuadé d’avoir découvert un remède contre la mort, il se départira bientôt de son savon. C’est une question de temps avant que les autres l’imitent et que l’absurdité se propage parmi tous vos humains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les savons tombent. Vous vous en mettez plein les poches. Plutôt que de remettre de l’ordre dans vos humains, vous coupez l’eau froide. Vos humains s’ébouillantent. Ils vous demandent pardon. Ils jurent qu’ils n’élaboreront plus de fausses théories. Leurs cris se transforment en un sifflement qui, peu à peu, devient silence. Vos humains meurent. Un seul survit à votre châtiment. Étonnamment, il tient encore debout. Il n’en a plus pour longtemps. Ses paupières sont lourdes. Cette nuit, il dormira. Je le prédis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Votre dernier survivant, vous choisissez de l’appeler Perruq. Vous dites que ce nom lui convient parfaitement et que vous n’hésiteriez pas à me mordre si j’osais rire de votre choix. Nous ne nous battrons pas. Vous avez le pouvoir d’attribuer le nom que vous voulez à votre humain. Le seul pouvoir que vous ne détenez pas, c’est celui de prolonger votre vie durant un laps de temps supérieur à celui que j’ai prédit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré la fatigue, Perruq rampe au sol. Il cherche le savon qu’il a laissé tomber. Cette fois, vous ne riez pas. Vous vous agenouillez devant lui. Votre comportement est risqué. Il pourrait remarquer votre présence. Du revers de la main, vous faites glisser le savon vers lui. Il le saisit et, sous l’emprise d’une incompréhensible loyauté, s’en retourne bouillir sous votre jet d’eau bouillante. Tôt ou tard, le savon de Perruq sera dissout. Que ferez-vous, lorsqu’il regagnera, seul, le dortoir dont il sera l’unique maître; lorsqu’il pliera les genoux et s’endormira?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses jambes, affaiblies par la fatigue, ont peine à le porter jusqu’au dortoir. Sitôt arrivé, Perruq s’endort. Le matin, il se réveille, mais plutôt que d’ouvrir la porte du dortoir, il se rendort. Vous l’avez tant fait souffrir sous la douche que, sachant que l’eau y est désormais bouillante, il préfère endurer l’odeur des cadavres que d’y retourner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La survie de Perruq vous aura été utile à conserver la certitude qu’il y aura, chaque matin, un nouveau savon au fond du panier. Ainsi, vous avez le loisir de vous doucher sans craindre le regard des autres. Lorsque vous échappez votre savon, personne ne rit de vous. Vous ne rampez jamais plus loin que le banc sur lequel vous avez déposé votre pantalon. C’est de là que vous soutirez d’autres savons, de sorte que personne ne puisse vous voir ramper. Personne ne vous voit. Dans la victoire et la solitude, vous ne craignez rien. Pour peu que les douches ne soient investies de nouveaux humains, vous croyez ne rien craindre. Mais un jour, je vous le prédis : ma présence fera glisser la vôtre, et votre crainte alors sera celle de ne plus croire à rien.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-4313773481347299569?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/4313773481347299569/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=4313773481347299569&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4313773481347299569'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4313773481347299569'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/11/dove-story-vous-avez-des-humains.html' title='Dove Story (Vous avez des humains)'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-2196736662399523474</id><published>2011-09-30T02:47:00.001-07:00</published><updated>2011-09-30T02:47:53.665-07:00</updated><title type='text'>Les savants de la communication</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’intelligence ne m’intéresse plus. Le raisonnement est devenu pour moi une chose indigne de toute considération : à chacun sa raison, à chacun ses neurones, je me dis, et je pense que les trajets cérébraux que la raison emprunte ne provoqueront jamais l’illumination que l’on espère générer par une phrase, un mot, une bêtise.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La bêtise de l’un l’emportera toujours sur l’intelligence de l’autre, et vice-versa. Il n’y a pas de compromis possible. Les mots n’y peuvent rien, les arguments non plus. Jamais un humain n’acceptera d’adhérer au fonctionnement du cerveau d’un autre. Puisque le cerveau est ce qui nous définit en tant qu’être vivant, adhérer à la pensée d’un autre, c’est aller à l'encontre de notre survie.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ni l’idiot ni le savant ne prendront le risque de mettre leur cerveau entre les mains de qui que ce soit. Dès lors que nous entrons en communication, il y a cette hiérarchie qui s’invente, plaçant l’émetteur au rang du savant et le récepteur au rang de l’idiot. Les deux s’échangent, se battent afin de renverser les pôles, mais au bout du compte, l’un et l’autre demeureront toujours, dans leurs têtes respectives, savants impermutables.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Aucun être sur terre ne se qualifiera jamais d’idiot. Et c’est bien le problème, je pense, et c’est bien pourquoi jamais nous ne pourrons communiquer ensemble. Nous sommes tous des savants à la recherche d’idiots à qui parler. C’est un monde où les mots sont incapables de se reproduire par la parole.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Parfois, oui, nous pensons avoir trouvé l’idiot dont nous avions besoin. Il n’a pas d’études, pas d’idées, pas d’ambitions. Il est le sujet parfait, pur et pauvre, à qui nous pourrons parler avec la satisfaction de croire que nous sommes en mesure de tout lui apprendre. Nous le traiterons d’idiot, de temps à autres, en chuchotant, tout en le gardant de l’humiliation du monde qui sévira un jour ou l’autre, nous le savons, sur ses épaules.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous l’aiderons à être devenir mieux qu’idiot. Nous transformerons son cerveau, puisqu’il nous en laisse l’accès, afin qu’il puisse devenir aussi savant que nous le sommes. Nous entrerons littéralement dans son cerveau pour corriger ce qui ne va pas. Tout en l’améliorant vers le meilleur, nous prendrons conscience au passage des liens logiques qui se créent d’une façon toute spéciale chez lui.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous lui poserons des questions, auxquelles il pourra répondre, et puis nous dirons des mots qu’il ne comprendra pas. Son incompréhension nous déconcertera, évidemment. Nous le battrons avec des mots ou des armes, qui sait, nous le tuerons peut-être, et une fois qu’il sera mort, nous continuerons à marcher, à la recherche de l’idiot idéal qui ne sera pas apte à comprendre le fonctionnement de notre superbe cerveau mais qui saura y répondre avec de vraies réponses.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C'est ça, l'intelligence.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-2196736662399523474?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/2196736662399523474/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=2196736662399523474&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/2196736662399523474'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/2196736662399523474'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/les-savants-de-la-communication.html' title='Les savants de la communication'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-7062918730278308740</id><published>2011-09-30T02:46:00.000-07:00</published><updated>2011-09-30T02:47:05.659-07:00</updated><title type='text'>Amours alcooliques</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quand elles ont bu un verre de trop, les femmes téléphonent souvent aux hommes avec leur cellulaire. Elles leur laissent des messages auxquels les hommes ne répondent pas parce qu’ils sont occupés à conduire leur voiture même s’ils ont bu un verre de trop.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous vivons dangereusement.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quand elles n’ont pas bu, les femmes conduisent parfois. Quand ils n’ont pas bu, les hommes conduisent en parlant au cellulaire.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous vivons dangereusement.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quand les femmes et les hommes se rencontrent, ils prennent un verre de trop ensemble. Ils conduisent la voiture ensemble, tout en parlant ensemble. Les hommes disent que les femmes devraient parler un peu moins souvent. Les femmes disent que les hommes devraient conduire un peu moins souvent.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ça pourrait devenir dangereux.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Heureusement, ils rencontrent très souvent un ami qui ne boit pas et qui sait conduire. Cet ami sait conduire à la place de l’homme, et sait aussi parler au nom de la femme. L’homme n’écoute plus la femme. Il écoute son ami. La femme n’entre plus dans la voiture de l’homme. Elle se laisse conduire par l’ami.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ça s’en vient dangereux.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Un jour, l’ami couche avec la femme. L’homme décide de ne plus parler à l’ami. La femme, elle, décide d’avoir des enfants avec l’ami. Elle n’arrête pas de boire pour autant. Son ami lui dit d’arrêter. L’homme, lui, se demande si ses amies n’accepteraient pas de coucher avec lui si elles buvaient plus souvent.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les enfants de la femme naissent. L’ami leur apprend à marcher. La femme boit pour oublier que le père de ses enfants aimerait qu’elle cesse de boire. L’homme, lui, boit pour oublier qu’il n’a pas d’amis avec qui boire.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est dangereux.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quand il voit sa femme ramper sur le plancher, l’ami se demande si elle sait encore marcher. Les enfants, eux, marchent souvent sans savoir où aller. La femme demande à l’ami de la laisser ramper vers où elle veut. L’homme, lui, à plat ventre sur son plancher, prie que les lèvres de la femme rampent jusqu’à lui.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ça pourrait être mieux.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La femme embrasse ses enfants. L’homme n’ose pas embrasser les enfants qui ne sont pas les siens. La femme aimerait avoir d’autres enfants. L’homme aimerait embrasser des enfants qui sont les siens.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est déjà mieux.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La femme appelle l’homme. L’homme prend sa voiture. Les enfants marchent avec leur père sur le trottoir. L’ami ne sait plus où aller. Il aurait envie de boire lui aussi, jusqu’à ramper lui aussi, mais il s’efforce de rester droit vis-à-vis de ses enfants.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’homme prend la femme. L’ami se suicide. La femme achète un bouquet de fleurs pour cet ami avec qui elle a eu des enfants. L’homme, lui, garde son argent pour les enfants qu’il aura peut-être un jour.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’homme prend sa voiture même s’il a un peu trop bu. La femme lui parle même si elle a un peu trop bu. La femme pleure l’ami. L’homme pleure l’amie qu’il n’a jamais eu. La femme se jure que plus jamais elle n’aura d’ami. L’homme pareil, se jure que pas plus qu’aujourd’hui il n’aura d’amie.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Enfin, les deux se marient en dehors des amis, en dehors des autres, et je pense que c'est là tout ce qu'ils pouvaient espérer de mieux.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-7062918730278308740?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/7062918730278308740/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=7062918730278308740&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/7062918730278308740'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/7062918730278308740'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/amours-alcooliques.html' title='Amours alcooliques'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-8954021203205217895</id><published>2011-09-30T02:45:00.002-07:00</published><updated>2011-09-30T02:46:29.854-07:00</updated><title type='text'>Clous démocratiques</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je suis profondément con. Ce que je n’écris pas ne prive personne de rien. Je suis profondément inutile à votre destin beau et grave que vous avez dessiné de la façon que vous l’avez imaginé. Je n’irai pas mettre mon coup de crayon dans ce fouillis, gâcher le désordre que vous tentez de construire. De toute façon, sur vos chantiers, mon coup de marteau importe peu, que je le donne sur tel ou tel clou, il sera oublié aussitôt que le clou pour lequel vous avez voté aura parlé à votre place et justifié qu'il est exactement celui-là sur lequel j'aurais aimé frapper avec mon marteau que j'aurais acheté si j’avais eu les moyens de m’en payer un.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Un marteau. Je n’en ai pas. Personne ne donne de marteau à personne. C’est croche que les clous continuent à diriger alors que personne n'a les moyens de se payer un marteau pour frapper sur eux. Ils sont beaucoup trop hauts, ailleurs, dans des tours éclairées avec beaucoup d’argent que moi je n’en ai même pas assez pour prendre l'autobus jusqu'à chez Rona.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;D’abord si je pouvais me payer un marteau chez Rona, je le ferais avec mon argent de poche, délaissant à la caisse une partie de mon pantalon dans les poches du clou que j’aurais aimé lui clouer la face. Je me retrouverais sans culotte, tout nu, marteau dans les mains, ne sachant même pas si un jour j’aurais l’occasion de frapper la tête du clou pour lequel vous avez voté.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je ne suis pas con. Je suis profondément con. Ceux qui n’ont pas d’argent, c’est ce qu’ils font. Ils font les cons dans les rues. Et avec raison. Les cons sur la rue, même s’ils se transforment sous l’effet parfois de drogues, parfois d'autres choses, transforment à tout le moins mieux la société que ceux intelligents qui, avec leurs mots auxquels on répond qu'ils ne sont ni clou ni marteau, n'arriveront jamais à transformer.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-8954021203205217895?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/8954021203205217895/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=8954021203205217895&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8954021203205217895'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8954021203205217895'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/clous-democratiques.html' title='Clous démocratiques'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-8292785672642994951</id><published>2011-09-30T02:45:00.001-07:00</published><updated>2011-09-30T02:45:37.126-07:00</updated><title type='text'>Sur l'imagination</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mon imagination ne fait pas d’histoires. Elle crée des possibilités. Il y a une différence. Si j’avais le choix de me marier avec quelque chose, ce serait avec mon imagination. Je lui ferais l’amour comme à des milliers de monstres, après quoi elle accoucherait de milliers de romans à qui je dirais de sortir de chez moi : mes chers petits romans, je vous le dirais comme ça, que je n’attendrai pas que vous sachiez marcher pour vous mettre sous la pluie, pour voir si dehors vos pages mouillées savent encore trouver les mots pour dire à votre maman que vous l’aimiez.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je sais qu'évidemment ma dame imagination ne me laisserait pas vous mettre à la porte comme ça. Chaque fois que j’écris, elle intervient sur moi pour ne me laisser imaginer que ce qui s’imagine. Elle joue avec mes mots, ma boue et mes ordures, puis elle nettoie la crasse entre mes doigts comme si elle m’aimait, comme si elle avait le plan intime de me rendre meilleur.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je le dis quand même : je ne veux pas de roman. Un roman est un film où il n’y a que des sous-titres, un truc auquel il manque un autre truc. Je n’en veux pas, d’enfants. Je ne veux pas écrire que je ne veux pas d’enfants, je veux écrire que je ne veux pas écrire de roman. Voilà.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-8292785672642994951?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/8292785672642994951/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=8292785672642994951&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8292785672642994951'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8292785672642994951'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/sur-limagination.html' title='Sur l&apos;imagination'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-8221144302537230670</id><published>2011-09-30T02:44:00.000-07:00</published><updated>2011-09-30T02:45:06.921-07:00</updated><title type='text'>New living</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;I’ve got a new living. Can’t explain it itself it’s, like it’s like a big mushroom carrot going down into my rabbit’s troat’n’hole, confusion in neck and deep under my new feet feeling like a new born animal, new between the ungrown teeth i’ve got when i’m saying i’m, ma’am i’m i, i’m like i can’t explain it myself why am i on a new living, coarse but good, butt but boot, a girl on my back booting my butt, i’m asking why christ did you throw me on this unfair earth without any boot so i ain’t got nothing to hit against that hideous girl named i don’t know the less she sounds like the bell clocking for i should return as the humain being i used to be, escaping this rabbit body i had for i’m a mushroom or a carrot, i’m telling you, if i’m carrot, i should eat myself right away; that girl no won’t eat me anyway so at least, if i eat myself, i can die thinking somebody have loved my new rabbit living, and if i’m mushroom, i’ma go give myself to that girl for she eats me in a vomit repulsion so i can eat back what she throws off on me while i’m beginning to understand what exactly love is.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Telling you. I'd be on a new living if i refused to eat what she gives me t'eat. I ain't no rabbit. Surely no carrot. No teeth. No nothing at all. Just a someting a girl with big boots thinks i am whenever she eats a carrot or a mushroom in front of me.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-8221144302537230670?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/8221144302537230670/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=8221144302537230670&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8221144302537230670'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8221144302537230670'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/new-living.html' title='New living'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-2607931400651254773</id><published>2011-09-30T02:43:00.000-07:00</published><updated>2011-09-30T02:44:34.332-07:00</updated><title type='text'>Billy</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’ai encore Bill un peu de pertes de mémoire, encore un peu Bill de laideur, tu es un peu encore mon meilleur ami d’enfance. J’ai encore un peu d’enfance dans l’âme je me demande, c’est qui le hochet, c’est qui l’objet de plastique que je n’arrive pas à mordre parce que je n’ai pas de dents.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je t’ai perdu comme mes dents, dans une rue qu’on a attaché ma gueule derrière un autobus qu’on a roulé dedans l’école et quelques morts que je m’en sors vivant mais je ne suis plus sûr de si je suis vivant ou mort. Bill. Pas sûr de rien. Il y a eu l’accident de ton voyage loin de moi sur lequel tu ne m’es jamais revenu pour me demander comment ça va. Ceux qui sont restés n’ont jamais été mes amis. Ils me demandent si je sais écrire. Je leur réponds non, je ne fais que pas faire de fautes mais je me souviens trop bien de la faute que j’ai commise la fois que je ne t’ai pas mordu quand tu es parti.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- L’avion est à trois heures et quart.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le temps est laid inimitable. Je t’ai perdu comme les secondes. Je deviens saoul et je t’aime parce que je deviens saoul. Je demande d’autres bières pour t’aimer plus et il y a la limite qui m’appelle je sais. Un jour je t’aimerai jusqu’à vomir dans une toilette et je scanderai encore ton nom dans le creux d’une toilette blanche devenue rougi parce que j’ai mangi du spaghetti et tout ce qui rime avec.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Billy.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Tu es mon ami. L’enfance est là. Reviens-moi enfance de hochet plastique tes dents sur les miennes on s’embrassait comme pour savoir ce que ça fait d’être embrassé et tu me disais :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ne dis jamais qu’on s’est embrassés.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Billy mon ami je l’ai dit, que je pense à toi et que tu ne voulais pas que je le dise. Tu t’es sauvé. T’es aux hommes ou aux femmes, ou à l’enfance, à moi, si t’étais à moi tu serais là à jouer à ce qu’on jouait des bonhommes de neige qui se battaient après quoi ils ne s’embrassaient pas.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Billy. On s’embrassait pas. Je le dis qu’on ne s’embrassait pas. Reviens-moi.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-2607931400651254773?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/2607931400651254773/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=2607931400651254773&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/2607931400651254773'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/2607931400651254773'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/billy.html' title='Billy'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-5215925354137337692</id><published>2011-09-30T02:41:00.004-07:00</published><updated>2011-09-30T02:43:50.129-07:00</updated><title type='text'>Poursuites fictives</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je suis encore sorti de chez moi aujourd’hui. Je m’excuse de l’avoir fait. Je ne sais pas à qui je dois m’excuser, mais je m’excuse quand même. C’est la deuxième fois ce mois-ci que je ne sais pas pourquoi je m’obstine à sortir. Il n’y a pourtant rien à voir dehors sinon les autobus, des humains qui attendent l’autobus et des abris-bus qui attendent que des pigeons leur défèquent sur les toits.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Chaque fois que je sors, c’est la même chose : le bruit des foules me prend à la gorge et je suis, parmi tous les humains que je croise, le seul à se révolter contre le bruit que ça cause quand leurs jambes avancent trop vite et que j’aimerais les amputer afin qu’elles ralentissent à une vitesse synchronisée sur la mienne.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Aujourd’hui, j’ai pris le transport en commun. Je me suis commis dans le centre-ville pour rencontrer Louis Gerog. Il est éditeur je pense, qu’il voulait me rencontrer pour publier un texte que j’avais écrit il y a de ça longtemps, dans mon enfance, les luttes maternels qui me remontent constamment et que je pourrais faire de l’argent si j’imprimais tout ce dont je me souviens quand je pense à ce que j’ai vécu, moi, moi qui n’ai rien vécu vraiment.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je marchais dans le centre-ville les poings plus fermés qu’une serrure de banquier. Le bruit des gorges qui se saluaient à la sortie des édifices m’ont coupé le souffle. J’ai failli mourir. Je le dis que je repense à ma mère, à mon père, qui eux n’ont pas failli mourir. Louis Gerog m’a dit de respirer :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Nous n’allons pas mourir, il a dit. Nous allons discuter du texte que tu as écrit. Nous n’allons pas discuter de toutes les feuilles des arbres qui défilent plus vite que les pieds de ceux intelligents qui ont quelque part où aller dans des autobus sur la rue.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les autobus ne l’intéressaient pas. Il m’a remis un texte sur du papier très blanc, avec des lettres dessus, imprimées à l’ordinateur. J’ai lu. J’ai dit c’est bon mais est-ce que je peux retourner chez moi maintenant. Il a dit non :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Le texte que tu viens de lire n’est pas tout à fait bon.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alors dites-le à l’auteur, j’ai dit, qu’il en écrive un meilleur.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C’est toi, l’auteur.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alors j’en écrirai un autre. Un jour. J’en écrirai d’autres. Ce n’est pas un problème. Maintenant il faut vraiment que je me sauve.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- J’aimerais que tu changes la fin de ton texte, et que tu corriges les quelques erreurs de syntaxe, et que tu ajoutes une histoire, un suspens, un peu d’amour, un tout petit peu...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’ai poussé les chaises. J’ai couru dans les rues du centre-ville. C’était pareil que de courir sur les ravages d’une bombe atomique. Je n’étais ni Allemand ni Américain et tout le monde mourait mais vivait. C’était incompréhensible que je courais sans être poursuivi mais que je me sauvais de ceux qui me poursuivaient.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Louis Gerog ne m’a pas poursuivi. Il aurait pu me poursuivre. Il aurait pu le faire. Je ne saurais pas vous dire pourquoi il l’aurait fait, mais s’il l’avait fait, j’aurais simplement dit qu’il était comme ça. Louis Gerog. Un homme qui poursuit les gens pour les tuer. Ça existe. Mais il ne m’a pas tué. S’il l’avait fait, je ne serais pas en train d’écrire qu’il aurait pu le faire. Je serais mort et je n’écrirais rien du tout. Je flotterais dans l’air, fantôme et néant à travers les autobus.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je suis rentré chez moi. Je me suis excusé d’être sorti. Je me suis juré que plus jamais je ne ressortirais. Louis Gerog m’attend peut-être encore au centre-ville. Il garde peut-être espoir que je corrige mon texte, que j’y ajoute une histoire, avec du suspens et des trains de banlieue. Louis Gerog est peut-être mort maintenant, aussi, comme ça arrive souvent même dans les meilleures familles.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les mots saccadent mon stylo comme les poignets de maman quand elle était malade. Je ne vois rien à corriger. Je ne vois pas d’histoires à ajouter. Même si j’en ajoutais une, qu’est-ce que vous en auriez à foutre, que Louis Gerog se soit suicidé, ou qu’il ait demandé à sa soeur de le tuer, et qu’elle ait accepté de le faire; vous en auriez quoi à foutre qu’elle le tue par amour, et qu’elle ne dise pas un mot au moment où le couteau fait ce qu’il a à faire?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C’est ridicule, vous diriez. Pourquoi aurait-elle accepté de tuer son frère? Quelles étaient ses motivations?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Aucune. Elle était comme ça. Lucia Gerog. Il n'y a rien à justifier. Ne jouez pas aux cons avec moi. Ne faites pas semblant de croire aux histoires que j’invente. Vous le savez que c’est moi l’auteur. Vous le savez que tout n’est que fiction, qu’aucun personnage n’a besoin de motivation pour accomplir une saloperie, que tous font ce qu’ils ont à faire parce que j’ai voulu qu’ils le fassent et si ça vous emmerde, vous n’avez qu’à cesser de lire. Sauvez-vous. Vite. Je ne vous poursuivrai pas. Et je n’en ferai pas d’histoires.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-5215925354137337692?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/5215925354137337692/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=5215925354137337692&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5215925354137337692'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5215925354137337692'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/poursuites-fictives.html' title='Poursuites fictives'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-3874425711543624093</id><published>2011-09-30T02:41:00.003-07:00</published><updated>2011-09-30T02:41:57.442-07:00</updated><title type='text'>Le balai à boeuf</title><content type='html'>Je pense que je deviens fou que je ris pour rien et m’enferme dans les toilettes publiques parfois quand HAHA ça ne va pas vous avez vu, j’ai ri pour rien encore, comme un tique nerveux, il y en a certains qui frottent leurs mains dans leurs culottes, d’autres qui foutent leurs doigts dans leur nombril moi je ris, HAHA ça me prend même quand ce n’est pas drôle, quand c’est triste que j’ai perdu Jouvence la petite femme de ma vie partie s’en aller quitter déguerpir trouver (je peux vous en dire des milliers d’étoiles en forme de verbes comme celles-là filantes que je trouve parfois dans mon jardin tout juste tout près des tomates que j’arrose une fois semaine mais quatorze fois par mois, allez savoir comment je fais tout ça avec un seul arrosoir) ailleurs des histoires moins drôles que la mienne que pourtant je m’efforçais de rire pour lui faire croire que c’était drôle quand elle saignait du coin de la lèvre dans le coin de la chambre que je l’avais percutée avec un balai à boeuf HAHA vous vous demandez, vlan, ce qu’est un balai à boeuf eh bien je ne vous le direz pas, parce que je suis comme ça, vlan, mes cachotteries sont mes mystères, et mes mystères me rendent drôle incroyable perruque sur la tête et langue sortie comme ça, ALLLLAAAAH, je lèche souvent le plafond pour rire encore plus fort, je le lèche jusqu’au ciel et c’est peut-être, je pense, la raison justement pour laquelle Jouvence m’a quitté oui c’est vrai elle m’a dit une fois qu’elle me trouvait curieux sur un tapis marbré de motifs genre âne de scander le plafond jusqu’au ciel dans l’espoir que ce dernier m’eusse donné la force de parvenir à mes fins extrêmes, je veux dire, frapper ma jolie femme avec un balai à boeuf HAHA et la première à s’être demandé ce qu’est un balai à boeuf, ce n’est pas vous (non vous n’avez rien d’original dans la pensée, tout ce que vous avez réfléchi, quelqu’un d’autre aurait pu y réfléchir à votre place, tout ce qu’il faut, c’est naître au bon moment, au bon endroit, et l’évolution étant ce qu’elle est, oui il arrive que certains humains inventent certains objets qui auparavant n’existaient pas), c’est Jouvence, la dulcinée splendide qui m’a demandé à quoi ressemblait un balai à boeuf et la seule chose que j’ai osé lui montrer, c’est ma main avec laquelle je lui ai tapé le visage en lui disant : oui, le balai à boeuf fonctionne aussi avec les vaches HAHA et j’ai ri, j’ai ri et je n’ai jamais cessé depuis.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-3874425711543624093?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/3874425711543624093/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=3874425711543624093&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/3874425711543624093'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/3874425711543624093'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/le-balai-boeuf.html' title='Le balai à boeuf'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-4610850663421968145</id><published>2011-09-30T02:41:00.001-07:00</published><updated>2011-09-30T02:41:19.910-07:00</updated><title type='text'>Les fourchettes de Naomia</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Naomia est belle comme quinze pieds nus, quinze nez blancs de neige froide quand elle respire sous ses yeux ce qu’elle voit. Elle respire moi, et je la regarde moi aussi.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle dit qu’elle aimerait devenir cuisinière dans un restaurant que je ne connais pas mais que je m’en fous. Je ne crois pas qu’elle ait de véritable talent en cuisine. Je me demande si elle saurait faire griller une tranche de pain dans un grille-pain qui n’est pas branché. Je ne crois pas que ses mains soient faites pour brancher un grille-pain. Elle a des mains de serpent. Je veux dire qu’elle n’en a pas.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;ELLE N’A PAS DE MAINS.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle n’a pas de bras non plus. Elle les a perdus à la naissance : « À la naissance, on peut perdre un nombril, on peut perdre une mère, un père, mais des bras hahaha allez savoir, la naissance est quelque chose d'incontrôlable qui nous suit toute notre vie. »&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est avec sa bouche qu’elle noue son tablier derrière son dos. Vous pouvez la voir pliée en deux comme ça comme elle est belle n’est-ce pas. Elle serait deux fois plus belle dans un cirque je trouve; un cirque que je n'ai jamais trouvé mais où elle aurait pu faire toutes les acrobaties dont elle est capable. Je pense. Je pense que c'est dans la cuisine qu'elle est idiote. Elle refait chaque soir la même soupe que la veille : un bouillon de poulet acheté à l’épicerie dans lequel elle ajoute des nouilles.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle prend le sac de nouilles entre ses dents et le verse dans le chaudron. Elle dit qu’elle a toutes les recettes du monde dans un livre, caché quelque part, dans une armoire très haute qu’elle ne peut atteindre. Je suis là, pourtant, moi, et j’ai des bras. Je pourrais l’aider à transporter un tabouret afin qu’elle y monte jusqu’à l’armoire. Mais non, elle ne veut pas. Évidemment, elle préfère danser sur les chansons qu’elle chante :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- La colombe est belle, le sang sur les ailes, je suis belle lalala, et pas de plumes sur les bras, les épaules et cetera, ya ya ya.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle lève la jambe. Moi, c’est ma moustache qui lève. Je pense à mes poils sur ses jambes :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Chérie, tu m'écoutes? Je te parle de jambes poilues. Et ça me dégoûte et ça m’attire, comme si je ne savais plus ce que je voulais, qui je veux et qui je suis, et c’est ça le suprême sentiment de l’amour.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Le sentiment suprême de l’amour! elle crie mes mots en les mélangeant et ça la fait rire de tourner son pied dans les airs, et de l’autre pied, de l’autre pied que voulez-vous qu’elle fasse. Que voulez-vous que je fasse? elle vous demande. Je tiens mon équilibre, mes chéries!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle ne me parle pas. Là. Elle vous parle à vous. Elle a de l’affection pour les objets mais pas pour moi. Vous n’êtes que des fourchettes, je sais. Je sais que vous la désirez vous aussi. Vous aimeriez piquer dans sa chair tendre et goûter sa respiration quand elle danse. Je me demande franchement comment tout ça va finir. Je pense que vous allez finir dans sa bouche à elle et moi, seul avec ma moustache aux bouts des doigts, je ne mangerai pas. Je ne mange jamais. Je préfère la regarder danser sur la céramique que j’ai installée il y a deux ans de ça quand nous avons emménagés ensemble et elle s’en fout.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;VOICI L’HISTOIRE D'ELLE AVAIT ACCEPTÉ D'EMMÉNAGER AVEC MOI À CONDITION QUE JE FASSE QUELQUES RÉNOVATIONS DANS L'APPARTEMENT :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’ai fait les rénovations qu’elle a voulues. Tout se déroulait comme prévu, jusqu’au jour où vous êtes arrivées. Sales fourchettes. Je ne sais pas pourquoi la mère de Naomia a décidé de vous porter ici comme un cadeau. Si je n’avais pas jeté mes vieilles fourchettes à la poubelle, laissez-moi vous dire que vous ne seriez plus là. Mes fourchettes à moi auraient su vous tordre les dents jusqu’au sang. Elles vous auraient fait la peau. LA PEAU QUE VOUS N’AVEZ PAS HAHA.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Veux-tu une ou deux fourchettes mon chéri? Naomia me parle à moi.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Chut. Elle me parle à moi. Évidemment, puisque vous êtes vous-mêmes des fourchettes (hum hum : si elle vous avait demandé si vous vouliez deux fourchettes, elle vous aurait demandé si vous vouliez deux de vous-mêmes, et ce n’est pas ce qu’elle a demandé).&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle a dit :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Tu ne me réponds pas?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Si j’étais deux fois moi, j’ai dit, m’aimerais-tu deux fois plus?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui. Mais aussi, je te détesterais deux fois plus.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alors ce qu’il faut savoir, c’est combien tu m’aimes et combien tu me détestes.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je t’aime comme dix.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Dix quoi?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je ne sais pas. Dix fourchettes.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Et tu me détestes comme quoi?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Dix cuillères.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alors c’est égal?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Qu’est-ce qu’on mange ce soir?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- De la soupe.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce soir, vous resterez dans vos tiroirs. ON MANGE DE LA SOUPE! Je ne veux pas vous voir. Je ne veux voir qu’une chose : Naomia qui trempe ses orteils dans sa soupe. Elle les trempe puis les déguste dans sa bouche. Ce soir, je ne mangerai ma soupe que si j'arrive à la goûter elle.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle dit :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Mais il faudra des couteaux pour couper le pain.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Des couteaux? D’accord. J'ouvre le tiroir. Je prends les couteaux.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Et des fourchettes.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non! J'échappe les couteaux.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Pourquoi tu échappes les couteaux?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Toi, pourquoi tu veux des fourchettes?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Il faudra des fourchettes pour faire joli sur la table. Une table sans fourchette, c’est comme la jupe sans talons hauts. Il manque quelque chose.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je trouve ça très beau ta jupe sans talons hauts.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Mes pieds sont laids.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui, mais toi au moins tu en as. Des pieds. Moi je les ai perdus à la naissance.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;HAHA LA NAISSANCE QUE C’EST HORRIBLE MAIS QUE JE VIS AVEC.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle a mis ses talons hauts. Elle a pris un rouleau de papier adhésif. Sur chacune de ses épaule, elle a scotché une fourchette.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Tu pourrais t'en fabriquer, elle a dit, des pieds avec des spatules. Regarde-moi, je me suis collé des fourchettes à la place des bras. Ils ne sont pas doux mes bras, mais au moins j'en ai.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ils piquent, tes bras. Ils veulent me crever les yeux. Tes bras. Je ne les aime pas tes faux bras.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Et toi des jambes tu n'en as pas.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je n’en veux pas.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alors tu ne me veux pas.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je veux jouer à mon jeu vidéo.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;BOUM. BOUM. DANS MON JEU VIDÉO, C'EST LA BELLE FICTION. J’AI DES JAMBES YEAH!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Naomia est venue s'assoir sur moi. Ses jambes pendaient au bout de mes cuisses. De loin, l’illusion était parfaite. Vous avez vu ça? C’est comme si ses jambes étaient les miennes. Ses jambes faisaient les miennes, et mes bras faisaient les siens. Nous ne faisions qu’un. Nous n’avions plus besoin de fourchettes.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;NOUS N’AVIONS PLUS BESOIN DE VOUS!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’ai dit :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Tu n’as plus besoin de tes fourchettes. Range-les dans les tiroirs et allons manger ta soupe.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Mais j’adore couper le pain au couteau, et piquer le pain à la fourchette, et mettre le pain dans ma soupe, et manger mon pain à la cuillère...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Tu n'as pas de bras pour tenir les ustensiles! Tu fais toujours tout tomber sur la céramique! La céramique que j’ai faite il y a de ça un mois! Un an! Deux ans!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- J’adore l'acier des ustensiles sur la douceur de la nappe...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Tu renverses toujours ta soupe sur la nappe! Tu ne sais pas manger!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alors je me débrouillerai pour manger toute seule! Et une fois que j'aurai mangé, j'irai dormir dans le lit, et tu te débrouilleras tout seul pour monter l'escalier avec les jambes que tu n'as pas!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je me demande franchement comment tout ça va finir. En fait, je ne me le demande plus. C’est toujours la même histoire, je n’invente rien, vous irez dans sa bouche à elle et moi je ne mangerai pas. Je ne mange jamais. Je regarderai la céramique que j’ai installée il y a je ne sais pas combien de temps de ça et elle s'en foutra. Elle mangera toute seule. Elle dansera pour me rappeler que je n'ai pas de jambes et moi je jouerai à mon jeu vidéo pour lui rappeler que mes doigts font BOUM BOUM et mon coeur fera je ne sais pas quoi et mes jambes, je n’en ai pas, je les ai perdus à la naissance HAHAHAHA JE L’AI DÉJÀ DIT ALORS FOUTEZ-MOI LA PAIX!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;LA PAIX!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;LA PAIX!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;et des spatules pour mes jambes si vous en avez...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-4610850663421968145?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/4610850663421968145/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=4610850663421968145&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4610850663421968145'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4610850663421968145'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/les-fourchettes-de-naomia.html' title='Les fourchettes de Naomia'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-6041521214295409705</id><published>2011-09-30T02:40:00.001-07:00</published><updated>2011-09-30T02:40:38.572-07:00</updated><title type='text'>Soleil rose</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le soleil joue sur vos joue rose. C’est le soleil qui est rose. Je place ici et là des virgules ambiguës et des trémas. Vous me laissez faire. Vous dites rien. Rien. Vous ne dites pas rien. Vous dites rien. Le mot rien. Vous le dites chaque fois que je vous demande ce que je devrais faire. Vous dites rien :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Rien. Nous disons rien car si nous disions tout, il ne te resterait plus rien à dire.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Mais plus vous dites rien, plus je dis rien. Si vous disiez tout, je dirais tout! Dites-moi tout!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Et tu nous diras tout?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Promis!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Tout.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Le soleil joue sur vos joues rose.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ça, tu l’as dit déjà.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non, je n’ai jamais dit déjà. Une fois, peut-être, il y a longtemps de ça. Mais vous l’aviez dit avant moi.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Tu nous caches quelques chose.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je ne cache rien.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Tu caches tout.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je ne cache pas tout.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alors que caches-tu?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Rien.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C'est pas tout.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le soleil vous cache quelque chose, peut-être, mais moi pas. Je pourrais vous dire ce qu'est ce quelque chose, mais vous, vous dites parfois quelque chose, mais vous ne dites jamais parfois. Alors comment voulez-vous que je croie que vous dites parfois quelque chose?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Parce que nous le disons maintenant. Quelque chose.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Maintenant n'est pas parfois. Maintenant, c'est toujours.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Nous disons toujours quelque chose.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non. Vous mentez. Vous ne dites pas tout.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Nous disons toujours quelque tout chose.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non. Ça ne se dit pas. Vous dites des choses qui jamais ni déjà ni même parfois ne se disent. Et ça me fait dire des choses qui ne se disent pas.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le soleil ne vous a pas dit ce qu'il m'a dit. Il m'a dit qu'il vous détestait. Vous croyez que je vous dis là ce qu'il ne vous dira pas, mais non. Ce qu'il ne vous dira pas, je ne vous l'ai pas dit. Ce qu'il ne vous dira pas est quelque chose d'autre. Vous criez :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Dis-nous quelque chose d'autre!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je ne dis rien. Je pense.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Dis-nous ce que tu penses!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je pense que le soleil a déjà joué sur vos joues rose et qu'il y joue encore parfois.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Tu ne dis rien. Tu penses.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je dis ce que je pense.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ça ne vaut rien.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C'est vrai, ça ne vaut pas tout. Mais ça vaut plus que le rien que vous dites parfois pour me faire dire quelque chose que le soleil a peut-être déjà dit alors que vous aviez déjà tout dit.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-6041521214295409705?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/6041521214295409705/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=6041521214295409705&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6041521214295409705'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6041521214295409705'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/soleil-rose.html' title='Soleil rose'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-5519333932440212365</id><published>2011-09-26T15:44:00.001-07:00</published><updated>2011-09-26T15:44:31.327-07:00</updated><title type='text'>Le mauve</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je ne sais pas si c’est clair quand je parle, dîtes-le-moi si non, quand je dis qu’il y a du mauve. Ce n’est pas le genre de mauve bleu. C’est le genre de mauve noire. Le lilas. La lavande. Le noir qui se retrouve parfois dans le mauve après les incendies. La suie. Ça n’a rien de clair.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’ai ni couleur ni pinceau pour vous expliquer. La vie ce que c’est, c’est un mot et puis un autre, parfois le même mot à la suite de le même mot, et puis ça tombe et retombe dans constamment comme un adverbe mal placé les mêmes troubles, dépendances et autres synonymes que vous savez écrire mieux que moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mots sont trop peu pour écrire. Il faudrait en inventer d’autres pour recréer l’exact moment que j’ai eu ce jour-là où le ciel était mauve. Ce n’était pas un jour. C’était nulle part. C’était ma tête où tout était mauve, comme toutes ces choses qui ne sont pas mauves. Rien n’était mauve, mais tout l’était, parce que je n’avais pas d’autres mots que celui-là mauve qui me traversait la tête. Il me criait de lui inventer un frère mais je n’en trouvais pas.&lt;br /&gt;- Bleu? que je lui ai proposé.&lt;br /&gt;- Bleu n’est pas mon frère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était un ciel. Ce n’était pas un ciel. C’était un nuage sur un nuage, sur un nuage, sur un nuage, et le soleil très brillant mais pas brillant du tout parce que derrière un nuage sous un nuage nous un nuage, sous un nuage. Il n’y avait pas de soleil mais il y en avait un. Et puis il y en avait autant qu’il y avait d’étoiles dans l’univers, mais il n’y avait pas d’étoiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’en ai marre de parler du ciel. J’en ai marre du mauve inexplicable. J’aimerais parler d’autre chose de plus clair. Mais je ne peux pas. Du moment qu’on commence à parler d’une chose, absolument il faut finir ce qu’on a commencé, placé les adverbes comme il se faut et ne jamais ajouter de pronoms là où il ne faut pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même si j’inventais un homme dans la quarantaine, même si je lui inventais une vie, une maison, des cheveux et une copine, il perdrait ses cheveux du moment que je lui mettrais une tuque sur la tête, et perdrait sa maison dès que j’y mettrais le feu, et sa copine, il la perdrait de toute façon. Tout tombe à néant. Ça ne sert à rien. Ce que je veux, c’est décrire un ciel mauve qui n’est pas mauve. C’est un ciel que je ne pourrais décrire exactement qu’à la condition de pouvoir le décrire sans mots. Le ciel était. Ne cherchez pas. Il n’était pas blanc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De la même façon, pour que mon homme dans la quarantaine puisse garder ses cheveux, je n’ai qu’à taire la possibilité qu’il ait porté une tuque. Et pour qu’il soit âgé de l’âge que je veux (qui n’est ni quarante ni quarante et demie), je n’ai qu’à taire la quarantaine. Cet homme est. Un point c’est tout. Voilà. Il est comme je le vois. Et si je veux qu’il soit mort, je n’ai qu’à dire cet homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès que le verbe être disparaîtra, vous comprendrez que l’homme est mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. Quand je dirai que le ciel était, vous comprendrez que je parle du ciel vivant.&lt;br /&gt;2. Quand je dirai que le ciel, vous comprendrez de quel mauve exactement je voulais parler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le ciel. Le ciel. Le même mot suivit de le même mot. Dès que je dis « je tue » je tue. Inutile d’écrire. Les mots s’expliquent mieux dans le silence que dans l’explication. L’imagination est la grande reine de toutes nos pleures. Votre imagination est. La mienne l’est aussi. Les mots ne sont porteurs de rien. Tout comme l’intelligence n’est rien vis-à-vis du silence. Le silence domine absolument tout, absolument. Il est roi dans sa terre de bêtise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et l’intelligence, l’intelligence...&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-5519333932440212365?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/5519333932440212365/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=5519333932440212365&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5519333932440212365'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5519333932440212365'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/le-mauve.html' title='Le mauve'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-7662579619827953482</id><published>2011-09-17T04:34:00.002-07:00</published><updated>2011-09-17T04:35:32.603-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='hot-dog'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='définition'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='dictionnaire'/><title type='text'>HOT-DOG</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je ne sais plus où j’ai lu cette recette, dans un menu peut-être, ou dans le livre que je lisais l’autre midi, au restaurant, en même temps que je lisais le menu. Il y avait, en tout cas, dans ce livre ou dans ce menu, le mot hot-dog. Ça m’a paru anglais, ça m’a paru trait d’union, chaud et chien, enfin, j’ai demandé à la serveuse un dictionnaire anglais-français afin de ne pas me méprendre quant à la nourriture que j’allais payer. Elle m’a apporté un dictionnaire de 1971 avec des taches de sauce de je ne sais quel type de pizza, je dirais toute garnie, si bien que je ne pourrais vous dire qui sont les auteurs de ce dictionnaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai mis beaucoup de temps à chercher le mot hot-dog dans ce dictionnaire. J’ai d’abord cherché dans la section des noms composés, mais cette section n’existait pas dans ce foutu dictionnaire, alors je me suis rabattu sur la lettre G, avant d’aboutir sur le H (qui fort heureusement existait en 1971) où le mot hot-dog se trouvait, oui, trait d’union suivi d’une traduction :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Chien chaud et pain auquel les gens normaux ajoutent du Ketchup, et ceux pas normaux de la relish, et ceux encore moins normaux du chou.  (Dictionnaire plein de sauce, 1971).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À en juger par les photos qu’ils avaient mis sur la quatrième couverture, ceux qui avaient rédigé ce dictionnaire étaient de grands barbus assez spéciaux qui, probablement, mangeaient leur hot-dog avec du chou. À la fin de chaque définition, ils avaient inscrit la date entre parenthèses, comme pour dire excusez-nous, nous sommes en 1971, l’enjeu de notre société n’a pas été celui du vocabulaire mais de la drogue et de tout ce qui vient avec, le sexe et tout ce avec quoi vous pourriez jouer si vous arrêtiez de jouer avec les mots.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai redonné le dictionnaire à la serveuse, et mon menu et mon livre aussi. Mon livre était un roman d’Azimov je pense, rien d’extraordinaire, tout comme son menu qui tombait dans la bêtise tout autant que le dictionnaire. Enfin, je n’ai rien voulu commander. Franchement, j’étais offusqué par la façon dont ces barbus du dictionnaire m’avaient abordé. Vous aussi, vous auriez été offusqués au point de donner à une inconnue un roman d’Azimov. Si un barbu de 1971 vous attaquait en disant que les gens de 2011 sont tous de gros dépressifs du futur. Vous seriez fous de rage, avouez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoi qu’il en soit, j’avais la recette du hot-dog et je me suis dit que j’étais capable, seul, de me faire chauffer un chien dans une tranche de pain. Je n’avais pas besoin d’une serveuse aux souliers roses dont les pantalons éléphants me rappelaient trop les années que je déteste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis rentré chez moi. J’avais un chien. Ça tombe bien. Il mesurait presque exactement deux fois la taille d’un pain baguette. Il me fallait pour mon hot-dog un pain baguette deux fois plus grand, et c’est pour cette raison que je suis allé voir la boulangère au coin de ma rue. Bourbine elle s’appelle. Elle est grosse comme toutes les boulangères. Elle a un tablier vert auquel elle a ajouté quelques dentelles en forme de chameaux. Elle est spéciale comme ça. Le désert et le sable. Les chameaux et les bosses. Ça ressemble aux biscuits. Chaque fois que je la vois, je suis sûr qu’elle est du genre à mettre de la relish partout, et du chou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai demandé à Bourbine qu’elle me fasse un pain de la taille de mon chien. Elle m’a dit bonjour. Je ne lui ai pas répondu. Je voulais économiser du temps parce qu’elle met beaucoup de temps à servir ses clients. Il lui manque une jambe à ma boulangère. C’est très long quand elle marche dans la farine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bourbine m’a fait mon pain. Elle me l’a emballé dans des draps tachés de sang, les draps où dormait autrefois son enfant qu’elle a perdu un soir d’octobre, elle ne sait pas trop où, après qu’elle lui ait passé le couteau à pain sur le front. J’ai payé mon pain. Trente-cinq sous vingt-deux. C’était son prix à elle. Il aurait fallu que je divise un sou en plusieurs morceaux, mais je n’ai pas été capable. Je lui ai rendu trente-six sous et je lui ai dit de garder la monnaie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle est comme ça. Ma boulangère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis rentré chez moi avec un pain baguette de la taille idéale pour mon chien. Ridiculominet. C’est le nom de mon chien. J’aurais aimé avoir un chat à la place, mais grand-maman était allergique aux chats. Je n’ai jamais vu grand-maman. Je n’ai jamais vu de chats non plus. J’aurais aimé les voir tous les deux, sur le fauteuil du salon, grand-maman et le miaou du chat. Mais grand-maman est morte et le miaou n’est jamais arrivé. Alors je me suis acheté un chien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai fait bouillir Ridiculominet dans une marmite que j’utilisais souvent, à une certaine époque, pour faire bouillir des homards; à une époque où j’avais de l’argent pour manger des homards avec une fille à qui je disais souvent que je faisais bouillir des homards alors que c’était faux. Je lui faisais des truites bouillies. Elle adorait que je les fasses bouillir avec la tête. Elle était comme ça. Elle grignotait les yeux avec ses petites dents de lapin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’ai jamais eu de lapin. J’avais un chien et je l’ai fait bouillir. Il est devenu tout rose. Sa gueule a figé dans la souffrance, c’était joli à voir, tous ses crocs dirigés contre l’air alors que je m’apprêtais à le manger. Avec un couteau, j’ai retiré ses dents. J’ai gratté son palais jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien de dur. J’ai pensé à des mots, que j’aurais pu chercher dans le dictionnaire, mais je n’avais pas de dictionnaire chez moi. J’ai pensé me raser le visage et écrire un dictionnaire. Mais j’avais trop faim pour penser aux mots.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai coupé le pain sur la longueur. J’ai sorti mon chien de la marmite et l’ai mis dedans. J’ai ajouté du Ketchup. J’ai croqué le pain et la cuisse de mon chien. Ça a coulé un peu de sang et j’ai ajouté la relish et le chou que j’avais acheté chez l’épicier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon épicier est un homme avec une cravate. Il me parle comme à quelqu’un qui achète un chou. Il ne se doute pas qu’après lui avoir parlé, je passe à l’animalerie. J’achète des chiens et je les mange chauds dans du pain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si j’avais à rédiger un dictionnaire, en 2011, je dirais que le hot-dog crée une dépendance. Il fait grossir, c'est vrai. Il fait acheter de la relish, du chou, mais le plus grave dans tout ça, c'est qu'il fait acheter des chiens.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-7662579619827953482?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/7662579619827953482/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=7662579619827953482&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/7662579619827953482'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/7662579619827953482'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/hot-dog.html' title='HOT-DOG'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-985779118163808209</id><published>2011-09-17T04:34:00.001-07:00</published><updated>2011-09-17T04:34:32.505-07:00</updated><title type='text'>Ma fourchette est une fourchette</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ma fourchette pique la viande. Elle pique mieux qu’un doigt. Quand je la compare à mon pouce, je trouve qu’elle réussit mieux que moi dans la vie. Elle a un talent que je n’ai pas. J’ai longtemps été jaloux, mais je ne le suis plus. Je préfère croquer du pain dur près du four. Du moment qu’il y a une casserole sur le feu, ma fourchette se glisse dedans. Elle aime plonger. C’est un sport qu’elle affectionne. Elle aime être sale. Si elle était une femme, elle aurait de longs ongles, noirs, usés par le temps, et elle me caresserait la nuque dans un bain de mousse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma fourchette n’est pas une femme. Je me suis fait à l’idée. Ma fourchette est une fourchette. C’est triste comme ça. Je n’y peux rien. Elle n’a pas de doigts. Elle n’a pas de bouche. Elle ne mange pas de petits poissons dans les lacs. Elle ne coupe pas de bois dans des forêts. Elle ne construit pas d’églises. Elle n’écrit pas de prophétie. Hélas. C’est moi qui écrit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est triste comme ça. Je n’y peux rien. Ma fourchette est une fourchette. Elle ne parle pas. Quand je lui parle, elle ne répond pas. Elle aurait aimé vivre chez un chef de grande renommée qui tous les samedis soirs prépare des oeufs, et du bacon, et de la viande très tendre. Elle l’a dit à la caissière, quand je l’ai achetée, mais à moi elle n’a jamais parlé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Souvent, je la plie en deux. Je la fais souffrir. Je la force à me raconter ce qu’elle a vécu du temps où nous n’étions pas ensemble. Je sais. Ce serait plus simple de parler à une cuillère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’en connais une. Une cuillère. Pas loin d’ici. Dans un magasin. Elle coûte 1,19$. Je pense sérieusement faire des économies. Le frigo m’a dit que les cuillères aiment les animaux de compagnie. J’y pense. Je ne peux plus continuer à manger de la viande crue avec ma fourchette. Je suis malade. Gravement malade. Mon intestin se décompose en petits morceaux sur le plancher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si j’achetais la cuillère que je veux, je pourrais ramasser mes petits morceaux. Nous pourrions marcher, elle et moi, sur le gazon derrière la maison. Nous frotterions nos fesses ensemble. Je pourrais la séduire. Je pourrais trouver l’amour, avec elle, et manger de la viande cuite, avec une cuillère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me manque encore dix sous. Ma fourchette est une fourchette. Elle ne vaut pas une fortune. Elle ne vaut pas une cuillère. Mais cinq sous, peut-être. Je pourrais la vendre à mon voisin en lui disant qu’elle en vaut dix.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-985779118163808209?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/985779118163808209/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=985779118163808209&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/985779118163808209'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/985779118163808209'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/ma-fourchette-est-une-fourchette.html' title='Ma fourchette est une fourchette'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-7579137766962772404</id><published>2011-09-17T04:33:00.002-07:00</published><updated>2011-09-17T04:34:02.336-07:00</updated><title type='text'>Les pires heures</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je file parfois de parfaites heures où j’écris des histoires de crayons qui tombent amoureux de leurs bouchons, des histoires de briquets qui, au pôle nord, frissonnent pour d’autres briquets comme je les aimes, des histoires en voulez-vous en voilà. C’est durant ces heures-là que j’ai le plus de plaisir, dans ma vie, dans mon petit appartement, mon petit journal. C’est durant ces heures-là que mon arrogante de tête se ferme la gueule et que je peux écrire par moi-même, avec la queue que j’ai et les tripes, les boyaux, que j’ai et qu’il me faut pour inventer ce que j’aime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis il y a les autres heures. Les pires sont celles où ma tête décide de se mettre de la partie. Celles où elle décide de prendre part à mon écriture. Ce soir, elle a décidé que je n’étais pas assez en forme pour écrire l’histoire d’Utérus l’unique. J’ai eu beau chercher en quoi je n’étais pas en forme, de carré ou de losange : bon d’accord, mes yeux sont à moitié fermés, c’est vrai, et puis je me suis endormi sur le clavier, un peu, pas longtemps, mais j’ai mis du café dans ma vodka et maintenant, je suis en forme d’absolument n’importe quoi, tout prêt à écrire que tout va pour le mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense que ma tête a peur du mot Utérus. Elle en a peur parce qu’elle sait qu’elle ne pourra jamais y entrer. Elle sait que le mot est capable de se dilater à la taille d’un nouveau-né, mais jamais à la taille d’une tête grosse comme la mienne. Je lui ai expliqué pourtant, à ma tête, que j’avais entre les mains un personnage qui aurait pu nous rendre célèbres tous les deux :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Utérus, c’est un personnage à la recherche d’une femme nommée Uranus, et c’est dans mes mots tout logique que dans le nom d’Uranus il y a la planète et l’anus, tout comme dans Utérus il y a le mot Terre et le sexe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma tête a dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Non. Ton astronomie n’intéresse personne. D’abord, Utérus, c’est pas un nom. C’est une histoire qui tombe à plat. Si tu veux mon avis, tu devrais écrire un court dialogue humoristique, le genre de dialogue comme tu sais si bien le faire et aller te coucher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Quoi? j’ai dit quoi. Un dialogue encore? Mais j’en ai écrit un hier. C’est nul. J’en ai marre de jouer sur le quatrième trio...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Les dialogues ne sont pas le quatrième trio de la littérature. Arrête de dire ça. Les dialogues, c’est drôle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma tête n’est pas folle. Si elle dit que les dialogues ne sont pas le quatrième trio de la littérature, c’est parce que j’ai déjà dit qu’ils l’étaient et elle s’en souvient. Elle se souvient de tout. C’est une vraie chipie rabat-joie terrible que je déteste. Même si mes jambes ne marchent pas toujours droites, si je devais choisir entre me couper une jambe ou la tête, assurément que je choisirais la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Assurément que je choisirais toi! Vlan!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vlan? Je ne m’appelle pas Vlan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Boum!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu sais très bien que, quand tu commences à utiliser les onomatopées, c’est l’heure d’aller se coucher...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m’étais dit que si j’arrivais à détruire son foutu dialogue auquel elle m’obligeait, je lui ferais ravaler ses homos de nappes tapées et tout le reste, et enfin je pourrais écrire mon histoire d’Utérus l’unique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Girafondéconfilastériellement! j’ai dit. Essaie donc d’entrer dans ce mot-là dans ta tête, grosse tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ce n’est pas drôle...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et c’est drôle quand je te frappe sur les murs? Est-ce que c’est drôle quand mes genoux cognent sur ton front, comme ça?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je frappais réellement ma tête là où j’ai dit, et je me battais comme je vous dis, contre moi-même, afin de me départir de cette tête, de ses conventions stupides, et j’ai si bien frappé qu’elle s’est éteinte et j’ai pu écrire mon histoire intelligente adorée, celle d’Utérus, mon homme de trente-cinq ans qui court sur les trottoirs à la recherche de la blonde fille aux cheveux blonds qui a deux mois de moins que lui et qui habite cinq mois par année sur une autre planète, et qui court, elle aussi parfois, sur les trottoirs où j’aime me promener nourrir les pigeons. Uranus. Je t’aime.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-7579137766962772404?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/7579137766962772404/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=7579137766962772404&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/7579137766962772404'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/7579137766962772404'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/les-pires-heures.html' title='Les pires heures'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-6191428582548810631</id><published>2011-09-17T04:33:00.001-07:00</published><updated>2011-09-17T04:33:34.551-07:00</updated><title type='text'>Vous ne savez pas écrire</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Chers petits veaux,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand vous lisez mes mots, il sort de vos yeux une sorte de cordon ombilical qui lie vos pupilles à mon cerveau. Je ne parle pas d’un vrai cordon, évidemment, vous l’aurez compris puisque vous êtes de fins lecteurs : le cordon est une image fictive, couleur peau, que j’ai inventée afin de vous expliquer qu’un jour il faudra le couper. Comme à la naissance. Il faudra que vous vous détachiez de moi. Je ne peux pas continuer à écrire à votre place. Il faudra que vous le fassiez vous-mêmes. Moi, j’ai autre chose à faire. J’ai des choses à écrire qui n’ont rien à voir avec les mots que vous voulez entendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plutôt que de continuer à écrire, je devrais vous apprendre à le faire. Comme ça, vous pourriez vous raconter à vous-mêmes les histoires que vous aimez lire. Je n’aurais plus besoin de chercher les mots que vous voulez entendre, pénis ou araignée, sémiotique ou anaphore. Vous seriez libres de parler à vous-mêmes de ce que vous voulez entendre, tortue ou torture, et par-dessus tout, libres de ne plus téter le lait de mon cerveau comme si c’était là une vache entre mes deux oreilles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’espère qu’il viendra ce jour, mes chers petits veaux, où vous apprendrez à vous nourrir vous-mêmes. Je crois que c’est possible, qu’un jour vous écriviez des histoires dans lesquelles les filles graviteront en pyjama autour d’abeilles en fleurs, et où les papas mourront autant de fois que vous le voulez, et les mamans pareil, avec le sang qu’il faut et les analogies dont vous aurez envie. Ce jour-là, vous serez autonomes. Je murmurerai à vos oreilles les mots que vous préférez, chocolat ou attentat, et c’est avec le sourire que j’écouterai le bruit de vos sabots s’éloigner de moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je viendrai vous visiter, parfois, dans la grange des veaux écrivains. Je viendrai vous rappeler que je vous l’avais bien dit, qu’écrire ce n’est pas plus compliquer que de mâcher un chewing-gum. Le plus compliqué, c’est d’écrire le mot chewing-gum sans faute, mais une fois que c’est fait, le reste de la dentition s’écrit tout seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je dirai le mot molaire. Vous rirez, heureux de m’entendre comme avant. Je vous inspirerai et, en moins de deux secondes, vous m’inventerez l’histoire d’un dentiste qui n’a plus de lèvres à force de se les mordre chaque fois qu’il croise une jolie cliente. Je ne lirai pas votre histoire. Les dentistes qui n’ont pas de lèvres, je n’en aurai rien à foutre. Mais je vous féliciterai quand même d’avoir fait preuve d’imagination. Je vous donnerai un peu de foin, un peu de caresses. Aussi je boucherai mes narines parce que vous puez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plus puant d'entre vous viendra me voir, je sais, je ne suis pas fou, je vous pressens tous. Il dira qu’il est en manque d’inspiration, et je fais quoi maintenant? qu’il me demandera. Je répondrai :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Débrouille-toi, sale petit veau. Il n’existe pas de recette pour combattre le manque d’inspiration. S’il en existait une, je l’aurais écrite, ou je l’écrirais, là maintenant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce veau ne sera pas des plus idiots. Il aura une vraie tête de mule. Il voudra me suivre jusqu’à chez moi, certain que s’il me suivait, il trouverait chez moi dans mes papiers la recette qui le ferait écrire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je verrai clair dans le jeu de cette tête de mule. Je sortirai si vite de votre grange que cette mule n’aura pas le temps de me suivre. Je lui fermerai la porte au museau. À vous chers petits veaux que j’aime, je dirai au revoir. À travers la serrure de la porte, tout de même, je prendrez le soin de vous conseiller :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mangez bien. Écrivez bien. Soyez sages et enfermés, là où vous êtes. Et si un jour l’un de vous manquait d’inspiration, n’hésitez pas à le bouffer. Le chewing-gum c’est bon, mais ce sont les meurtres qui font les meilleures histoires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vraiment, je pense que si un jour j’arrivais à me débarrasser de vous lecteurs, je n’accepterais pas que l’un de vous revienne chez moi sous prétexte qu’il manque d’inspiration. Les lecteurs qui se mettent à écrire doivent se débrouiller seuls. C’est un fait. Demandez-le à votre boucher, il vous le dira :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Les veaux doivent savoir qu’un jour ou l’autre leur cerveau galopera tout seul, et qu’à la moindre absence cérébrale, ils devront être bouffés comme leurs fesses dont on fait les escalopes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’ai rien inventé. Les gourmands ont tout inventé à ma place. Heureusement, ce n’est pas moi le veau. C’est vous. Et je peux encore retourner chez moi pour écrire toujours, et j’écrirai toujours quelque chose de plus intéressant que vous. Je le dis avec certitude, que je ne manquerai jamais d’inspiration, car chaque fois que j’en manquerai, j’écrirai que c’est vous qui en manquez, et que c’est pour ça que je continue à écrire.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-6191428582548810631?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/6191428582548810631/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=6191428582548810631&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6191428582548810631'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6191428582548810631'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/vous-ne-savez-pas-ecrire.html' title='Vous ne savez pas écrire'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-3928465457631234583</id><published>2011-09-17T04:32:00.000-07:00</published><updated>2011-09-17T04:33:07.471-07:00</updated><title type='text'>Le cri de l'eau</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans les douches, vous avez l’eau, le savon, et vous avez ces humains, en train de se laver, séparés par des cloisons. Parfois, l’un d’eux passe de l’autre côté de la cloison pour demander à son voisin de quoi il a l’air. Mais la vapeur de l’eau a créé ce nuage si épais que personne ne peut y voir personne. Vous êtes le seul à voir la tête qu’ils font quand ils échappent un savon par terre, quand ils sortent tous de leur jet d’eau, la tête gonflée de mousse, et courent le chercher. Dès que leurs mains s’en approchent, vous faites glisser le savon un peu plus loin avec votre pied. Ça vous fait rire, de les voir ramper jusqu’à ce qu’ils prennent froid. Ils retournent alors sous leur jet d’eau chaude, comme des lâches, et celui qui a perdu son savon attend qu’un voisin lui prête le sien. Mais vos humains ne prêtent rien. Quand ils auront fini de se laver, ils retourneront au dortoir avec leur savon. Ils iront hurler sous leurs draps, dans leurs cauchemars respectifs, sans se soucier de celui qu’ils ont abandonné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le dortoir, vos humains crient, se grattent, se mouchent, pleurent et transpirent une odeur intolérable. Aussi, les plus jeunes ont toujours les doigts collants, de salive ou d’autre chose, et ils répandent leur mucus partout dans les draps. Je ne parlerai pas des schizophrènes. Ce sont les pires. Ils peuvent vous arracher les doigts pendant que vous dormez. C’est justement le problème des lits superposés : vous ne savez pas quel danger se trame au-dessus de vous. Et quand vous prenez le lit du haut, vous êtes pris avec le vertige. Enfin, certains finissent par dormir, à moitié vivants, à moitié morts, avec leurs yeux qui frétillent dans le cauchemar. Leur bouche s’ouvre. Ils essaient de crier qu’ils sont en train de mourir, mais le sommeil est une peur muette. Vous ne pouvez rien pour eux. Vous regardez leurs orteils se tordre de douleur et puis c’est tout. Vous attendez qu’ils se réveillent, qu’ils s’habillent et retournent à la douche. Et c’est là que vous les attendez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De tous les humains qui existent, il a fallu que vous tombiez sur ceux-là. Des lâches qui ne tiennent pas debout. Vos humains tremblent dans l’eau comme s’ils en avaient peur. Vous en avez même un qui prie, à genoux, pour que son corps se lave tout seul ou pour que vous lui redonniez le savon qu’il a perdu. Vous vous foutez bien de ses prières. Vous ne pensez qu’à le faire taire en lui coupant la gorge, là tout de suite. Vous pourriez le faire. Mais vous ne faites rien. Au fond, vous n’êtes peut-être qu’un lâche, vous aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous avez cet autre humain qui, lui, essaie de se laver sans se mouiller les cheveux. Vous décidez de l’appeler Péruk. Vous vous dites que ce nom africain lui convient parfaitement, et que vous me couperiez la gorge si j’osais le nommer autrement. Vous ne tenez plus en place depuis que j’ai dit que vous étiez peut-être lâche. Vous sortez une bouteille de jus d’orange de votre sac et, maintenant, vous la versez sur les cheveux de Péruk. Le jus ricoche sur son crâne, sur le vôtre aussi, sur les murs et vous riez. Ceux qui priaient ne prient plus. Ils se roulent dans l’eau sucrée et sortent leurs langues sur celles des autres. Ils s’abreuvent à même les pieds de Péruk.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Péruk semble être le seul à qui le jeu ne plaît pas. Il secoue la tête en criant. Vous le secouez à votre tour, pour le faire taire, mais ça ne fait que le tordre dans tous les sens. Il marche sur les autres, qui eux se mettent à crier aussi. Vous avez beau verser du jus d’orange, le sucre ne calme plus personne. Vous n’avez plus le choix. Vous coupez l’eau froide. Leurs cris s’ébouillantent. Leurs cris se transforment en un sifflement qui, peu à peu, devient silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous retrouvez votre calme. Plus rien ne bouge, sauf sur les murs, les coulisses oranges du jus que vous avez versé partout. Désormais, vous n’avez plus d’humains. Il n’y a que vous. Seul et sale. Vous réglez les robinets. Vous vous déshabiller. Vous prenez un savon et vous écoutez le bruit de l’eau tiède sur votre nuque. Vous l’écoutez jusqu’à ce que le sommeil fasse glisser le savon de vos mains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le savon glisse par terre. Vous rampez pour le rattraper. Vous rampez jusqu’au couloir. Vous rampez jusqu’au dortoir. Vous fouillez sous les draps, partout, et vous vous faites croire, à moitié vivant, à moitié mort, que vous retrouverez ce savon. Parce que vous, vous n’êtes pas un lâche.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-3928465457631234583?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/3928465457631234583/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=3928465457631234583&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/3928465457631234583'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/3928465457631234583'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/le-cri-de-leau.html' title='Le cri de l&apos;eau'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-1068793278716071910</id><published>2011-09-17T04:31:00.002-07:00</published><updated>2011-09-17T04:32:33.642-07:00</updated><title type='text'>Papa est rené</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je versais, sur le comptoir de la cuisine, toutes les bouteilles que papa n’avait pas bues avant sa mort. Il en restait quatre. Je me suis baigné dans sa bière à lui que je faisais couler pour le plaisir d’être comme lui, maladroit et puant dans le houblon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les flaques que je créais, mes pieds glissaient avec un torchon entre les orteils. Comme papa faisait pour réparer ses dégâts. Je faisais comme lui, et plus j’étais lui, plus je riais. Je criais presque violent. Plus j’éclaboussais, plus je trouvais ça drôle de mouiller le plancher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est drôle, je criais, et si tu ne trouves pas ça drôle vas te faire foutre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais pas pourquoi je disais ce que je disais. J’étais tellement identique à lui que vous n’auriez jamais su faire la différence entre lui et moi, entre le mort et le vivant. Si vous aviez été là, vos yeux auraient roulé, cligné, et votre cou aurait sauté vers l’arrière chaque fois que vous auriez dit « c’est incroyable, je n’en crois pas mes yeux ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui s’est produit par la suite, laissez-moi vous dire que c’est encore moins croyable. C’est terrible. Et ce qui est terrible, c’est que je ne m’en souvienne pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me semble avoir vu le docteur Kretschmer entrer chez moi. Tout ça n’est pas très clair. Il m’a demandé :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous avez un problème de mémoire?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Non, j’ai répondu. Je me rappelle de tout, même de la fois où nous nous sommes rencontrés sur les sentiers de Piquelette, l’année passée!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je ne suis jamais allé sur les sentiers de...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Alors c’est vous qui avez un problème de mémoire. Vous devriez demander à vos collègues qu’ils vous examinent ça, han han le cerveau, c’est sérieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense que le docteur Kretschmer m’a laissé tranquille. Il a compris que je ne veux voir personne ici. Cette maison m’appartient. Je veux n’y voir entrer personne. Je n’ai besoin de rien, sinon de cette cage où je me contrains d’écrire chaque soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m’enferme pour écrire, oui, c’est un équilibre que je m’efforce de créer, tout comme quand je bois je fais pipi : je m’enferme pour écrire, car il faut bien que je me contraigne à quelque chose, si je ne veux pas que mon trop-plein de liberté me fasse pousser je ne sais quoi, des ailes sur le dos ou quelque chose du genre de ceux qui savent voler. Moi, je ne sais pas voler. La seule fois où j’ai volé, c’était depuis le toit de la maison, et puis ce n’était pas vraiment voler. C’était seulement se faire pousser par un costaud. Mon frère, c’était lui, le costaud. Et mes jambes ont volé une seconde et puis deux avant de frapper la pelouse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À mon atterrissage, la pelouse a soupiré qu’elle en a marre de ceux qui croient savoir voler. Et ce n’est pas que j’y ai cru, j’ai dit. C’est seulement mon costaud de frère qui a cru que je savais ce que je ne sais pas, enfin, tu sais, pelouse. Pelouse?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu peux m’appeler Gazon, gros fou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Merci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus je versais de bière dans la cuisine, plus ça sentait papa. J’adore cette odeur. Elle me rappelle quand il m’embrassait sur la joue dans mon lit et il avait bu. Je me berce souvent dans ce parfum-là. Le genre de parfum où l’on s’endort soûl pour oublier bien plus que pour se rappeler. D’où mon problème de mémoire, je pense, que le docteur saurait vous dire mieux que moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai versé une autre bière sur le plancher. Elle a versé jusqu’au garde-robe où il me semble avoir vu de la poussière s’entasser dans le coin d’un vêtement. Il y a eu des poils, des cheveux de tapis, enfin, j’ai mis ma main sur la touffe en question et, quand j’ai tiré, c’est là que mon père est sorti du garde-robe tout entier. Il a dit:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est pas de la poussière, petit cochon sale, ce sont mes cheveux tout entier sortis du plancher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ha! j’ai crié. Tu es rené!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Non, il a dit, tu te moques de moi. Je suis ton père.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Papa était rené. Il s’appelait Maxias mais il était né une deuxième fois, cette fois-là. Il était rené parce qu’il avait survécu à sa mort. D’outre-tombe. Il est sorti du garde-robe, pas gai du tout, je dirais même fâché, qu’il ressemblait à un fantôme, avec la robe de maman sur sa tête. Je lui ai dit qu’il ressemblait à maman tout craché et il m’a craché à la figure. Il a dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu mériterais que je te tue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bon d’accord, j’ai dit. Tue-moi. Mais d’abord enlève la robe de maman de sur ta tête parce que les policiers, quand ils enquêteront sur le meurtre de toi sur moi, ils ne sauront plus qui de toi ou de maman m’a tué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je ne peux pas l’enlever, il a dit. Ça cache mes cheveux. Franchement ils ne sont pas beaux à voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est vrai? j’ai dit. Laisse-moi voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oh c’est gluant. Depuis une semaine, j’ai des champignons qui poussent sur mon cuir chevelu, comme des légumes pleins de morve on dirait, et la tresse que je me suis fait l’année passée s’est mise à friser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a fini par retirer la robe qu’il gardait sur sa tête comme le voile d’une mariée et j’ai pu le conseiller :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il faut tout raser. Ta tête ne respire pas. Je vais te couper la tresse et après ça ira mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu sais utiliser des ciseaux?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Papa, j’ai grandi, depuis le temps...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je l’ai fait seoir sur le tabouret près du miroir et, comme il croyait que j’allais lui couper sa tresse, je lui ai perforé la gorge. Le sang n’a pas coulé, évidemment, puisqu’il était déjà mort. Sa voix n’a pas parlé non plus. Il n’y a eu aucun son. Juste des gestes. Je lui ai coupé les cheveux, puis le nez. C’était ma mémoire qui se vengeait en découpant les images que je m’étais forcé d’oublier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses oreilles sont tombées comme des gaufres du grille-pain. Sur le visage de papa, j’ai découpé les yeux, les sourcils, la nuque et les doigts. Il a commencé à perdre vie et j’ai dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ça y est! Tu es remort!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Non, il a dit. Je n’ai pas de remords.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et j’ai versé une bière sur ses yeux morts afin qu’à jamais ils soient remorts; et j’ai collé ses oreilles sur les miennes afin de lui ressembler tout à fait. Et j’ai versé d’autres bières, dans ma gorge, pour qu’à jamais se taisent les remords.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-1068793278716071910?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/1068793278716071910/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=1068793278716071910&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/1068793278716071910'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/1068793278716071910'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/papa-est-rene.html' title='Papa est rené'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-1538334548748668492</id><published>2011-09-17T04:31:00.001-07:00</published><updated>2011-09-17T04:31:55.445-07:00</updated><title type='text'>Les grands parleurs</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;JE VAIS TE FAIRE BRÛLER AU-DESSUS D’UN FEU AVEC UNE BROCHE DANS TON CUL, EMPALÉ OUAIS, TA PEAU ROSE DE COCHON VA RÔTIR JUSQU’À DEVENIR BRUNE LA COULEUR SALE QUE TU ES.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a la possibilité, oui, qu’un jour tu trouves une tige d’acier assez grande pour la lui passer à travers tout le corps et y ajouter, au bout de cette tige qui lui sortira par la bouche, une pomme sous son nez. D’abord je ne vois pas pourquoi il accepterait de te présenter ses fesses, mais s’il le faisait, oui, tout ça serait possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JE TE CROQUERAI QUAND TU SERAS CUIT ET TON SANG COULERA SUR MES LÈVRES.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non, quand il sera cuit, son sang ne coulera pas sur tes lèvres. Quand tu croques dans une viande cuite, le sang ne coule pas. Si tu veux que le sang coule, il faut le croquer cru.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ALORS JE TE CROQUERAI CRU, J’ÉTEINDRAI LE FEU ET JE MANGERAI LA POMME DANS TA BOUCHE.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vraiment, ce serait un peu curieux de voir un homme comme toi manger une pomme dans la bouche d'un mec. Au bord d’un feu, qui plus est, ça ressemble un peu à un mec qui vole une fraise entre les lèvres d'une femme. Il y a quelque chose de romantique. Tu devrais peut-être éteindre le feu pour éviter les soupçons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ALORS J’ÉTEINDRAI LE FEU ET JE SUCERAI LE SANG QUI SORTIRA DE TON CUL EMBROCHÉ.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;T’écoutes mes conseils ou tu t’en fous? Je dis que tu devrais pas manger la pomme parce que ça pourrait avoir l’air louche et toi, tu t’en vas lécher le cul du mec? Non mais, si tu veux rien entendre de mes conseils, démerde-toi tout seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JE TE FARCIRAI D’AIL ET D’HERBES ROBUSTES.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ouais? Eh bien moi je nouerai ma ceinture autour de ton cou. Tes yeux s’écarquilleront et je serrai de plus en plus fort jusqu’à ton visage bleu. Alors j’allongerai ton corps sur le plancher et je roulerai dessus avec des paniers d’épicerie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JE METTRAI DANS TON CUL TOUS LES LÉGUMES QUI EXISTENT.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AH OUAIS? ALORS MOI AUSSI, ET TOUS LES PAINS QUE JE TROUVERAI, TOUS LES FRUITS, LES FRUITS DE MER ET MÊME LA CAISSIÈRE JE LA FOUTRAI DANS TON CUL.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÇA SERA TERRIBLE DE VOIR TON CORPS GÉMIR LES SONS DE CE QUE J’Y ENTRERAI, ET JE CRIERAI TOUT AUTANT EN T’ÉCOUTANT, ET JE DIRAI COMME TU DISAIS.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;OUI, BON, C'EST D'ACCORD! NOUS AURONS UNE SEULE ET MÊME VOIX, VIOLENTE ET DÉSAGRÉABLE, ET NOUS MOURRONS ENSEMBLE, RAVIS DE S’ÊTRE TUÉS À FORCE DE SE PARLER!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'EST BON.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'EST BON!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;TA GUEULE.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-1538334548748668492?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/1538334548748668492/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=1538334548748668492&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/1538334548748668492'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/1538334548748668492'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/les-grands-parleurs.html' title='Les grands parleurs'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-3825145554705480607</id><published>2011-09-17T04:30:00.002-07:00</published><updated>2011-09-17T04:31:28.521-07:00</updated><title type='text'>Lettre à maman no. 5</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Écrire ta mort, écrire que tu es morte, merde, c’est comme demander à un aveugle d’écrire une thèse sur la lumière. Tout ce que je connais de la mort, moi, c’est le tombeau et les sandwiches qui viennent avec, et le vin qui vient après, quand je me soûle pour oublier ta mort qui s’est passée trop vite, comme les pétales des pissenlits qui changent subitement leur jaune éclatant en une sorte de touffe de poils blancs qu’on souffle dessus je ne sais pas pourquoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’ai pas vu les heures entre ta vie et ta mort. Je n’ai rien vu, ou alors j’ai tout oublié, mais il me semble que rien a existé entre le jaune de tes lèvres et le blanc de tes cheveux qu’on a soufflé dessus au cimetière. Tout s’est éparpillé sur l’herbe que j’ai poussé sur ma tête, mot après mot. J’ai eu beau écrire, jamais les pissenlits que j’ai inventé n'ont ramené celui que tu étais, le vrai jaune, celui-là avec la vraie couleur sur la vraie herbe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La mort t’a arrachée à la terre alors que je n’étais encore qu’un chien à peine capable d’écrire un mot au fond d’une cage. Et même si aujourd’hui j’écrivais tous les mots du monde au fond de cette satan de cage, jamais tu ne reviendras les lire. Tu es morte, yeux morts, jambes mortes, et même si tu te désenterrerais vivante, tu marcherais aussi croche qu’avant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si un jour tu revenais à la vie, tu prendrais de longues marches sur les ponts afin de t’y jeter et mourir encore. Alors je marcherais à tes côtés, prétextant que nous allons prendre un verre, un verre de ce que tu voudras, dans le bar que tu veux, vodka ou porto, rhum n’importe quoi, tant que tu restes là et que tu ne pousses pas ton bassin en dehors des trottoirs pour danser sur les voitures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous irions au bar le plus proche et tu me raconterais à quoi ressemble la mort. Tu dirais que tu aimerais retourner à cet état de néant où le mal ne faisait plus mal. Moi je te répéterais que tu es revenue à la vie et qu’il vaut mieux boire le bar. Tu deviendrais soûle très vite, comme avant, et je te parlerais très vite sans peser les mots qui pourtant pèsent lourds.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je te dirais qu’après ton suicide, papa est mort, et ça a créé toute une chaîne de morts, les uns à la suite des autres, une sorte d’aura de morbidité autour de moi; ma vie est plus près de la mort que de la vie, je pense, qu’à force d’écrire moi aussi je finirai par entendre le bourdonnement de la fin et je me tuerai, moi aussi, et je te tuerai toi aussi, et nous retournerons là d’où tu viens, dans le néant où le mal ne fait plus mal, et je me logerai mort dans ton ventre mort jusqu’à ce que tu décides d’accoucher de moi. Et alors je pourrai dire que ma naissance et ma mort s’équivalent.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-3825145554705480607?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/3825145554705480607/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=3825145554705480607&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/3825145554705480607'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/3825145554705480607'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/lettre-maman-no-5.html' title='Lettre à maman no. 5'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-8461258183649371084</id><published>2011-09-17T04:30:00.001-07:00</published><updated>2011-09-17T04:30:55.529-07:00</updated><title type='text'>La baise des enfants</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;À savoir la différence qu’il y a entre un museau et un fuseau, je dirais que les museaux savent reconnaître les lieux et les fuseaux les heures. Je ne me suis jamais demandé qui, des musées ou des fusées, savaient mieux reconnaître le temps. Mais à choisir, je dirais les fusées. Elles ont à tout le moins la forme phallus et l’idée exacte de ce que l’âge est, quand le pénis veut percer l’atmosphère d’une autre pour entrer là où il faut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais entre toi et moi, la différence, ça j’ignore. J’ai le pénis, toi le vagin. Je dirais que toi, tu as les idées, et moi le pénis. Et toi tu as l’amour, et moi le pénis. Et tu as de l’ambition aussi, beaucoup d’ambition, et moi le pénis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les enfants ne font pas partie de tes ambitions je ne vois pas ce que je fais là avec toi avec les plantes, l'asphalte et toi, et moi le pénis. Mais si jamais tu en voulais, je pourrais t’offrir un tas de choses : enfants, vêtements pour enfants, dîners au restaurant, pénis etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est merveilleux dans tout ça, c’est que même si tu ne veux pas d’enfants, je peux quand même te donner les dîners et le pénis. Ça vient gratuit avec moi. Et ça sera gratuit tant et aussi longtemps que tu ne me diras pas que tu détestes les enfants. Le jour où tu me le diras, là peut-être, je commencerai à te charger le temps que tu passes sur mon pénis. Dix sous la minute. C’est le tarif étudiant. Pas cher. Chaque soirée avec moi, j’ai calculé, coûte environ un dollar, et au bout d’un mois, j’ai assez d’argent pour payer ton repas au restaurant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au restaurant, tu pourras manger tout le foie gras que tu voudras, crabe ou homard, tartare, brochettes, pénis, ce que tu voudras. Tu seras libre de fouiller dans mon pantalon avec tes souliers ou de me raconter ce que tu voudras, comme la fois où tu as vu ce professeur à la maternelle, cet ami aux cheveux gris, cette école, ce bureau, ce pénis. N’importe quoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu peux me parler de tout : de ton animal de compagnie, de son pénis qu’il a tout rouge, de ton papa, de son pénis à lui, de ton jardin et des concombres, toutes les courges du monde je m’en fous, pour vu que tu m’invites chez toi après le repas et que tu me fasses part de ton envie de faire des enfants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour faire des enfants, maman m’a expliqué quand j’étais petit : il faut que tu entres ça dans ça. Elle pointait d’une main mon pénis et de l’autre son vagin. Elle disait : tu as les idées, et moi le vagin. Si tu veux des enfants, c’est ton idée. Tu n’as qu’à entrer ton truc dans le mien. Et alors ton enfant sortira de mon ventre et tu auras deux fois plus de vêtements d’enfant, deux fois plus de jouets, deux fois plus de bonbons et enfin, c’est ça le vagin. C’est ça l’amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est ça l’amour. Tu as entendu? Elle a dit : c’est ça l’amour. L’amour, c’est mon truc dans ton truc. Mon pénis dans tes idées. Si tu n’as pas idée de le laisser entrer, je ne vois pas comment nous pourrions un jour avoir les vêtements d’enfants et les bonbons, les dîners et les jouets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi je dis, si on veut tout ça, il faut le faire pendant la récréation. Ton professeur de maternelle ne nous verra pas. Il regardera ce qu’il aime, ses crayons, son papier, son cartable, son pénis. Jamais il ne verra le mien entrer là dans ce que tu as là. Et nous aurons les enfants qu’il faut pour s’habiller, et aller dîner au restaurant avec plein d’argent et des bonbons, et le jour où mon pénis deviendra dur nous en aurons des tas, nous en aurons tant que tu en veux des enfants.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-8461258183649371084?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/8461258183649371084/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=8461258183649371084&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8461258183649371084'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8461258183649371084'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/la-baise-des-enfants.html' title='La baise des enfants'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-5687467858639430941</id><published>2011-09-17T04:29:00.002-07:00</published><updated>2011-09-17T04:30:30.919-07:00</updated><title type='text'>Monsieur Feu</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Papa m’avait préparé tout un festin, je vous jure, matraques et maquillage, masques, cagoules, chaînes et objets phalliques, tout ce dont j’avais besoin enfin pour écrire l’histoire la plus sadique du monde. Je vous avais inventé des personnages comme vous les aimez, sexuels et avec du sang à peu près partout, sur leurs vêtements comme en-dessous. C’était déchirure sur déchirure, il y avait même un mec dont je m’étais inspiré de mon vrai papa pour le créer : il entrait des briquets dans l’utérus des jeunes filles avant de les allumer. Ça faisait Klaboum et le sexe des petites s’éparpillaient sur les lèvres du vieux vicieux que j’avais appelé Monsieur Feu, pour les besoins de l’histoire, rien que pour vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur Feu allumait toutes les demoiselles, on ne sait pas trop comment, je vous épargne ses stratégies de séduction mais, allez savoir pourquoi, tous les soirs dans son lit il y avait des jeunes filles tout ce qu’il y a de plus mince, dix ou douze ans, comme vous les aimez, et il leur faisait voir des étoiles comme jamais aucune maman ne serait capable de.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y avait, dans cette histoire, de grands moments de suspens, comme la fois où Monsieur Feu fouillait les magasins à la recherche de menottes pour enfant. C’était pour lui toute une péripétie, car les seules menottes qu’il trouvait étaient pour adultes, et elles faisaient deux fois la taille du poignet des jeunes filles qu’il ramenait chez lui. C’est grâce à une dame nommée Fatalia qu’il a réussi à se procurer des menottes d’enfant. Il avait rencontré Fatalia dans un magasin et, en échange d’une baise, elle lui avait donné les menottes dont son grand-père s’était servi durant la guerre pour tenir tranquilles les bébés juifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous auriez aimé ça, vraiment, les mots que je racontais pour expliquer que les petites filles frémissaient sur les barreaux du lit tandis que le gros Monsieur Feu se trémoussait sur elles. C’était à lire, vraiment, la grosseur du pénis que lui avait comparativement à la minuscule tête que elles avaient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais bon, j’écrivais tout ça quand papa a tué maman avec sa matraque, les chaînes et tout le reste. Elle est morte dans l’orgasme, mais n’empêche, ça m’a coupé l’inspiration. J’ai déchiré les pages de mon histoire parce que oui, après tout, je suis humain. La mort de maman m’a fait paniquer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir, papa m’a présenté ma cousine. Cloride. Il avait envie que je lui écrive quelque chose d’incestueux. Il m'a fait promettre que cette fois, même si ma cousine périssait sous ses ébats, je continuerais de raconter la violence avec laquelle mon célèbre Monsieur Feu torture ses victimes. J'ai promis que j'écrirais. Mais avant, il faut que je m'inspire du corps de ma cousine morte asphyxiée. Bientôt, ça viendra. Je me mettrai à écrire et vous saurez de quelle façon les testicules de Monsieur Feu en sont venues à bloquer la respiration de Miss Cloride.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-5687467858639430941?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/5687467858639430941/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=5687467858639430941&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5687467858639430941'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5687467858639430941'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/monsieur-feu.html' title='Monsieur Feu'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-7939516880413119184</id><published>2011-09-17T04:29:00.001-07:00</published><updated>2011-09-17T04:29:52.851-07:00</updated><title type='text'>La cage verbale</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La cage fut prête comme un mal de novembre. C’est drôlissime de parler des mois comme ça, au passé simple comme si c’était là quelque chose d’historique alors que je la sens encore tout à fait présente, cette cage au fond de moi, tout au fond de laquelle je me plie encore en deux pour écrire deux mots, parfois trois, sous l’impulsion de n’importe quoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est en faisant n’importe quoi que j’ai fait quelque chose et c’est en continuant de faire n’importe quoi que je continuerai de faire ma vie. Point. Les points se font souvent attendre, je sais, il faut me pardonner. Je déteste les vraies pauses. Je préfère les virgules qui comme les hoquets surprennent la lecture au moment où on se croit lecteur bien lancé bien normal sans craindre jamais le moment où la virgule viendra ou ne viendra pas. C’est étonnant, je dis, que les virgules ne soient jamais passées au centre de l’histoire. Parmi tous les novembres vécus, tous les maux et les cages, je pense qu’il y a avant toute chose cette virgule qui un jour les sépara. Et encore, le verbe n’a encore rien dit. Je le fais taire par le passé simple, mais je pense qu’un jour lui aussi revendiquera sa vraie substance, à savoir son refus de se conjuguer sur nos tout et nos rien comme s’il dépendait du mot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La cage me saccagerai, un jour, et je me fasserai pour qu’elle me fasse moitié nous, moitié futur, et alors elle retournerons là d’où mon père l’avait construite, derrière la maison, sous la première neige qui tombèrent le fer, barrière hélicoptère exagère cratère et ainsi de suite jusqu’à ce que révolue soit l’ère.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-7939516880413119184?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/7939516880413119184/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=7939516880413119184&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/7939516880413119184'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/7939516880413119184'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/la-cage-verbale.html' title='La cage verbale'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-3557794917099956443</id><published>2011-09-17T04:28:00.000-07:00</published><updated>2011-09-17T04:29:24.440-07:00</updated><title type='text'>Les mamans noires</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Maman était noire, sinistre, comme d’habitude, yeux fermés et linges à vaisselle hissés hauts et clairs comme les drapeaux d’un pays d’où elle prétendait venir mais dont personne ne se souvenait. La Cage, qu’elle disait, c’est mon pays. Papa disait que la cage, c’était lui qui l’avait fabriquée. Moi je disais que c'était la cage d'où j'écrivais que vous ne devriez pas accorder trop d’attention à ce que maman dit. Votre attention est plus précieuse que votre mère. De nos jours, ceux qui sont capables de demeurer attentifs à un texte comme celui-là durant plus d’une minute sont rares. Je les compte sur les doigts d’une main. Vos yeux sont ailleurs, je ne sais pas où; sur les fesses d’autres peut-être, et je comprends cela, car moi aussi j’aurais aimé avoir des fesses à la place des yeux, rien que par curiosité, pour voir quel genre de pantalon j’aurais pu porter pour me protéger du soleil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plusieurs d’entre vous ont cessé de lire dès que j’ai dit que maman était noire. Ceux qui sont restés à lire sont probablement les enfants d’une maman noire, eux aussi, sans nécessairement être les enfants de ma maman à moi (ce qui supposerait que je suis leur frère). D’autres sont peut-être restés par simple curiosité, à savoir ce que j’entends par maman noire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ceux-là, je dirais qu’une maman noire est une femme d’où vous auriez aimé ne jamais naître. Si vous pensiez que cela avait quelque lien que ce soit avec l’Afrique, vous pouvez cesser votre lecture. Le reste ne vous intéressera pas. Je ne parlerai pas de races. Je ne parlerai pas de continents. Je parlerai seulement des yeux d’un enfant vis-à-vis celui de sa mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceux qui ont une maman noire sinistre comme la mienne sont désormais les seuls à me lire. Les autres sont partis par manque d’attention ou de curiosité. Vous qui me lisez encore espérez sans doute que je vous parle plus en profondeur de cette mère que j’avais et qui ressemble à la vôtre. Je le ferais, assurément, si elle n’était pas noire. Mais puisque le noir est une absence de couleur, il est impossible pour moi de dire que son nez était mauve, ou que ses joues étaient mauves, ou que ses oreilles l’étaient aussi. Si je le disais, je ne ferais qu’inventer. Et je me suis juré que je cesserais d’inventer. Je ne veux plus faire d’histoires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les histoires vous captivent, je sais, et c’est à cause de mes histoires que vous me lisez, et c’est parce que vous me lisez que je vous déteste, et c’est parce que je vous déteste que je ne veux plus faire d’histoires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maman caressait la cage comme si c’était là son pays. J’y suis entré à genoux. Dans la cage, j'ai écris des histoires, petites ou grandes; je ne parlerai ni des dimensions de mes histoires, ni des dimensions de ma cage, ni de celles de maman noire, car c’est là tout mon sinistre : plus je vous parle, plus vous lisez, et plus vous lisez, moins j’écris, et moins j’écris, plus je vous hais.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-3557794917099956443?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/3557794917099956443/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=3557794917099956443&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/3557794917099956443'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/3557794917099956443'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/les-mamans-noires.html' title='Les mamans noires'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-2673078886657479716</id><published>2011-09-03T12:15:00.001-07:00</published><updated>2011-09-03T12:15:52.128-07:00</updated><title type='text'>La forêt des malaises</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’était comme si Dieu avait décidé de nous mettre là, nous quinze dans la forêt, pour nous punir d’avoir rêvé de quelque chose d'interdit. Quand je dis que nous étions quinze, je ne compte pas Dieu. Évidemment. Je dis que c’était « comme si » Dieu avait été là, mais il n’y était pas. En vérité, si le céleste bonhomme y avait été, j’aurais dit que nous étions seize.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais rejoint les sentiers de cette forêt en marchant au hasard dans les champs de mon père. Je jouais comme ça à faire tourner les cordons de mes souliers sur l’herbe. Je fixais le sol et, à force de faire des cercles avec mes pieds, j’ai oublié la distance toujours plus grande qui me séparait de la maison de mon père.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand l’ombre de la forêt a fait un nuage sur ma tête, j’ai cru naïvement que le vent se chargerait de me ramener chez moi. Je me disais que ce n’était qu’une question de temps avant que le vent chasse le nuage et se mette à souffler sur mes vêtements, me soulevant de terre jusqu’à la maison de mon père. Je ne savais pas que je m’enfonçais dans la forêt des mélèzes. Pourtant, mon père m’avait souvent parlé de cette forêt. Il m’avait raconté que Dieu cachait là-dedans tous les pécheurs, ce à quoi j’avais répondu en riant que c’est impossible : aucun pécheur ne trouverait de poisson à pêcher dans une forêt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et mon père répondait :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Dans la forêt des mélèzes, c’est Dieu au bout de la canne à pêche. Et ce sont les pécheurs qui sont les poissons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les feuilles mortes ont commencé à craquer sous mes pieds. C’est là, dans le crépitement d’une feuille, que j’ai réalisé que je m’étais aventuré dans la forêt interdite. Je me trouvais là où seuls les plus braves osaient s’aventurer. Je le savais. J’en étais fier. Je ne m’en cache pas. J’avais la trouille, oui, je ne m’en cache pas non plus. Mais avant de retourner chez moi, il me fallait absolument trouver un objet, une sorte de trophée, qui prouverait que j’avais bel et bien visité la forêt des mélèzes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai décidé de cueillir du bois. Je me disais que papa en ferait un feu, ce soir, pour célébrer mon courage de m’être aventuré là où le danger est tel que seuls les plus forts en ressortent vivants. Je commençais tout juste à remplir mes poches de branches et de brindilles que, hop, une voix s’est fait entendre :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Les fleurs, oui... Le bois, non, ça ne se cueille pas...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était une femme. Je l’ai vue, assise au pied d’un arbre. Elle tenait un enfant qu’on dirait qu’il était mort dans ses mains. J’ai voulu lui demander qu’elle m’aide à retrouver mon chemin jusqu’à chez moi, mais elle ne faisait que reprendre mes mots pour les corriger :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Un enfant qu’on aurait dit mort, oui... Qu’on dirait qu’il était mort, ça ne se dit pas...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai commencé à vider mes poches. J’en avais assez. Je me suis dit que c’était possible, que le bois que j’avais cueilli sur les sentiers de la forêt des mélèzes ne m’appartenait pas et que c’était pour ça, peut-être, que la dame avait l’air méchante avec moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’ai l’air méchant. Je suis une belle femme, je sais... Mais n’empêche. L’air méchante, ça ne se dit pas...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là, ça devenait agaçant. Je ne voulais pas connaître cette femme. Elle disait qu’elle avait enseigné le français à la maternelle pendant un an et qu’elle pourrait m’apprendre quelques règles en privé. Soudainement, elle m’a regardé d’un oeil tendre, trop tendre. J'ai cru qu'elle était soûle et que l’idée de m’embrasser lui était monté à la tête. Elle a déposé le corps de son enfant mort sur son bras et, de son autre main, elle a tenté de sortir un sein de sa chemise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est là qu’une femme plus âgée dont je ne me souviens jamais du nom, je n’ose jamais le lui redemander, enfin, je crois qu’elle s’appelle Triéglène, a pris la parole au milieu du sentier :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Elle veut toujours montrer ses seins celle-là! Elle s’appelle Fantelle! Ne t’approche pas d’elle. Elle porte un enfant mort sur ses bras parce qu’elle a voulu faire l’amour à un des enfants de la maternelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’humidité de la forêt, ou la peur peut-être, avait perlé en sueur sur mon front et je n’avais qu’une envie. M’enfuir. J’ai voulu courir mais mes pieds n’avançaient pas. Des hommes, des femmes, eux, pourtant, croisaient mon inertie comme si j’allais à leur rencontre alors qu’en réalité, je ne bougeais pas. Un homme, couché contre une pierre, m’a dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’ai voulu faire l’amour avec ma nièce, une fois. J’y ai pensé, une minute ou deux. Rien de grave. J’ai pensé que si j’arrivais à boire sa jeunesse entre ses cuisses je pourrais retrouver la mienne. C’était naïf de ma part, peut-être. Quoi qu’il en soit, je t’assure que je n’ai jamais touché à ma nièce. Mais ici, nous ne sommes pas punis pour ce que nous avons fait. Nous sommes punis pour ce que nous avons voulu faire...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sentais battre la forêt sur mes épaules. Mon corps, stable, statique comme une statue, tournait entre les arbres comme transporté par un train en plein mouvement. Dieu avait pris mon corps pour un pion. Il me faisait glisser sur les sentiers afin de me faire voir quelque chose que je ne comprenais pas. Le questionnement m’est venu comme ça, soudainement, je me suis demandé : Et moi, pourquoi suis-je là? Suis-je puni pour une chose que je n’ai pas faite mais que j’ai voulu faire?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis je me suis souvenu de ce qui s’était passé avant que j’entre dans cette forêt maudite : « je jouais dans les champs de mon père, oui, je marchais au hasard, ou plutôt, je boudais mon père, oui, je le boudais parce que j’avais une haine envers lui, je ne sais plus pourquoi mais c’est possible, je pense, que j’aie souhaité sa mort un court instant, que j’aie voulu l’assassiner, oui, et le pendre à la gorge avec les cordons de mes souliers. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça y est. J’avais trouvé ma place dans la forêt. J’ai baissé la tête. Évidemment, les cordons de mes souliers avaient disparus. Je savais trop bien où ils étaient. Quand j’ai levé la tête, j’ai vu, à la branche d’un arbre, le cadavre de mon père pendu. J’ai cru à une hallucination. Je me suis retourné pour y échapper. Mais j’ai eu beau avancé au rythme d’un train, sitôt que je croisais un arbre, j’y voyais mon père mort pendu aux branches qui me suivaient sur les sentiers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai un million de fois fait le tour de la forêt. Jamais je n’ai trouvé de sortie. Je reviens toujours sur mes pas. Je reviens toujours à Fantelle, au pied du premier arbre où mon père a été pendu. Elle ne semble même pas gênée par les pieds de papa qui vacillent dans le vide de ses yeux. C’est comme si les pieds de papa lui passaient au travers. Je commence à croire qu’elle est fantôme, comme moi, et qu’elle me parle comme à un enfant mort :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et toi, mon petit bonhomme, qu’as-tu souhaité de mal pour être ici?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- La mort de mon père...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oh, c’est très vilain ça! Tu sais que la maternelle réserve de terribles punitions aux enfants qui n’aiment pas leur papa?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui Fantelle. Je sais... Tu me le dis chaque fois que je fais un tour de forêt...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Eh bien, si tu veux apprendre à écrire, je peux te montrer quelques règles en privé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense que quiconque ferait un million de fois le tour d’une forêt finirait par se laisser convaincre par les avances de Fantelle. Même si chaque phrase qu’elle prononce est un malaise en soi, c’est elle qui m’a appris à écrire. En échange de quelques caresses, elle m’a appris la littérature. Certes, il a bien fallu que je lui tète le sein un millier de fois avant de ne plus faire de fautes, mais de toutes ces fautes, aucune n’égalera jamais celle que j’ai commise il y a vingt ans de ça, alors que je boudais mon père en marchant au hasard dans les champs remplis de tout ce qui existait avant; ces champs dont je me souviens plus blonds qu’un jet de vie blanc, plus blancs que le soleil qui ne reviendra jamais percer le plomb des feuilles pour déverser son bleu sur ma tête.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-2673078886657479716?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/2673078886657479716/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=2673078886657479716&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/2673078886657479716'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/2673078886657479716'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/la-foret-des-malaises.html' title='La forêt des malaises'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-7951031037120805876</id><published>2011-09-03T12:14:00.002-07:00</published><updated>2011-09-03T12:15:27.610-07:00</updated><title type='text'>Les enfants du siècle prochain</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je me sens effectivement un peu pratiquement comme la mère qui au Moyen-Âge donna naissance à un bébé grand et maigre, frêle et élancé, incapable assurément de survivre plus d’une heure dans la forêt des loups :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- L’enfant que j’ai enfanté est faible et fragile, qu’elle s’était dit. Avec la forêt juste à côté, jamais il ne pourra vivre plus de vingt ans. C’est un gâchis que je viens de sortir là, de mon ventre, tuez-le puis engrossez-moi encore afin que je procrée quelque chose de plus durable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mien s’appelle Zoïc. Il n’est pas fragile. Côté physique, ça va. C’est du côté cérébral que ça cloche. Il n’a même pas encore cinq ans que, déjà, on lui prescrit des pilules. Le docteur dit qu’il a un déficit de l’attention et qu’il vaut mieux agir vite. C’est vrai que mon bébé n’est pas une lumière. Quand je lui demande comment s’appelle sa mère, ça lui prend au moins dix secondes avant de me répondre. J’ai chronométré. C’est évident, je pense, qu’il ne fera jamais un ingénieur. Il est destiné à des métiers de base. Il fera peut-être pompier, ou livreur de pizza. Dans le meilleur des cas, il sera dans le quatrième trio d’une équipe de hockey.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pire, dans tout ça, c’est que son père refuse de lui donner les pilules prescrites par le docteur. Je n’arriverai jamais à faire de mon fils un génie si le père le laisse vivre en parfait être humain libre de tout médicament. C’est évident que le père comme l’enfant n’est pas plus intelligent qu’une taupe dans un volcan. Le père pense que son enfant n’est pas débile et l’enfant agit comme s’il ne l’était pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il a une intelligence différente de la nôtre, dit le père, rien de plus, rien de moins, et si l’évolution de l’humain a décidé qu’il devait naître comme ça sur terre, c’est parce qu’il faut le laisser vivre ainsi. Si on s’efforçait moindrement à étudier les richesses intellectuelles de notre enfant plutôt que d’essayer de le normaliser, on pourrait avoir des surprises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non. Notre enfant a des problèmes comme tous les autres, preuves à l’appui : il n’écoute pas en classe. Il ne fait pas ses devoirs. Il a un déficit de l’attention. Son père aura beau dire que s’il y a aujourd’hui beaucoup d’hommes frêles et élancés c’est en partie à cause du premier enfant qui, au Moyen-Âge, naquit frêle et élancé, je refuse de croire que mon enfant ouvrira la porte sur une génération d’humains infectés du déficit de l’attention.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me fous pas mal que mon petit Zoïc dise qu’il est capable de sentir les couleurs, que le bleu goûte le bleu, que le noir sente le noir; qu’il soit capable de lire les sentiments au travers des personnes, qu’il ait une intelligence émotive extrême je m’en fous. Il est bon dans tout ce qui ne paye pas. Qu’est-ce que ça peut me faire, à moi, que mon enfant soit le plus généreux de sa classe? Ce n’est pas comme si la générosité allait lui faire gagner de l’argent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi je pense qu’il existe dans chaque enfant un cerveau que nous ne sommes pas à même de comprendre et que nous aurions avantage à le faire taire à coups de pilules, ce cerveau, sous prétexte qu’il présente des troubles d’attention ou autres; le droguer sans cesse, afin que jamais l’évolution ne s’écarte de notre normalité à nous, et que jamais la richesse de ce que nous ne comprenons pas ne s’ouvre sur un lendemain qui n’est pas celui où nous sommes morts. Amen.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-7951031037120805876?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/7951031037120805876/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=7951031037120805876&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/7951031037120805876'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/7951031037120805876'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/les-enfants-du-siecle-prochain.html' title='Les enfants du siècle prochain'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-7793318964906008895</id><published>2011-09-03T12:14:00.001-07:00</published><updated>2011-09-03T12:14:57.128-07:00</updated><title type='text'>Le soleil sans jurer</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je m’étais dit que jamais, absolument jamais, le soleil ne me réprimandera pour le mal que j’ai fait durant la nuit, parfois, avec des filles que j’ai un tout petit peu violées, un tout petit peu tuées, mais voilà que tous les matins il m’éblouit dans un blanc jet de vie insoutenable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant, je pouvais dormir, rideaux ouverts, sans crainte d’être aveuglé le lendemain matin par cet astre vicieux qui, je ne sais pas pourquoi, a décidé comme ça de me punir pour les quelques meurtres que j’ai commis par le passé. Si je pouvais parler au soleil, j’aurais deux ou trois mots à lui dire : hé, ho, bonhomme, les meurtres ne datent pas d’hier, que je lui dirais; il me semble qu’il serait temps d’accepter que l’humain tue, et que les crimes font partie du cerveau au même titre que les fantasmes, les sports, les arts et toutes les choses qu’on décide de faire sans trop qu’on sache trop pourquoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aurais cru que le soleil aurait été le premier à savoir que les humains s’agressent depuis un si grand nombre d’années que cette pratique devrait être considérée aujourd’hui aussi normale que celle des animaux qui mangent leurs bébés. Mais non. Ce gros vicieux de soleil s’amuse encore à regarder à travers les vitres du palais de justice l’incompréhension des prisonniers face à leur sentence. C’est décadent. Si on libérait tous les prisonniers, on se rendrait compte que d’entre tous les humains, ceux qui aiment maltraiter les humains sont beaucoup plus nombreux que eux qui aiment rester chez eux. Moi qui croyais que le comportement des plus nombreux dans une espèce donnée décidait du comportement des autres. Tout porte à croire que je me suis trompé. J’en suis médusé, comme une méduse à qui on aurait retiré le droit de chauffer la peau des baigneurs qui viennent s’aventurer dans son propre océan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je dois me résilier. Je constate que, dans toute cette affaire, c’est le soleil le grand gagnant. Je me tiendrai tranquille à l’avenir. Chaque matin, quand le soleil m’éblouira de son jet pernicieux, je lui jurerai que je ne commettrai plus jamais de crimes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je continuerai quand même, la nuit, d’apostropher les jeunes filles pour leur donner rendez-vous là où il ne se passera rien. J’enfouirai dans mes fantasmes toutes les choses que j’aurais aimé leur faire subir et, le jour, je pratiquerai des sports dans lesquels j’évacuerai mon désarroi de ne rien avoir pu leur faire. Le soir venu, enfin, je me ferai croire que j’y peux encore quelque chose en peignant sur de stupides tableaux des femmes nues qui, dans la fiction la plus laide, se découperont de chair et de sang sous mes pinceaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m’endormirai ainsi chaque soir, sans rien dire jusqu’à ma mort, et on viendra me dire, après tout ça, qu’il n’y a que les prisonniers pour avoir de pareilles idées; et ce gros soleil sans cerveau viendra me dire à moi qu’un paradis m’attend parce que j’ai su faire dévier mon cerveau de là où il aurait dû aller.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-7793318964906008895?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/7793318964906008895/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=7793318964906008895&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/7793318964906008895'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/7793318964906008895'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/le-soleil-sans-jurer.html' title='Le soleil sans jurer'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-2361039510340398145</id><published>2011-09-03T12:13:00.002-07:00</published><updated>2011-09-03T12:14:16.917-07:00</updated><title type='text'>Le chumain expérimental</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je remaniais les fluctufs dans les éprouvettes du laboratoire X à la recette d’une potion, à savoir quoi qu’il fallait inventer, élixir de mort ou d’amour; je versais fluc sur fluc, les éprouvettes les unes dans les autres en y ajoutant parci et monie du laurier, des drogues comme Ritalin, Prozac, et virus et maladies comme feuilles de fleurs. Une fois mes formules écrites, je les donnais à boire à un chien qu’une famille m’avait vendu parce soit disant il vomissait toujours sur leur tapis. J’avais accepté d’acheter ce chien parce que je m’étais dit, à l’époque, qu’il ferait un parfait chien expérimental qui boirait tous mes essais afin que j’en note les effets, puis qui les vomirait afin qu’aussitôt je puisse lui en administrer d’autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un soir d’avril ou juin, enfin, mon carnet n’est pas clair sur la date que le chien a bu sans vomir l’éprouvette no. 3502 ou 3504 que je lui avais versée sur la langue et qu’après l’avoir bue, il est devenu complètement amoureux de moi. Il tapait ses oreilles sur les murs qu’on aurait dit qu’il allait tout défoncer, et s’ébrouait sur moi jusqu’à je pense qu’il m’a griffé la fesse, la gorge, l’omoplate et partout là où un chien peut vouloir s’accrocher à un humain pour lui démontrer de l’affection violente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai dû me retourner contre lui, le traitant de sale cabot, je le menaçais d’une fiole qui s’était cassée sur le sol et sale cabot, je disais, ne t’aventure pas de t’avancer encore au niveau de ma fesse, de mes hanches, sinon ça sera le coup de fiole sur ta gueule. Il était si amoureux de moi que, je vous jure, il galopait cheval, courait guépard, gambadait gazelle rayures zèbres comme tigres et devenait absolument tout animal et tout volubile pour moi. Il m’appelait son chumain, créature divine d’entre le chien et l’animal, comme si dans sa tête s’était créé le symbole égyptien de mon corps humain surmonté d’une tête de chien qu’il s’était inventée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai dû le tuer de mon coup de fiole, oui, et je dois toutes mes condoléances pour la famille de cet animal grâce à qui, tout de même, j’ai pu inscrire dans le temple de la science la recette exacte de l’élixir de l’amour, cet élixir que j’avais créé et qui avait fait de ce chien un amoureux de moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain de ce malencontreux meurtre, j’ai reçu la visite de chercheurs qui, au nom de l’état, ont étudié les lieux de mon assassinat. Ils m’ont demandé enfin quelle était la recette de cet élixir qui avait causé troubles chez l’animal comme chez le chumain. Et j’ai dit laurier, j’ai dit orge, j’ai dit autre chose aussi mais ce salaud de scientifique n’avait qu’une question dans la bouche :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bon, alors, l’élixir que vous avez inventé, c’en est un d’amour ou de mort?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- D’amour! que je lui ai répondu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je vois la carcasse d’un chien. Je vois son sang sur vos vêtements. Mais l’amour je ne le vois pas. Je pense que c’est un beau poison que vous nous avez inventé là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis énervé, et défendu encore, fiole à la main, je répétais que non, vous ne comprenez pas, c’est comme la mort est venue avec l’amour et vous n’avez rien vu de la furie d’amour de ce chien sur moi avant qu’il meure, griffes sur mes parties intimes et sur tout ce que j’avais qui ressemblait de près ou de loin à une éprouvette!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les chercheurs n’ont pas voulu m’entendre. Ils ont fermé mon laboratoire, au nom de la science disent-ils, que maintenant ils m’empêcheront d’y retourner ne serait-ce que pour mettre du jus d’orange dans un pamplemousse. Je n’ai plus accès au laboratoire que j’avais moi-même instigué il y a dix ans, et si j’ai le malheur d’y remettre les pieds, je sais qu’ils m’accueilleront avec menottes et gilets par balles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est pour cette raison que j’ai décidé de travailler chez moi. Ça ils me laissent faire. Ils me laissent même acheter le journal au kiosque près de chez moi. Je fouille là-dedans les annonces qu’il y a cette dame de soixante ans qui aimerait se débarrasser de son chien parce qu’après la mort de son mari, elle est devenue trop veuve pour nourrir son cobaye à poils. Il y a ma voisine, aussi, qui m’a proposé de garder son instrument vivant pendant les vacances. Il existe encore beaucoup de gens qui ne se soucient pas de qui je suis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne perds pas espoir de me refaire une réputation dans le monde scientifique, pour peu que je conserve la formule de l’élixir bien cachée ici, dans mon carnet, ici dans mon appartement il ne me manque que le chien pour qu’enfin je puisse prouver que n’importe qui, n’importe quoi, peut me demander en mariage et qu’ainsi je devienne riche d’avoir apporté à la science et à l’amour un avancement techno-sentimental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le pire des cas, si la voisine et les vieilles dames ne suffisent pas, j’irai à l’animalerie. J’irai là-bas me dénicher un bébé chien que j’éduquerai comme un fils et, quand il aura l’âge d’être amoureusement actif, je lui ferai bouillir mon potage d’élixir. Je ne lui en dirai rien. Un midi, je me vêtirai de ma combinaison spatiale et je serai prêt à subir son amour violent de griffes. Je me ferai prendre de la façon que mon fils voudra me prendre et, dans toute cette bataille scientifique, si c’est moi qui meure le premier, j’aurai au moins prouvé que mon élixir existe et qu’il n’y a pas d’amour sans mort.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-2361039510340398145?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/2361039510340398145/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=2361039510340398145&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/2361039510340398145'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/2361039510340398145'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/le-chumain-experimental.html' title='Le chumain expérimental'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-2069356639626745792</id><published>2011-09-03T12:13:00.001-07:00</published><updated>2011-09-03T12:13:48.126-07:00</updated><title type='text'>La drogue hyper supra célèste</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C'est une drogue qu’on la prend et qu’on devient moins con, instantané, le cerveau se met à travailler mille à l’heure sur tout le plancher, du salon, de la cuisine, n’importe quoi, on arrive même à voir ce qui se passe dans notre dos, les délateurs sur notre nuque et tous les membres de notre famille qui disent que vraiment le neveux je ne lui donne pas cher à vivre, à la quantité de drogue qu’il prend, il n’ira nulle part.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On les entends les oncles, les tantes. On les comprend mieux qu’ils se comprennent. On touche à ce qu’ils ne toucheront jamais et va, va là, là où ils n’iront jamais on y va. On touche le zur, le chien et le ciel, en même temps, l’atmosphère qu’il n’y a plus de secret pour l’azur et le soleil qui décide de se coucher à telle heure parfois, parfois d’autres heures et souvent de ne se coucher jamais. C’est une drogue qui fait voir clair même la nuit et vous rend plus intelligent que la moyenne commune des mortels qui meurent stupides de croire à l’athéisme, la science sans rien au-dessus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est clair qu’il y a le bon dieu, on le voit par la drogue, clairement qu’il a les paumes ouvertes par-dessus la terre et que ses mains suintent déjà de moiteur la pluie des eaux à l’idée de la vengeance qu’il nous réservera si ma tante continue de parler dans mon dos. J’ai la capacité de voir dans le futur, que ma tante sera réduite ou augmentée à la grandeur des étoiles, diminuée à rien de plus que la lueur d’une telle ou d’une autre, éternellement coupable d’avoir parler de moi en mal. Cette drogue rend lucide. Elle permet de voir à quel point dieu aime, et à quel point je l’aime; et parce que je l’aime, il m’a dit qu’il transformerait en étoiles tous ceux qui ne m’aiment pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous l’effet de la drogue, je suis hyper supra céleste. J’ai la capacité de communiquer avec dieu comme bon me semble. Je lui donne des renseignements au sujet des humains. Hier soir, je lui ai dit que je ne voulais plus vivre parmi eux. Je lui ai demandé qu’il m’évacue de cette terre de péchés, qu’il me donne accès à son réel monde céleste afin que je n’entende plus parler les voix de ma tante qui ose dire, dans mon dos, que ma drogue ne transforme rien du tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai demandé à dieu qu’il écourte mes jours. Je lui ai demandé qu’il m’extirpe de ce monde vulgairement trop con pour moi et qu’il me permette de voler entre ses mains comme mon cerveau aimerait le faire, libre et plus grand que le plus grand. J’ai demandé qu’il me lègue sa place sitôt que je serai mort. Et je pense qu’il a accepté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, je suis tombé dans l’escalier. J’ai rampé jusqu’ici. J’ai eu du mal à marcher et j’ai encore du mal à écrire. C’est bien la preuve que dieu m’a entendu. Il est sur le point de me faire mourir pour m’acheminer ailleurs, quelque part où je pourrai décider de tout le monde et punir tous ceux qui ont parlé contre moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai déjà une idée quant à la punition que je réserve à ma tante : je lui casserai le cou. Je ferai pivoter sa tête vers l’arrière et, lèvres contre nuque, elle saignera sur son dos tout le sang qu’elle a fait couler sur le mien.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-2069356639626745792?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/2069356639626745792/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=2069356639626745792&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/2069356639626745792'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/2069356639626745792'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/la-drogue-hyper-supra-celeste.html' title='La drogue hyper supra célèste'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-1236752479544082443</id><published>2011-09-03T12:12:00.000-07:00</published><updated>2011-09-03T12:13:05.089-07:00</updated><title type='text'>La réminiscence des chiffres</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ça fait du bien d’entendre parler de chiffres. Quand j’allume la télé, ça fait du bien de voir tous ces chiffres à l’écran. On a 14 degrés ce matin, gros soleil. En après-midi, on prévoit un orage. Si vous restez sous la pluie, la température ressentie devrait tomber à 4 degrés sous zéro. Mais si vous restez chez vous, il fera la température que vous aurez décidé qu’il fera.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aux États-Unis, il fait de 15 à 25. C’est le temps de voyager. 1 000 000 US équivaut à 1 000 246 CA. La bourse a annoncé une baisse de 0,09% pour la confrérie tabac je ne sais pas quoi et puis, 8 morts, 90 blessés. Le toit du bar a explosé. On enquête toujours sur la mort des 8 individus qui se trouvaient sur le toit à 36 heures 22, 54 secondes, de l’an 11, moins le quart.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’adore les chiffres. Quand je lis un livre, je ne regarde pas les mots. Ce qui m’intéresse, c’est le chiffre en bas à droite. Je saute vite par-dessus les mots pour voir si après la page 8 viendra la 9. À mon avis, tous les livres se ressemblent. Je n’en ai vu aucun encore qui ait inventé de nouveaux chiffres. Tous se suivent, comme d’habitude, et c’est pareil pour les mots conjugués tous pareils qu’à leur habitude. Il n’y a pas de surprise. Je pense que si on aime être surpris, vraiment, il faut se tenir loin des livres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il vaut mieux observer la migration des oiseaux qui parfois sont 15, 24, 31 dans le ciel. Ils n’ont pas de suite logique. Ils se regroupent en un paquet et c’est assez fréquent de voir, parmi tous ceux qui ont décidé de migrer, l’un d’eux décider d’abandonner la migration. Leur 29 tombe alors à 28. C’est étonnant, la capacité qu’ils ont de faire reculer les chiffres. Rien à voir avec les pages qui elles se suivent en montant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il existe des merveilles que jamais les mots ne pourront égaler. À l’époque où j’étais encore avec Françoise, je n’en avais que pour les mots. Elle disait qu’elle m’aimait. Je lui répondais ce qu’elle voulait entendre. Mais dès que je lui demandais combien elle m’aimait, elle n’avait plus de mots. Avec elle, il n’y avait jamais de chiffres. Je pense que c’est elle qui m’avait coupé des chiffres, carrément.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand elle m’a quitté, elle a laissé l’appartement complètement vide. Elle a tout pris, même sa calculatrice. Je l’ai aidé à transporter ses boîtes jusqu’à sa voiture. J’ai fait une série de gestes qui, je pense, prouve que je suis quelqu’un de généreux. Puis je suis retourné chez moi pour m’asseoir par terre, dans le salon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis rendu compte que je n’avais plus rien. Pas même une calculatrice. J’ai beaucoup pleuré cette fois-là. Mais ce matin, je m’en suis acheté une nouvelle. Une calculatrice. Et ce soir je réalise que c’est une bonne chose que nous ne soyons plus ensemble. Nous étions 3. Elle, moi et le chien. Dorénavant nous serons deux, moi et le chien. Elle a fait reculer les chiffres. Comme les oiseaux. Elle a abandonné notre migration. Elle s’en est trouvé une autre. Elle ne reviendra plus jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir enfin je repense aux chiffres que j’avais mis de côté : je me rappelle lui avoir emprunté 200$ la semaine dernière; et encore je lui dois 1500$ pour le frigo que j’ai dans ma cuisine; et 2500$ pour le sous-sol qu’elle a fait rénover, et 300$ pour le chien qu’elle a payé. Piki. Il s’appelle Piki.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Hé, Piki! Ça fait du bien d’entendre parler de chiffres...&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-1236752479544082443?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/1236752479544082443/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=1236752479544082443&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/1236752479544082443'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/1236752479544082443'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/la-reminiscence-des-chiffres.html' title='La réminiscence des chiffres'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-1160233675279084117</id><published>2011-09-03T12:11:00.000-07:00</published><updated>2011-09-03T12:12:38.880-07:00</updated><title type='text'>C'est pas humain!</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Vos humains ne sont pas humains. Ils sont insectes transmutés. Les bras au lieu des pattes, les oreilles au lieu des branchies, voilà ce qu’ils sont. Dans tout le lot que vous m’avez montré, vous en avez aucun qui soit humain. Je ne peux pas accepter votre offre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Alors dites-moi ce qu’il faut à un humain pour qu’il soit humain, et je vous donnerai ce qu’il faut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il faut d’abord qu’il ait des pieds pour manger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je ne comprends pas. Ces humains ont tous des pieds.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui mais ils ne s’en servent pas pour manger. Ils s’en servent pour marcher. Je ne peux pas ramener des humains qui se servent de leurs pieds pour marcher sur ma planète. Tout le monde dira que ces humains ne sont pas humains, car c’est bien connu sur ma planète que les humains doivent manger avec leurs pieds.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et ils marchent comment?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ils ont des voitures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Les humains que je vous offre ont des voitures! Ils en ont presque tous! Certains voyagent par bus, oui mais bon, d’accord. Disons que j’élimine de mon lot ceux qui n’ont pas de voiture. Sur six milliards, j’en enlève deux. Il vous reste tout de même quatre milliards d’humains! Ce n’est pas suffisant?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et les quatre milliards mangent avec leurs pieds?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui, parfois, ça leur arrive, lorsqu’ils échappent quelque chose...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et leur casque?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Quoi leur casque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ils n’ont pas de casque. Sur ma planète, les gens croient que les humains ont des casques. Il faut absolument qu’ils aient peur de se faire frapper la tête contre quelque chose. Sinon je ne les prends pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui, bien sûr, j’ai beaucoup d’humain avec casque! J’en ai au moins un milliard. C’est la crème des humains. Ce sont des humains qui se jettent du haut des avions en parachute, ce sont des humains courageux qui escaladent, qui font de la moto, du vélo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Est-ce qu’ils savent jongler?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Jongler, merde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tous les humains jonglent, non?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Non. Les humains qui jonglent avec un casque, ils sont assez rares. J’en ai peut-être deux, trois milles...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je les prends. À condition qu’ils respirent de l’oxygène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah ça oui! Ils sont tout oxygène, mes humains!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et qu’ils savent nager, aussi. Dans l’eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah ça, ça dépend. J’en ai mille qui ont une voiture et qui parfois se nourrissent avec leurs pieds et jonglent avec des casques dans l’eau. Mille. Ça vous va?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est bon. Je les prends. Et en échange, vous voulez quoi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- En échange, je veux que vous me débarrassiez de tous les autres humains qui ne vous intéressent pas. Lancez sur notre planète une pluie de météorites et faites en sorte qu’ils meurent, tous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et vous? Allez-vous faire partie des jongleurs casqués et nageurs qui vivront dans des voitures sur ma planète?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Moi? Non. Il faut que je reste ici. J’ai une famille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous n’avez pas de casque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est vrai. Et alors?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous ferez comment pour la pluie de météorites?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Attendez. J’ai une meilleure offre. Vous voulez pas qu’on revoit l’échange du début?&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-1160233675279084117?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/1160233675279084117/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=1160233675279084117&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/1160233675279084117'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/1160233675279084117'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/cest-pas-humain.html' title='C&apos;est pas humain!'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-8030852449859137185</id><published>2011-09-03T12:10:00.002-07:00</published><updated>2011-09-03T12:11:43.656-07:00</updated><title type='text'>Ces gens qui, incapables de passer une soirée seuls avec eux-mêmes, téléphonent et proposent à peu près n'importe quoi</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pourtant j’ai toujours dit que je détestais ces gens qui, incapables de passer une soirée seuls avec eux-mêmes, me téléphonaient et me proposaient à peu près n’importe quoi, sans importance, pour vu qu’ils quittent leur misérable personne et trouvent dans quelqu’un d’autre la compagnie dont ils ont besoin pour ne pas s’effondrer en miettes sur un comptoir, une cuisine, un condo grassement payé par leur petit papa qui ce soir n’est pas là en train de faire à manger sur le comptoir de la cuisine du condo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne comprenais pas pourquoi elle m’appelait encore, cette fille. Gadarine. Elle s’appelle comme ça. Elle m’appelait parce que son petit ami l’avait laissé seule en ce vendredi, en ce samedi, je ne suis pas sûr du jour mais ce qui est sûr, c’est que le week-end ne peut pas se vivre sans personne. C’était inconcevable. Alors elle m’invitait à n’importe quoi, à faire de la bicyclette sur un circuit de Formule 1, ou du ski sur l’autoroute Jean Lesage, n’importe quoi pour vu qu’elle ait l’opportunité de quitter la personne horrible qu’elle était.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne suis pas au-dessus de tout ça. Depuis que ma petite amie m’a quitté, moi aussi j’ai du mal à passer des soirées agréablement normales en ma propre compagnie. Dès que je suis seul, il faut que je boive. C’est une béquille que j’ai un problème on dira, ça ne va pas, zut fuck, la solitude est telle le soir qu’il est impossible de l’affronter sans que j’aie une bière dans le corps. Il faut bien un liquide pour se remplir de quelque chose et avoir l’impression que nous sommes plein de quelqu’un. Non? Ce n’est pas vrai? Certains soirs, je bois tellement que, le lendemain, j’ai honte de m’en ouvrir une autre. Mais je n’ai pas d’autre choix. C’est la vie qui a décidé que je devais boire. C’est la vie qui a décidé que je devrais vivre seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier soir, j’étais seul et j’avais décidé de ne pas boire. Il fallait absolument que tout soit propre dans l’appartement, c’était maladif. Quand j’ai aperçu l’assiette sale dans le lavabo, je suis devenu colérique. Je me suis lancé tous les verres que mon ancienne petite amie m’aurait lancés si elle avait été là. Je me suis traité de sale, salaud, sale nigaud n’importe quoi, et à la simple vue de ma douche qui, absolument constamment, pourrait être plus propre qu’elle ne l’est, j’ai pleuré. Seul dans mon coin de toilette j’ai pleuré la merde que j’ai faite, le pipi que j’ai débordé et toutes les raisons pour lesquelles elle m’a laissé seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, j’ai abandonné le ménage. Ça ne me servait à rien de faire le ménage comme un défoncé si, au bout du compte, c’était pour finir sur la céramique entre le mur et la cuvette. J’avais cru que vivre dans un environnement propre me rendrait moi-même propre, mais non. Je n’arrive à rien. Plus je nettoie mon appartement pour me sentir propre, plus je me sens sale. C’est comme si la crasse du monde s’aimantait à ma peau. Le vide de tous ceux qui ne sont pas avec moi m’a bouché la gorge de poussières. Je me frappe à coups de balai. Ça ne sert à rien, je sais. Je suis seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore ce soir, j’ai téléphoné à Gadarine pour lui proposer une balade en bicyclette sur l’autoroute de son choix. Elle a dit non. Son petit ami est revenu. Elle n’a plus rien à foutre de moi maintenant. Maintenant c’est moi le con seul, c’est moi qui éjacule sur les chaussettes que mon ancienne petite amie a oubliées chez moi, et c’est moi qui se mouche dans les mouchoirs où n’importe qui s’est mouché. N’importe qui, pour vu que ce n’importe qui soit quelqu’un d’autre que moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis en manque d’autres. Terriblement en manque de ces n’importe qui qui hantent ma vie par la possibilité qu’ils soient là mais n’y sont pas. Ce soir je téléphonerai à mon ancienne petite amie. Elle ne répondra pas, comme d’habitude et je lui laisserai un autre message où je ne conjuguerai pas mes verbes comme il faut, honteux, et où je me traiterai de sale. Je lancerai dans ce message toutes les insultes qu’elle n’a pas osé me lancer. Je mentirai en disant que je vis très bien la séparation, que je suis maintenant tout à fait indépendant et que je suis très, très bien tout seul. J’ajouterai que, si elle en a envie, on peut se voir pour une dernière baise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais d’avance qu’elle refusera. Je me détesterai autant qu’elle me déteste et, pour lui expliquer sa haine envers moi comme je m’explique la mienne envers moi, je lui répéterai encore que je déteste ces gens qui sont incapables de passer une soirée seuls avec eux-mêmes et qui téléphonent aux autres pour leur proposer à peu près n’importe quoi. Sans importance. Pour vu qu’ils quittent leur misérable personne.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-8030852449859137185?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/8030852449859137185/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=8030852449859137185&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8030852449859137185'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8030852449859137185'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/ces-gens-qui-incapables-de-passer-une.html' title='Ces gens qui, incapables de passer une soirée seuls avec eux-mêmes, téléphonent et proposent à peu près n&apos;importe quoi'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-8313428631639769123</id><published>2011-09-03T12:10:00.001-07:00</published><updated>2011-09-03T12:10:30.843-07:00</updated><title type='text'>Les suicides maternels</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je n’avais pas de temps à perdre moi je marchais. Maman disait si tu ne veux pas mourir écrasé il faut que tu marches, le pied devant l’autre, les lacets attachés comme des lapins à la gorge qui crient s’il vous plaît suicidez-moi. Il ne faut pas se suicider, maman disait, et si tu ne veux pas mourir écrasé, il faut que tu marches. Toujours. Alors je marchais, des clous dans les poches et je cherchais cette fille que j’avais vu transporter le marteau qui manquait à l’exécution de plan extrême.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle tenait le manche en bois de ce marteau entre son pouce et son index, à l’endroit exact où s’amassent toutes les odeurs de la vie, du matin à la nuit, sueur et salive mélangées, un marteau à la tête d’acier dont j’avais besoin pour exécuter mon plan, mes clous, enfin, le genre de tête qui ne répète jamais les mots de maman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis né avec dans ma tête des os à la place de l’acier, une configuration fort éloignée des outils hyper-puissants que maman disait si tu ne veux pas mourir, tiens-toi loin des outils. Marche à côté. Ils sont évolués pour tuer. Il vaut mieux les arbres et les guimauves, le feu, à tout le moins, car lui au moins ne cloue rien à rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’étais bien déterminé à prouver à maman que la tête qu’elle m’avait donnée, en os, était plus faible que celle du marteau en acier. Je voulais lui prouver qu'elle avait fait l'erreur, à ma naissance, de me donner la faiblesse plutôt que la force. Quand j’ai finalement retrouvé la fille au marteau, je me suis posté devant elle afin qu’elle arrête de marcher. Je lui ai dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu es belle avec ton marteau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu trouves? C’est le marteau de mon père.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Alors ce sera ton papa contre ma maman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai parlé de mon plan à la fille du marteau. Elle était d’accord pour m’aider. J’ai continué de marcher au milieu de la rue comme si rien n’était en lançant des clins d’oeil complices à la fille du marteau que je m'étais fait ami avec. J’ai attendu qu’une voiture vienne près de m’écraser et, quand les freins ont freiné juste à temps, moi j’ai fait semblant de mourir sur l’asphalte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le conducteur est sorti de sa voiture paniqué. Pendant qu’il examinait si j’étais encore en vie, la fille au marteau est entrée dans la voiture pour clouer la pédale de l’accélérateur au fond. Quand le conducteur a redémarré sa voiture, les roues ont tourné à une vitesse incroyable sur ma tête. Mon crâne s’est fait écrasé comme une crêpe. Le sang renversait partout et à ce qui paraît, j’avais les joues dans les épaules. Mon front a craqué comme un cornet et mes yeux comme la crème glacée ont fondu dans le caoutchouc du pneu. C'était joli, délicieux. Plus sucré en tout cas que les guimauves de maman.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant je suis aveugle et le crâne un peu déformé. La fille du marteau vient souvent me voir à l'hôpital. Moi je ne la vois pas mais je sais qu’elle me trouve beau parce qu’elle dit que mon crâne plié en morceaux me fait une corne de tricératops. Elle dit aussi que mes oreilles en croûtes rapiécées lui font penser à deux Tostitos, et je sais qu'elle aime les dinosaures et les Tostitos. Je suis content à présent. Je ne reverrai plus jamais maman. Je n’ai plus besoin d’elle. La dernière fois que je l’ai vue, elle a dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je t’avais bien dit qu’il fallait marcher, toujours, si tu ne veux pas te faire écraser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi je lui ai dit oui, je sais, mais toi, si tu m’avais donné une tête plus solide, je n’aurais jamais eu besoin de marcher où toi tu voulais que je marche et j’aurais pu faire dans ma vie toutes les choses que tu ne voulais pas que je fasse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et elle a dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- En tout cas. Si tu ne veux pas mourir, assure-toi que personne ne vienne débrancher ton oxygène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis ce jour-là, j'essaie de me lier d'amitié avec l'infirmière. J'ai un plan extrême à lui proposer. J'aimerais savoir ce que ça fait d'être débranché, pour vrai, rien que trente secondes dans ma vie. Sans oxygène et surtout, sans maman. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-8313428631639769123?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/8313428631639769123/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=8313428631639769123&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8313428631639769123'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8313428631639769123'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/les-suicides-maternels.html' title='Les suicides maternels'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-7624515132998997492</id><published>2011-09-03T12:09:00.001-07:00</published><updated>2011-09-03T12:09:59.105-07:00</updated><title type='text'>Pas le droit d'effacer</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;çplm,-=çp^m,.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ç^,.é&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;,./&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ç=,.à&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ç,.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ç=,./Àç&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;àç^pm,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai essuyé mon, j’ai dû, je ne sais pas, mon clavier, merde j’ai envie de dire merde parce que j’ai essuyé la bière sur mon clavier et c’est trop tard maintenant je ne pourrai jamais reculer en arrière. Ce qui est écrit est écrit. Zut fuck.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’année dernière, j’ai commencé à écrire un roman. Ça s’appelait « Les Grenouilles de l’argent étang ». J’en étais à la centième page quand, tout à coup, j’ai commencé à effacer de longs passages pour les remplacer par de nouveaux, que j’effaçais pour en écrire d’autres, que je trouvais meilleurs mais que j’effaçais quand même, au cas où je trouverais quelque chose de mieux à dire, jusqu’au jour où enfin je n’ai plus eu d’idée ni pour remplacer ni pour écrire. C’est à ce moment-là que mon roman a cessé d’avancer. J’ai bien compris que, si je voulais un jour écrire un roman en entier, il fallait que je le fasse d’un seul jet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir, je m’étais dit que j’allais écrire un roman en entier sans le retravailler. Cette fois, je m’étais dit que tout ce que j’allais écrire devait être gardé. Comme Julie est cochonne, par exemple, elle me fait ouf. Pas le droit d’effacer. Et juste comme j’écrivais le titre de ce nouveau roman, j’ai renversé de la bière sur mon clavier. Et quand elle en boit, on dit qu’elle peut vous sauter dessus sans même que vous lui ayez fait quelque avance que ce soit, et c’est bien le propre de la grenouille. La grenouille saute avec sans sexe apparent sur le premier nénuphar venu. On dit qu’elle jette sur lui tout son amour, prend d’autres gorgées et plus elle se fait baiser plus elle en redemande. Je parle des grenouilles évidemment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La grenouille sort sa langue sur les mouches comme sur les hommes, les attrape et ouvre ses cuisses que l’on mange, souvent, dans les restaurants sur la rue où je suis déjà allé et où j’ai baisé avec elle. La grenouille est comme ça. Elle baise avec vous et puis, le lendemain, elle vous conjure de ne plus jamais recommencer à moins que vous le vouliez. Elle quitte l’étang avec en bouche encore l’odeur des mouches que vous lui avez donné à manger et, un soir, comme ça, elle vous demande d’écrire un roman pour elle. Vous n’avez jamais écrit de votre foutue vie mais si c’est ce que ça prend pour qu’elle revienne, vous vous y mettez ardemment. Vous travaillez, puis retravaillez, puis effacez pour lui plaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin un soir vous vous dites que vous lui écrirez un roman d’un seul jet. Vous l’écrirez en un rien de temps et vous aurez la baise que vous espérez. Mais la simple idée de ce jet vous fait penser à elle. La grenouille. Et vous vous foutez bien que l’étang soit or ou argent, pour vu que Julie vous y emmène et qu'elle ait assez bu pour vous pardonner les directions indiscrètes de votre premier jet.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-7624515132998997492?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/7624515132998997492/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=7624515132998997492&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/7624515132998997492'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/7624515132998997492'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/pas-le-droit-deffacer.html' title='Pas le droit d&apos;effacer'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-5869996853024493439</id><published>2011-09-03T12:08:00.000-07:00</published><updated>2011-09-03T12:09:12.546-07:00</updated><title type='text'>Frustration librairienne pour maman</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’ai envie d’écrire pour ce jour-là où dans une librairie j’ai demandé à tous les employés s’ils ne connaissaient pas un livre dans lequel le narrateur fait part de ses délires dans une écriture folle, syntaxiquement incorrecte, je veux dire, une écriture qui s’écarte du récit, et s’en écarte si bien qu’elle en crée des milliers d’autres rien que par la puissance des mots que l’auteur essaie de créer du sens mais y parvient mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous n’avez pas ce genre de livre-là? que j’ai demandé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Non, on connaît pas l’auteur dont vous parlez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis ressorti de la librairie en criant presque que je déchirais du papier sur des écorces, des feuilles dures, d’arbres, me répétant que je n’ai pas lieu de crier comme je criais quand j’étais petit à mon frère que tu m’as brisé la jambe pour peu qu’il m’avait pincé une cuisse. Je n’ai pas crié. Je n’ai pas boité comme un amputé me réfugier dans les jupes de maman pour trouver en elle un bouclier de dentelle, une bombe de robe, quelque chose d’assez mère violente pour me défendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’ai pas couru. J’ai marché frustré par cette expérience librairienne et ce petit gros qui m’avait presque recommandé un livre mais qui au dernier moment s’était désisté en disant :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah, non, mon patron dit que ça ne vous plaira pas. Ne l’achetez pas s’il vous plaît, pouvez-vous quitter l’établissement dans de brefs délais, une seconde et puis deux, je suis en train de compter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petit gros tout en sueur de me courir après. À cause de lui, j’ai été obligé de lire dans les arbres du trottoir, dans les veines des feuilles que j’arrachais, les phrases que je voulais voir et dans ma tête, voir le délire que je voulais, et tant pis si personne n’écrit de livres avec l’écriture que je veux. Je n’en lirai pas un. Pas un point c’est tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sitôt que j’arrachais la feuille d’un arbre, une autre feuille tombait. Je croyais écrire, comme en vrai les vrais auteurs écrivent page après page, puis je me suis rappelé que la saison faisait tomber les feuilles. Je me suis rappelé le soleil et ses rayons comme des cheveux laids trop lâches pour réchauffer l’été un peu plus longtemps. C’était l’automne, et l’automne est ainsi fait que dès qu’il apparaît, l’anniversaire de ma mère n’est jamais loin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis souvenu de c’était pour le cadeau de maman que je voulais lui acheter un livre à la librairie. Je voulais un livre dans lequel le narrateur ne parlait pas parfait. Je voulais qu’il ait une écriture comme moi, amputée comme de partout blessée par le cerveau que l’écriture a, imparfaite je veux dire, comme maman me disait que je parle d’une façon syntaxiquement incorrecte. Je suis retourné à la librairie et, cette fois-là, je ne me suis pas gêné pour crier :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;DONNEZ-LE-MOI LE LIVRE QU’IL PARLE COMME MOI, QUE JE DONNE À MA MÈRE CE QUE JE VEUX LUI DIRE DE LA FAÇON QUE JE VEUX LE DIRE, QUE JE L’AIME MAIS À L’IMPARFAIT.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le petit gros était rouge. Et c’est là que je me suis souvenu qu’ils n’en avaient pas, de ce genre de livre-là, et que maman était morte.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-5869996853024493439?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/5869996853024493439/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=5869996853024493439&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5869996853024493439'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5869996853024493439'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/09/frustration-librairienne-pour-maman.html' title='Frustration librairienne pour maman'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-5922045204586581553</id><published>2011-08-21T10:56:00.002-07:00</published><updated>2011-08-21T10:57:20.233-07:00</updated><title type='text'>Le fantôme de Crinésia</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Solquite a vidé son verre de bière d’un seul trait. Elle ne l’a pas vidé par terre. Elle l’a avalé. Dans sa gorge. Son verre. Elle a avalé la bière qu’il y avait dans son verre. Elle n’a pas avalé le verre, non, elle a fait comme tout le monde. Elle a avalé le liquide qu’il contenait puis s’en est commandé un troisième au bar. Oui, un troisième. Quand vous êtes arrivé, elle en avait déjà bu un. Sans vous. Elle l’avait bu comme elle a bu son deuxième, et comme elle boira son troisième.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Oui, Solquite. C’est son nom à elle. Ses parents s’appelaient Mortide et Crinésia. Le plus étrange, c’est que Crinésia était son père. D’habitude, je vous l’accorde, les noms qui finissent par un a sont ceux des filles. Mais dans ce cas-ci, je vous assure que Crinésia était un père tout ce qu’il y a de plus homme. Il portait toujours un chapeau d’homme, en feutre. Son chapeau d’homme était en feutre. Ce chapeau n’était pas celui d’un homme en feutre. Les hommes en feutre, à cette époque, ça n’existait pas. Aujourd’hui on en construit, des hommes en feutre. Mais ce sont des oeuvres d’art. Crinésia n’était pas une oeuvre d’art. Il était fait de chair et d’os, et de sang, et de muscles, enfin, je n’ai pas besoin d’énumérer toutes les choses qui constituent un homme pour que vous saisissez le caractère humain et masculin de Crinésia.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La mère de Crinésia prétendait avoir été capturée par des extra-terrestres alors qu’elle avait dix ans. Elle disait que, lors de son voyage astral, elle avait visité une planète que les extra-terrestres appellent Crinésie, d’où le nom de son fils. C’est sur cette planète, disait-elle, qu’elle avait perdu la raison. Depuis, elle ne s’exprimait qu’en mots qui n’existent pas. Le nom de Solquite, quant à lui, demeure mystérieux. Mais puisque c’est elle qui nous intéresse, parlons-en. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Solquite en était à son cinquième verre. Cinquième, déjà, oui, elle a bu vite. Tandis que nous parlions de sa grand-mère, elle buvait son quatrième verre. Son cinquième, elle l’a vidé dans sa gorge comme dans un tunnel sans fond. Comme si elle n’était qu’une machine, et son oesophage un tuyau, un cylindre. Elle a attendu que l’alcool affecte son cerveau, après quoi elle a noté ses impressions dans un carnet. Elle a écrit : &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« Je n’ai toujours pas trouvé la planète que je cherche. J’ai envie de faire l’amour maintenant. L’alcool a construit un pont entre mon vagin et mon cerveau. J’ai l’impression qu’un pont brûlant, bouillant d’envies, dirige mes actions. »&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle est sortie du bar les yeux fermés. Elle a marché en ligne droite, calmement, trouvant la sortie sans même regarder, comme si ses pas étaient guidés par un dieu bizarre, oserais-je dire, par un extra-terrestre.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En sortant du bar, elle a pris le premier trottoir et l’a suivi vers les ruelles. Elle a pris des directions qu’elle ne connaissait pas, des chemins qui l’éloignaient de son appartement. On aurait dit qu’elle suivait une voix. Cette voix lui parlait. C’était curieux de la voir marcher comme ça, dialoguant avec cette voix qui lui parlait et à qui elle posait sans cesse la même question :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Elle est où ma planète.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ta planète, répondait la voix, elle est plus loin.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Toujours en suivant cette voix, Solquite a traversé la ville jusqu’à chez sa mère. Elle a ouvert la porte de chez Mortide avec les clés qu’elle avait. Elle est monté au salon où sa mère regardait la télé.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Bonsoir, a dit la mère. Que me vaut ta visite?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Elle est où ma planète, lui a demandé Solquite. Je ne sais pas ce que ma visite vaut.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Elle est chez toi ta planète, ma chérie. Qu’est-ce que tu fais ici? Tu t’es perdue?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C’est où chez moi. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mortide s’est levée de son fauteuil. Elle a mis ses pantoufles. Depuis la mort de Crinésia, elle portait toujours des pantoufles. Elle avait froid aux pieds. Elle disait que le fantôme de Crinésia rampait sur le plancher jour et nuit et que c’était son âme à lui qui refroidissait l’air. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Elle est où ma planète, répétait Solquite. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Crinésia le saurait peut-être, a répondu sa mère, mais d’où il est maintenant, il ne pourra jamais nous le dire.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Demande-lui. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je ne parle pas aux morts ma chérie.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Parle-lui.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mortide a ouvert la porte du frigo. Elle a offert à sa fille de manger un morceau de jambon. Elle a sorti le jambon et le couteau. Solquite a choisi le couteau. C’était horrible de voir, dans la nuque de la vieille mère, le couteau planté comme un drapeau dans un cratère de lune. Le couteau a transpercé la chair, la nuque jusqu’à la poitrine, et le sang a versé comme une fontaine muette. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La mère est morte. Son âme a peut-être quitté ses pantoufles, qui sait, pour ramper sur le plancher. Chose certaine, sitôt sa mère morte, Solquite lui a posé la question :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-Elle est où ma planète. Crinésia, c’est où? &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Fous-moi la paix, a répondu une voix. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Cette voix n’était pas celle de sa mère, ni celle de son père. Cette voix était celle d’un extra-terrestre, elle en était sûre. Cet extra-terrestre lui parlait, à elle, et s’apprêtait à la capturer. Avec un peu de chance, elle irait voir les splendeurs de Crinésie. Oui. Une nouvelle vie l’appelait. Et juste comme elle demandait à cette voix si elle devait sortir de la maison de sa mère, la voix lui a répondu :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non. Si tu veux voir elle est où ta planète, reste là. Suicide-toi et tu verras.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-5922045204586581553?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/5922045204586581553/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=5922045204586581553&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5922045204586581553'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5922045204586581553'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/08/le-fantome-de-crinesia.html' title='Le fantôme de Crinésia'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-9005348769848456309</id><published>2011-08-21T10:56:00.001-07:00</published><updated>2011-08-21T10:56:48.680-07:00</updated><title type='text'>Le jour où j'aurai tout dit</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le jour où j’aurai tout dit, tout écrit, tout été, été comme hiver; le jour où j’aurai été poisson et nageoires dans l’air qui me meurt, cheval les dents carrés sur l’herbe gentil, tigre orange sang sur mes zèbres de parents noirs ou blancs, lion sans crinière qu’on se demande si c’est un mâle ou une femelle, embryon qu’on se demande si ça sera un joli garçon; le jour où je n’aurai plus rien à dire, là seulement, je sortirai de chez moi. Là seulement, j’irai voir ces êtres humains qui au téléphone demandent à me voir.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’irai m’asseoir dans les restaurants où les serveurs n’ont rien à dire aux clients. Je demanderai aux fourchettes si elles n’ont pas d’opinion au sujet des crevettes, du fait qu’elles riment avec elles, et si la rime trouble, je mangerai mes crevettes à la cuillère. Tandis que je parlerai à mes crevettes, le serveur m’observera d’un air angoissé. Il demandera à son supérieur qu’on m’expulse du restaurant, ce que je ferai, oui, avec dans mes poches tous les pains qu’on m’aura donné gratuitement, hurlant que la gratuité existe encore. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je retournerai chez moi en marchant d’un pas lourd. Je croiserai plusieurs êtres humains sans argent à qui je donnerai du pain, et des pigeons, à qui je donnerai le pain que j’aurai gardé pour eux. Une fille me croisera, peut-être, qui sait, à qui je demanderai si les homosexuels sont plus heureux que les autres. Elle me répondra :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Quels homosexuels?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Il vous faut des noms? dirai-je.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- En voilà un quand même, un nom.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Lequel?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Le vôtre. Votre non.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non. Mon non, je ne l’écris pas de cette façon.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Il n’y a pas de fautes dans les noms. Ils s’écrivent comme on veut qu’ils s’écrivent. Si je veux écrire Jean, je peux écrire Gens, c’est mon choix.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C’est qui, Jean?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Un ami. Un homosexuel, enfin, répondez.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je pataugerai dans ces dialogues, ces mots que tout le monde juxtapose pour créer du sens alors qu’ils ne riment à rien. Je serai nostalgique de ma crevette au restaurant, qui elle, rimait avec ma fourchette. Je me trouverai stupide d’être nostalgique d’un moment qui vient à peine de se terminer et c’est plus malheureux que jamais que je rentrerai chez moi, seul, devant ces mots que j’écris et qui m’ont fait rater la majeure partie de ma jeunesse.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’écrirai. Je raconterai que, en sortant du restaurant, j’ai rencontré une femme ce soir, et elle avait un nom qu’elle n’écrivait pas comme mon nom à moi, enfin, mon nom était différent du sien, et puis, nous nous sommes parlé même si elle s’appelait autrement que moi. Je n’ai rien compris, évidemment. Chaque fois que je parle à quelqu’un qui n’est pas moi, mes mots quittent ma tête pour se rafraîchir dans la tête de ce quelqu’un-là, comme dans une piscine, puis me reviennent trempés, incontrôlables. Comme des enfants dans une glissage d’eau, mes mots glissent dans les tourbillons de mes oreilles. J’entends du bruit, des cris désagréables, quelque chose d’enfantin, d’animal, d’intolérable.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’écrirai toute la nuit. La femme que j’ai croisée en sortant du restaurant ne lira jamais ce que j’écrirai à son sujet. Je garderai mes mots pour moi, me disant que de toute façon, ça n’aurait pas pu marcher avec elle. Nous n’avions qu’un seul point en commun. Elle était homosexuelle et moi aussi.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-9005348769848456309?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/9005348769848456309/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=9005348769848456309&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/9005348769848456309'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/9005348769848456309'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/08/le-jour-ou-jaurai-tout-dit.html' title='Le jour où j&apos;aurai tout dit'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-4312147054572521397</id><published>2011-08-21T10:55:00.002-07:00</published><updated>2011-08-21T10:56:18.591-07:00</updated><title type='text'>Les horizons</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est bête l’horizon, et c’est bête d’aimer, quand tout ce qui semble loin semble se rapprocher, on tombe pour ce qui monte et c’est aux pieds des montagnes les plus boueuses qu’on trouve l’amour. C’est bête d’aimer ceux qu’on ne pourra jamais toucher, et vivre pour veux qui vivent ailleurs, dans leurs têtes compliquées, qu’on ne pourra jamais savoir ce qu’ils pensent de près ou de loin, comme autant d’horizons collés au bout de nos nez.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Indélogeables, ces horizons je les goûte pourtant, je les sens à des kilomètres. Je me fonds dans leurs lumières, leurs yeux, espérant qu’ils me rentrent dedans et me fassent perdre la tête, et me remplissent la tête avec un nuage, un arbre n’importe quoi; mais les horizons se tiennent toujours assez loin afin que je me sente éternellement seul, et si je veux perdre la tête, je dois toujours le faire moi-même, avec mes propres mains.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-4312147054572521397?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/4312147054572521397/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=4312147054572521397&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4312147054572521397'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4312147054572521397'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/08/les-horizons.html' title='Les horizons'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-8479236041009415528</id><published>2011-08-21T10:55:00.001-07:00</published><updated>2011-08-21T10:55:54.133-07:00</updated><title type='text'>Poisson sur banc vert sur gazon</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’écris sur un banc vert, sur gazon vert, je me suis calmé on dirait, épuisé de me battre en mer au bout de fil à pêche. Je me suis laissé pêcher. Je me suis laissé bouffer. On m’a cuisiné avec de la ciboulette toutes sortes d’herbes et des pommes de terre cuites dans un four sur grille sale.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mes os, mes arêtes, dans un sac-poubelle, je me souviens de l’époque où j’avais quelque chose dans le ventre. Chair, oeufs, tout ça, amour et cris, bulles de savon bulles de mer sur fond blanc. Maintenant je suis farci d’épices et je fais le calme sur l’eau des tables au restaurant, devant des filles qui ne m’aiment pas, devant des hommes qui me mangent même si je n’ai jamais choisi qui des deux je préférais. Je fuis les tableaux. Je fuis l’art, les peintres qui voudraient faire de moi la nature morte. Le monde me goûte et me dégoûte. Je ne remuerai plus rien, ni jambe ni oeil. Je fixerai ce qu’il y a là, tant que ce qui est là y sera, banc vert sur gazon vert, et le jour où mes paupières se fermeront, ça sera le jour où elles auront décidé de ne plus jamais s’ouvrir.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-8479236041009415528?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/8479236041009415528/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=8479236041009415528&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8479236041009415528'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8479236041009415528'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/08/poisson-sur-banc-vert-sur-gazon.html' title='Poisson sur banc vert sur gazon'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-5668859878498516386</id><published>2011-08-21T10:54:00.002-07:00</published><updated>2011-08-21T10:55:22.886-07:00</updated><title type='text'>La musique de chambre</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’entre dans ma chambre et la chambre d’à côté me dit de me taire avant même que j’aie posé un premier mot. Elle me dit chute. Je dis que je ne vois pas ce que les chutes viennent faire dans la nuit, et je pense que peut-être, derrière les murs de ma chambre, une femme rêve de chutes et parle durant son sommeil. Je dis :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Allo?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Encore, j’entends chute. Je pose l’oreille contre le mur de ma chambre. Je demande ce que les chutes ont à voir avec la nuit, le plaisir que peuvent avoir les garçons la nuit, dans des draps ou dans des filles, tout ce qu’ils peuvent mouiller, oui, je connais les liquides nuptiaux de l’amour, mais les chutes?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Chute!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je me mets à croire que chute est peut-être le seul mot qui existe dans la chambre d’à côté. Les gens qui y sont ne parlent peut-être qu’avec ce mot-là et parviennent à se comprendre grâce à l’intonation qu’ils prennent. Ou alors c’est un jeu auquel ils me demandent de jouer aussi. Ils ont dit un mot et c’est mon tour d’en dire un. Je dis :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Bateau! Kayak! Rocher?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-Chhhute!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ils ne veulent pas jouer. Ça devient embêtant. Tout ça. Ce mot que j’entends toujours. Je mets la musique pour ne plus l'entendre, pour oublier que mes voisins sont là à me convaincre d’adopter leur mot dont je ne veux pas. Je les entends encore, avec leurs chutes, alors j’augmente le volume de ma musique. Je m’assourdis jusqu'à ce que je n'entende plus le mot qu'ils crient. C'est bête. Je ne peux même plus apprécier ma musique tellement elle est forte. C’est bête.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le lendemain, mes voisins viennent cogner à ma chambre. Ils m’apprennent que, hier soir, ils n’ont pas réussi à dormir parce qu'il y avait trop de bruit. Je dis :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je ne sais pas s’il y avait trop de bruit. Moi en tout cas, ma musique était tellement forte que je n’ai rien entendu.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-5668859878498516386?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/5668859878498516386/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=5668859878498516386&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5668859878498516386'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5668859878498516386'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/08/la-musique-de-chambre.html' title='La musique de chambre'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-800650649769857560</id><published>2011-08-21T10:54:00.001-07:00</published><updated>2011-08-21T10:54:55.665-07:00</updated><title type='text'>Espoir de merde</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Espoir de merde tu m’as voulu la peau, tête et ongle, toutes cellules mortes confondues, tu m’as laissé traîner à plat sur le ciment ivre d’être gris et dur, ciment sobre de n’être ni eau ni roche espoir de merde où es-tu, je t’ai connu, je t’ai vu te casser la gueule avec ambition pour une danse à deux.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Espoir de merde tu m’as volé ma beauté, réelle, là, tu m’as dit que tout serait possible, tu m’as dit oui, quand je t’ai demandé si papa avait le plan formel de m’acheter un cheval, tu m’as dit « oui humain de merde tu auras les sabots que tu veux, la scelle que tu veux, et le cul du cheval itou, la crotte là où tu la veux ».&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Que vis-tu maintenant que je ne suis plus là? Avec quel cul vagabondes-tu, cheval ou crevette; quelle queue vois-tu, queue pour les mouches ou queue pour la mer, sinon ma queue à moi, qu’observes-tu quand je te parle à toi, espoir, sans que jamais j’eusse espéré de la merde, voilà que tu m’en offres en fuyant par les bras du rêve, la nuit, le courage, bref tous ceux à qui tu ne m’as jamais présenté. Tu as fui. Tu t’es envolé avec mes dernières ailes pour déféquer sur d’autres mondes des chemins qui n’aboutissent pas. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Espoir de merde parles-tu, parfois, aux ambitions que nous avons connues? Dis-leur que je n’ai pas vieilli, que je suis là, que je n’ai pas changé et si un jour tu cessais de danser avec elles dans le plus haut que moi, je serai là, à vous attendre, sur terre plus que jamais, à plat ventre sur tout ce que tu veux de gris, à attendre que vous fassiez de moi une croix, de mon corps une tombe afin que je puisse voyager plus loin que ma merde de vie.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-800650649769857560?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/800650649769857560/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=800650649769857560&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/800650649769857560'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/800650649769857560'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/08/espoir-de-merde.html' title='Espoir de merde'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-1409947017363138356</id><published>2011-08-21T10:53:00.004-07:00</published><updated>2011-08-21T10:54:25.298-07:00</updated><title type='text'>Le chaud me fait froid</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quand j’entre dans un bain chaud, ma peau se couvre de frissons. J’ai remarqué que ces frissons étaient les mêmes que lorsque j’entre dans une piscine froide. C’est une curieuse observation. Moi qui croyais que les frissons étaient réservés aux températures froides, tout porte à croire que, chauds ou froids, les frissons se présentent partout là où le corps change radicalement de température. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les frissons surviennent dans un bain chaud lorsque le corps ne s’attend pas à ce que l’eau y soit si chaude. Car oui, quand je parle d’un bain chaud, je parle de l’eau qu’il y a dedans. Je ne parle pas d’un bain qui soit chaud mais vide.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je ne crois pas qu’on puisse acheter un bain qui soit chaud en permanence. Peu importe que le magasin dans lequel vous avez acheté ce bain ait été climatisé ou chauffé, après avoir acheté le bain, sitôt sorti du magasin, la température du bain est égale à celle de la température ambiante. C’est la chaleur de l’eau qui chauffe le bain ou refroidit la piscine. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce n’est pas quand j’entre dans un bain chaud et vide que ma peau se couvre de frissons. Non, c’est quand l’eau y est chaude. Oui. N’empêche, un bain chaud, tout le monde comprend. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;*&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Toujours est-il que j’étais dans ce bain avec un verre de vin. Dans ma main. Le verre de vin était dans ma main. Le bain n’y était pas, non, le bain n’était ni dans mon verre, ni dans ma main. C’est moi qui étais dans le bain. Si le bain avait été dans mon verre de vin, il aurait été à une température égale à celle de mon vin. Et cette température n’aurait pas été assez chaude pour me donner des frissons.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je prenais mon bain avec un verre de vin. Je ne le prenais pas avec lui comme on prend un bain avec un jouet. Non. Si j’avais voulu un jouet, j’aurais parlé d’un canard flottant, d’un dinosaure en plastique ou d’une poupée gonflable. Pas le genre de poupées qu’on gonfle dans le lit, non, celles qui flottent sur l’eau, juste pour rire. Pas pour le sexe. Mais pour le jeu. D’accord, oui, le sexe est parfois un jeu, mais moi je parle de bouées, d’objets que l’on gonfle, poupées ou guerriers, sur l’eau afin qu’ils restent à la surface. Et je n’avais rien de tout ça. Est-ce qu’il faut vraiment que je justifie toujours chacun de mes mots?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;*&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je prenais un bain avec un verre de vin dans ma main et, au bout d’un certain temps, les frissons sur ma peau ont disparu. Je m’étais acclimaté à la température de l’eau dans laquelle j’étais entré. J’ai bu une gorgée. Je me détendais. Tout allait bien. Jusqu’à ce que je m’aperçoive que je n’avais pas de serviette. J’ai dû sortir du bain pour en chercher une dans le panier à linge. N’en trouvant pas, j’ai commencé à frissonner. Mon corps mouillé s’acclimatait mal aux courants d’air qu’il y avait dans l’appartement. Je frissonnais de froid. J’ai regretté m’être fait couler un bain chaud.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’ai regretté m’être fait couler ce bain même si, en réalité, sans le savoir, chauds ou froids, les bains ne coulent jamais. Ils coulent lorsqu’ils sont percés, peut-être, mais sinon, ils sont beaucoup trop solides pour couler. Coulent les fluides. Coule l’eau. Les bains fuient, parfois, mais ils ne fuient qu’à cause des fuites. Alors on dit qu’ils coulent. Mais ils ne fuient pas avec leurs jambes. Ils n’ont jamais eu de jambes, d’ailleurs, enfin, faut-il vraiment que je vous dise que les bains n’ont jamais eu de jambes?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-1409947017363138356?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/1409947017363138356/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=1409947017363138356&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/1409947017363138356'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/1409947017363138356'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/08/le-chaud-me-fait-froid.html' title='Le chaud me fait froid'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-6915656009748476389</id><published>2011-08-21T10:53:00.003-07:00</published><updated>2011-08-21T10:53:56.284-07:00</updated><title type='text'>Natalie</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je n’aime pas ma copine. Ma petite amie. Ma blonde. Ma meuf. Mon adultère. Ma femme. Ma supercherie. Elle a tous les noms. Ses amis l’appellent Charlotte. Moi je l’appelle porcine, pique-dent, vampire, drogue. Je ne suis pas son ami alors je l’appelle du nom que je veux. Elle est arrivée en moi sans que je l’aie demandée jamais. La stupidité de l’amour m’est tombée dessus comme les fesses de cupidon m’ont déféqué dessus à la dernière Saint-Valentin. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je m’étais planifié une petite soirée romantique, loin de mon ignoble copine, évidemment, dans son dos, sans qu’elle ne sache rien, un petit souper chez Natalie, un brin de femme merveilleuse, sans poil ni hanche, un corps de top-modèle dans lequel je comptais bien éjaculer cinq fois avant de m’allumer une cigarette. C’était une femme dans laquelle au moins trente hommes étaient déjà passés. Le nombre m’était bien égal. Que j’y aie été le trente et unième ou le deuxième, j’avais juste envie de m’enfoncer dans quelque chose de neuf. Peu importe les chiffres, disons, quelque chose de nouveau, ça fait toujours plaisir.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quand Natalie m’a ouvert la porte, elle s’est présentée devant moi avec une bière à la main. Elle a bu tout le temps de notre rencontre. Même pendant le souper, elle s’est enfilé cinq shoots, de vodka ou je sais pas quoi, comme quoi il n’y avait rien pour lui couper l’envie d’avoir du plaisir. Déjà, moi je pensais : ça fait changement du thé glacé que ma copine boit à petites gorgées devant la télé.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je comptais bien trompé ma bonde ce soir-là. La Saint-Valentin a toujours été pour moi une fête religieuse. Il y a des anges, quelque part, qui ont décidé que le 14 février était fait pour baiser, célibataire ou pas. J’ai la foi et je tiens à dire que c’est par pure croyance que j’ai demandé à Natalie si elle voulait fourrer. Elle n’a rien répondu sur le coup. Elle s’est versé un dixième shooter, peu importe les chiffres, disons, qu’elle était bien bourrée mais ça ne l’a pas empêché de viser ma bouche là où mes mots sortaient, et mon pénis là où il ne demandait qu’à sortir. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle a sorti le phallus de mon pantalon et elle a joué avec mon truc comme si c’était là son cadeau de Saint-Valentin. C’était enivrant, et pourtant, je pensais encore à Charlotte, à son corps hideux, flasque de cinquante ans, pensant : merde je serais prêt à divorcer demain matin en échange d’une érection. Et puisque j’ai toujours cru aux fêtes religieuses, Dieu a répondu à ma prière : ma tige s’est élevée entre les lèvres de la pulpeuse et j’ai pu être précoce à mon goût, deux petits coups et puis voilà, la Natalie au visage dégoulinant, visqueuse pleine de dégoût. J’ai fait sur son visage ce que ma copine n’aurait jamais accepté que je fasse. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Natalie a vomi un coup aux toilettes. Elle avait trop bu. De vodka ou de sperme, peut-être, je ne sais pas, elle ne m’a jamais dit. Elle m’a poussé hors de chez elle avec un râteau, comme si je n’étais rien qu’un tas de feuilles, je ne sais pas pourquoi. Elle a voulu oublier notre rencontre mémorable. Elle a dû tomber amoureuse de moi, comme toutes les femmes tombent chaque fois que je déverse sur elles ma substance testiculaire. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Après qu’elle m’ait mis à la porte, j’ai trouvé un parc non loin de chez Natalie où j’ai pu écrire. Cette petite mesquine qui avait abusé de moi n’en savait rien, mais je lui avais piqué une bouteille de bière dans son frigo. J’ai pu boire sur un banc en écrivant quelques pages.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je suis retourné à mon appartement complètement ivre. C’est à peine si je reconnaissais mon salon, ma télé, ma copine, Charlotte. Elle m’a demandé où j’avais passé la soirée. Elle a dit :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Natalie m’a appelé.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ça tournait beaucoup dans ma tête alors je n’ai rien répondu. Je n'avais pas envie de parler de Natalie, la meilleure amie de Charlotte. Cette dernière a continué :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Vous êtes allé au cinéma?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’ai crié non. J’ai crié non parce que je n’étais pas allé au cinéma, mais aussi parce que je venais de réaliser que j’avais oublié mon stylo préféré sur le banc au parc. Et puis je suis tombé sur le cul juste au moment où Charlotte m’a dit :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Natalie dit qu’elle t’a vu au parc devant chez elle. Tu devais pas aller souper chez elle ce soir?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- J’y suis pas allé. C’est une folle. Je suis sûr qu’elle aurait voulu faire des trucs sexuels, avec des râteaux, le genre de choses qu’elle entre dans le cul de tous ceux qui vont la visiter. Elle me fait peur cette fille. J’ai écrit à la place. Dans le parc où elle m'a vu. J’ai écrit que je ne t’aimais pas, que tu étais laide, plein de trucs horribles, et j'ai inventé une histoire dans laquelle j'allais souper avec Natalie. C’est marrant. Tu devrais lire.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Mets-le sur Facebook. J’irai voir demain.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-6915656009748476389?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/6915656009748476389/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=6915656009748476389&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6915656009748476389'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6915656009748476389'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/08/natalie.html' title='Natalie'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-1100694931313125894</id><published>2011-08-21T10:53:00.001-07:00</published><updated>2011-08-21T10:53:27.197-07:00</updated><title type='text'>Si j'étais en manque d'inspiration</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Si, vraiment, j’étais en manque d’inspiration, j’écrirais une histoire d’oiseau. Cinq oiseaux volant au-dessus d’un champ maïs. Quatre oiseaux s’écrasent dans le champ. Le dernier oiseau s’arrête au-dessus d’eux. Il leur demande : - Pourquoi vous êtes-vous écrasés?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les quatre écrasés ne répondent rien. Ils rigolent. Ce sont quatre mâles qui viennent de s’apercevoir qu’il y avait une femelle parmi eux et qui vérifient si elle ne porte pas de petite culotte. La femelle, au-dessus d’eux, n’est pas sans savoir qu’elle a son sexe à la vue de tous. Elle dit : - Abrutis. Les oiseaux ne portent jamais de petite culotte. Seulement, bientôt, vous regretterez que je n’en aie pas portée aujourd’hui.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et si j’étais vraiment en manque d’inspiration, j’écrirais que la femelle décide de laisser les écrasés derrière elle après leur avoir chié à la figure. Mais je ne suis pas en manque d’inspiration. Je trouverai bien quelque chose à dire, à propos des femmes peut-être, ou de leurs petites culottes qu’il vaut mieux qu’elles portent, sans quoi elle nous jetterait tout ce qu'elles ont, y compris le sang.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-1100694931313125894?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/1100694931313125894/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=1100694931313125894&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/1100694931313125894'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/1100694931313125894'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/08/si-jetais-en-manque-dinspiration.html' title='Si j&apos;étais en manque d&apos;inspiration'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-3100335331832039927</id><published>2011-08-21T10:52:00.001-07:00</published><updated>2011-08-21T10:52:58.448-07:00</updated><title type='text'>Pas de parole</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et puis de toute façon je ne sais pas pourquoi j’écris. Ceux qui ne savent pas lire n’ont rien à foutre de mes histoires. Et ceux qui savent lire, ils ne lisent pas mes histoires. Ils lisent autre chose. Des romans policiers. Des romans érotiques où des policiers introduisent des pistolets dans l’anus d’autres policiers, dans des champs où poussent des fleurs. Les fleurs du mal. Le genre de fleurs qui ne poussent pas chez moi. Moi, dans mon jardin, il n’y a que des courges. Grosses et laides. Pourries. C’est embêtant parce qu’à la grosseur qu’elles ont, elles n’entreraient jamais dans le cul d’un policier. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je m’étais juré que je ne parlerais jamais des anus de la police. La gendarmerie. Je vous dis. Je n’ai pas de parole. Je m’étais aussi juré que je n’écrirais jamais, il y a longtemps de ça. Et puis, il n’y a pas si longtemps, j’ai dit que je n’avais pas de parole. Je vais le redire, je pense, bientôt. Il y a certains mots que je ne me lasserai jamais de dire. Bliquerot. Savande. Mélasse.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je n’ai pas de parole.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ceux qui ne savent pas lire ne me connaissent pas. Ceux qui savent lire non plus. Personne ne me connaît. Une fois, j’ai connu un policier. Il avait un gros chien. Un berger-allemand. Le soir dans la forêt, il se masturbait avec son chien. Je le sais parce qu’un jour je lui ai demandé pourquoi il avait toutes ces marques sur la nuque. Il m’a dit : &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ce sont des marques de griffes. Les griffes de mon chien. Le soir je me masturbe avec lui.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ou alors c’était dans un roman érotique. Ou alors c’était dans la forêt. De toute façon, je n’ai jamais connu ce policier. C’est un ami qui m’a raconté l’histoire. Une histoire qu’il avait lue. Dans un roman érotique. Dans la forêt. Avec un chien. De toute façon on s’en fout. Je n’ai jamais eu d’ami.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-3100335331832039927?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/3100335331832039927/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=3100335331832039927&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/3100335331832039927'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/3100335331832039927'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/08/pas-de-parole.html' title='Pas de parole'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-8781168759406085984</id><published>2011-08-21T10:51:00.002-07:00</published><updated>2011-08-21T10:52:27.113-07:00</updated><title type='text'>Les vraies histoires</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les vraies histoires ne font pas d’histoires. Chaque fois que je n’arrive pas à faire tenir dans une page quelque chose qui m’est arrivé, mon imagination règle tout ça en inventant quelque chose qui se tient. Elle intervient sur moi comme une mère vis-à-vis de son enfant. Elle me fait jouer même si elle n’en a pas envie, dans la boue et les ordures, puis elle nettoie ma crasse, mes doigts, comme si elle m’aimait. Comme si c’était elle qui m’avait mis au monde alors qu’on nous apprend le contraire, à l’école, que ce sont les bébés qui font les mamans.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’ai essayé, une fois, de raconter ma naissance de la façon qu’elle s’était vraiment passée. Ça n’avait rien de vrai. Je ne voyais ni l’hôpital, ni les docteurs; je ne me voyais pas même moi dans le ventre de ma mère, ma vraie mère, celle qui m’avait donné la vie pourtant, celle qui encore me paie le crayon et le papier. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Puis, c’est devenu clair : j’étais sur le point de me pendre avec le cordon ombilical quand le docteur, tout à coup, cheveux bruns bouclés, forceps à la main, décida de couper le ventre de ma mère en deux. Chlaque-chlouque. Ma tête en sortit, à peine abîmée par le couteau du docteur, je veux dire, que je saignais à peine du front et que mes vagissements n’avaient rien à voir avec la douleur mais plutôt, avec le visage de ma mère que je trouvais hideux. N’ayant jamais imaginé de visages humains autres que le mien dans le ventre de maman, il fallait bien s’attendre à ce que je pleure en voyant ma mère, laide et épaisse sur sa civière. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’entendis le docteur dire :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C’est un beau garçon!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce à quoi je répondis, frustré de ne rien connaître encore aux règles du dialogue et de la syntaxe :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C’est pas un garçon, c’est ma mère gros con.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pas étonnant, je dis, que mes pattes l’eussent frappé dans les chnoles, comme si je savais écrire ce mot sans fautes. Je le détestais comme si c’était là un véritable personnage alors que tout ça, au fond, n’était que le jeu de ma chère imagination. Je dus le massacrer solide pour qu’il décidât enfin de s’agenouiller devant moi, bras vers le ciel, scandant mon prénom avant même que mes parents eussent choisi celui qui me convenait. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alaide! Alaide! qu’il criait.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je doute que ma naissance ce soit vraiment passée de cette façon-là. Si mes amis à l’école se mettaient à m’appeler Alaide, je pense que ma mère en ferait toute une histoire. Elle me répéterait chaque soir qu’il faut dire la vérité aux gens qui nous entoure et que mon vrai nom ne se change pas. En fait, je préfère dire la vérité. Parce que, comme ma mère le dit souvent, les vraies histoires ne font pas d’histoires.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-8781168759406085984?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/8781168759406085984/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=8781168759406085984&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8781168759406085984'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8781168759406085984'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/08/les-vraies-histoires.html' title='Les vraies histoires'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-4835079744819052329</id><published>2011-08-21T10:51:00.001-07:00</published><updated>2011-08-21T10:51:50.815-07:00</updated><title type='text'>L'éclabousseur</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’ai comme sur le cerveau une sorte de gale, bon, une sorte de croûte, brune, enfin, je dis brune mais c’est qu’elle était rouge, sang, sauf que le sang a séché au printemps et là, voilà ce que c’est. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Chaque fois que je me rase les cheveux, mon rasoir pèle une partie de cette gale-là, la faisant saigner encore. J’ai beau panser ma plaie, ça n’empêche pas le sang de couler quand même jusque dans mes yeux. C’est tout comme s’il pleuvait du rouge à toute heure de la journée. Le sang salit mes vêtements, salit même ceux autour de moi, si bien que je n’ai même plus le droit d’entrer dans certaines boutiques. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On m’appelle l’éclabousseur. Les gens m’insultent, me crient de porter un chapeau, mais ils n’ont pas ma tête, ça se voit. Ils ne savent pas la souffrance que me font endurer les chapeaux. Dès lors que je pose un truc sur ma tête, aussi léger soit-il, la souffrance est telle que je tombe inconscient. C’est pareil pour mes cheveux. Si je les laissais pousser, du moment qu’ils frôlent mon crâne, c’est comme un paquet d’aiguilles qu'un docteur m'aurait planté dans le cerveau.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’aimerais croire aux vampires, et me dire que ça existe, les filles qui s’abreuvent à même la tête des gens sans se soucier de leur apparence. Ma vampire pourrait téter ma gale, suçant ici et là mes idées. Je pense que si elle posait ses lèvres sur ma tête, je la laisserais me boire jusqu’à mon assèchement total. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ma vampire me guérirait. Elle avalerait tout ce qui sort de moi, mes larmes comme mon sang. Elle boirait tout ce que j’ai de mal et, une fois heureux, je n’aurais plus besoin d’elle. La croûte sur ma tête s’effriterait d’elle-même, tranquillement, tandis que je marcherais dans les boutiques où désormais on me laisserait entrer. Je deviendrais vendeur de chapeaux. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je serais semblable à vous. Vous ne m’insulteriez plus. J’aurais le crâne vidé, sec; je vivrais dans le confort de mon nouveau petit emploi et je vous ferais la discussion sans vous éclabousser de sang. Je serais vide, comme vous, et ma petite tête comme la vôtre en rencontrerait peut-être une autre, que j’embrasserais, pour faire les enfants, la maison, l’amour et tout ce qui vous fait saigner par en dedans.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-4835079744819052329?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/4835079744819052329/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=4835079744819052329&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4835079744819052329'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4835079744819052329'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/08/leclabousseur.html' title='L&apos;éclabousseur'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-1070965449658316781</id><published>2011-08-21T10:50:00.002-07:00</published><updated>2011-08-21T10:51:22.826-07:00</updated><title type='text'>Cochon sale</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le problème c’est toi. Je ne sais jamais quel couteau prendre pour couper le poulet, le boeuf, poisson, pain. Il y a des couteaux pour tout et de la musique pour tout, dans ta cuisine, tout le temps; Christine Aguilira, les sopranos, parfois des cordes qui frottent le bois, archets et cetera, et le presse-ail comme la râpe sur ton comptoir en bois. Entre les notes et les objets, je pense que je suis né sans savoir. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il y a des différences qui ne s’aiment pas. La chanson change, tu changes de couteau. Je ronge mes ongles. Sur telle autre chanson, c’est telle fourchette. C’est embêtant que je n’ai jamais considéré la fourchette comme une arme, et la cuillère, et mes doigts trop mous pour quelque cou que ce soit, nuque, même si je te serrais du plus fort, tes os comme mes dents l’emporteront toujours sur mes ongles. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est toi le problème. Tu n’es ni poulet, ni boeuf, ni poisson pain. Tu as le visage rose sans poils comme les petits cochons, prairies, la boue dans l’humanité et tu fais exprès de ne pas me dire dans quel tiroir tu as caché le couteau pour cochon. Tu continueras à couper ton boeuf, comme ça, longtemps, et les petits morceaux de pain sur lesquels tu me feras couper du beurre avec les couteaux les plus inoffensifs du monde.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce que je veux, moi, c’est le couteau à cochon. Je ne veux pas cuisiner. Je veux que tu changes de chanson. Il faut que l’Aguilira arrête sa voix de mésange et que toi tu arrêtes de danser sur le comptoir en bois nu comme un cochon devant nos invités. Si les couteaux à cochon ont disparu de cette maison, je vais considérer les fourchettes, sérieusement, et arracher les yeux des invités afin qu’ils ne te voient plus danser, ni pour moi ni pour personne, et nous irons éteindre la musique, tranquilles, et enfin, nous irons dormir tous les deux, tout aussi tranquilles que nous l’étions avant de rencontrer tes amis et je pense que cette nuit, je finirai par trouver le couteau avec lequel tu ne veux pas qu’on tue les cochons sales.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-1070965449658316781?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/1070965449658316781/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=1070965449658316781&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/1070965449658316781'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/1070965449658316781'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/08/cochon-sale.html' title='Cochon sale'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-5963775925868570815</id><published>2011-08-21T10:50:00.001-07:00</published><updated>2011-08-21T10:50:47.239-07:00</updated><title type='text'>Le pouvoir du pardon</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Toute ma vie, il me semble, que je ne compte plus les années durant lesquelles j’ai espéré que se présente l’occasion de lui pardonner. J'aimerais tant lui accorder le pardon, à elle, et ainsi pouvoir me dire que dans notre couple, je ne fus pas le seul à s'excuser.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’aimerais la voir s’excuser, une fois, à genoux devant moi. J’aurais alors le pouvoir de décider de ses sentiments à elle. Je déciderais de si oui ou non je lui pardonne, de si je la rassure ou de si au contraire je la fais mourir de peine. Il y aurait dans ses yeux la peur qu’on se sépare et dans les miens l'image cruelle d’un verdict. Je rirais, tranquille, en me disant qu’enfin ce n’est pas moi le coupable, ce n’est pas moi le traître. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Plus je resterais silencieux, plus elle me supplierait. Elle m’embrasserait les pieds, entre les orteils, et je pense que je ferais exprès de prolonger ses excuses rien que pour savourer l’amour qu’elle me porte tout à coup. Je resterais sans mots, sur ma chaise comme sur un trône. Puis je lui pardonnerais, parce que j’aime la voir sourire, je lui dirais : « Je te pardonne chérie, mais tu m’en dois une. »&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bon. Tout ça n’est pas près d’arriver parce que, au compte des saloperies qu’un couple peut se faire l’un vis-à-vis l’autre, c’est moi qui mène. Je dirais même que j’ai une solide avance sur elle. C’est toujours moi qui fais les gaffes. Sitôt que je l’ai connue, pas même deux jours après l’avoir embrassée, c’est moi qui lui demandais pardon d’avoir embrassé une autre fille qui était un peu très âgée et qui était un peu ma tante lors d’une fête familiale tout ce qu’il y a d’ordinaire. Deux mois après, je m’excusais encore d’avoir engueulé son père au téléphone, et d’avoir posé la main sur la fesse de sa mère et bon, quand mon fils est né je lui ai demandé pardon d’avoir manqué l’accouchement, et ainsi de suite jusqu’à notre voyage de l’année dernière où je lui ai demandé pardon de m’être promené à poil sur la plage de Cocolao sur l’heure du midi. J’ai eu beau lui dire que si les touristes n’avaient pas eu l’idée de pique-niquer à l’endroit où j’avais décidé de m’asseoir il n’y aurait pas eu de problème, n’empêche, elle a du mettre au moins six mois avant de me pardonner.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je pense que, chaque fois qu’elle me pardonne, elle classe toutes mes gaffes dans un grand dossier. Ce dossier a un titre qu’elle a elle-même choisi d’écrire entre guillemets : « Voilà pourquoi mon mari ne m’accorde aucune attention. » Ce qu’elle veut, c’est une sorte d’attention royale, ou plutôt, fanatique, comme si c’était elle la grande chanteuse et moi le fan qui récupère tous les objets qu’elle a touché pendant sa parade.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce qui me manque, pour que nous soyons égaux elle et moi, c’est un dossier. J’en ai créé un. J’ai même le titre : « Voilà pourquoi il n’y a pas que ton mari de croche. » Sauf qu’il n’y a rien dans ce dossier. Il n’y a rien parce qu’elle n’a jamais rien fait de mal, paraît-il. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ces derniers temps, j’ai commencé à lui reprocher tout et rien, pour n’importe quoi, espérant trouver quelque chose chez elle qui ne soit pas net et remplir mon dossier. Hier, je l’ai engueulée parce que, sur le gâteau de mon trentième anniversaire, elle avait mis trois chandelles au lieu de trente. Je lui ai reproché aussi d’avoir brisé ma tondeuse, et aussi d’avoir décliné mon invitation à faire l’amour sous la douche, quatre ans plus tôt, sous prétexte  qu’elle ne voulait pas mouiller ses cheveux.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’ai eu l’idée de génie de lui dire que, si elle n’avait pas voulu mouiller ses cheveux, c’était pour le voisin. Parce que si on se souvient bien, après ma douche, nous étions allé chez lui.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C'était donc pour lui que tu voulais être belle! ai-je dit.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je l’ai frappée, une fois avec mon poignet, et une autre fois avec la chaise de la cuisine. J’ai lancé un pot à fleurs dans la piscine. Je trouvais que le geste valait la peine d’être fait. Je voulais qu’elle ait la certitude que j’étais vraiment en colère, et qu’elle estime enfin qu’il serait bon, une fois dans sa vie, qu’elle me demande pardon. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais non. Au lieu de ça, elle a traversé la haie de cèdres jusqu’à chez le voisin. Là-bas, elle s’est pris une bière près d’un feu, avec lui, sans moi. Je ne voulais pas la suivre. J’ai attendu dans mon lit qu’elle revienne le lendemain matin. Je l’ai attendue toute la nuit, les bras croisés, et quand finalement elle est entrée dans la chambre, j’ai ouvert les yeux et j’ai dit :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Demande-moi pardon!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non, rien de rien, je ne regrette rien.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Voilà ce à quoi j’avais droit. Une phrase de merde de chanteuse dont j’ai oublié le nom. Je n’ai pas eu droit aux pouvoirs que possèdent ceux qui pardonnent, non, j’ai eu droit à cette phrase qui résonne encore au fond de moi comme un chien qui se tape la tête sur les barreaux d’une cage. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Tandis qu’elle froissait ses vêtements dans une valise, je suis sorti de mon lit. J’ai rampé par terre. Je lui ai dit :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Pardonne-moi de t’avoir traité mal! J’ai mal voulu dire, demande-moi pardon, rien qu’une fois, et ensuite ça sera à mon tour de te demander pardon pour toutes les fois où je t’ai demandé pardon et je te pardonnerai! Mais une fois! Demande-moi pardon une fois!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle est partie en chantant la même histoire. Maintenant, si je la retrouvais, je pense que je l’attaquerais. Je la violenterais à un point tel qu’elle devrait me tuer pour sa survie. Moi, si j'étais mort, si je la quitterais comme des lambeaux de ciel, j’attendrais patiemment qu’elle me revienne, là où je serais, et je continuerais à croire qu’elle reviendrait, un jour à mes pieds, s’excuser pour toutes les erreurs que j’aurais aimé qu’elle fasse mais qui n’ont jamais existé.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-5963775925868570815?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/5963775925868570815/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=5963775925868570815&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5963775925868570815'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/5963775925868570815'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/08/le-pouvoir-du-pardon.html' title='Le pouvoir du pardon'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-7210069425872977926</id><published>2011-08-21T10:49:00.002-07:00</published><updated>2011-08-21T10:50:11.908-07:00</updated><title type='text'>Maladie sémiotique no.3</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est comme les mots s’interpellent entre eux, invivables par correspondance, je dirais, comme papa maman s’engueulent. Du moment que je lis un mot, je veux le séparer en lettres et l’entendre autrement; je le veux séparé de tous ses sons, je le veux image dans mon cerveau et l’avaler tout rond, et m’étouffer avec pour me réinventer un monde avec une syllabe, un n’importe quoi comme un enfant s’invente une boule de quille avec rien du tout dans la gorge.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je suffoque les mots, phoque jésus faux moque et toutes les sonorités qui s’y apparentent, à chaque mot c’est pareil, d’y voir sous la moindre lettre un univers qu’en le posant sur du papier je peux y voir la rotation de quelque chose, le temps d’un autre enfin, la certitude que je suis partie de ce que tout le monde comprend facilement, en lisant, les mots qu’ils comprennent tous ensemble ce qui est là, comme si c’était évident, de voir partout ce que moi je ne vois nulle part.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mes mots se répondent mal. Ils ont chacun une bête à porter, une signification trop lourde pour que mon cerveau puisse les trimbaler comme si c’était facile, de demander à une souris de tenir sur ses épaules le poids de tous les chevaux du monde, et de tous les champs, de tous les pays quand je n’y connais rien ni aux animaux, ni à la géographie.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est une maladie, que j’ai, que plus j’ai, plus j’en parle plus je perds ce que je dis. D’abord si à ma naissance le docteur m’avait averti du langage qui existe, et qu’il faut l’utiliser pour parler comme les autres s’expliquent, selon règles et arts, j’en serais retourné dans le creux d’où je viens, dans le silence sans image du ventre, de l’ovule, du sentiment qui précède tout ce que je dis et que personne ne comprend.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-7210069425872977926?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/7210069425872977926/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=7210069425872977926&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/7210069425872977926'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/7210069425872977926'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/08/maladie-semiotique-no3.html' title='Maladie sémiotique no.3'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-8148847921288600996</id><published>2011-08-21T10:49:00.001-07:00</published><updated>2011-08-21T10:49:38.094-07:00</updated><title type='text'>Maladie sémiotique no.2</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je pense que vous accordez trop d’importance aux morts.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Vous trouvez vraiment que oui, mais pourtant, quand Mistère est mort, enterré, c’est moi dans du sable qui l’ai tout ça, et puis un peu de terre, un peu de râteau, je n’ai pas fait trop de cérémonies et le lendemain matin, je suis retourné travailler comme si le rien n’était.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Aux mots. Vous accordez trop d’importance aux mots. C’est un lapsus de ma part. N’essayez pas d’en tirer du sens. Ce n’est que ça.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- N’empêche, que c’est tout à fait comme si nous étions à la pêche aux mots, vous en dites un et je mords, comme si le mot mort me rendait mort et me faisait voir moi mort et enterré, vous ne trouvez pas ça grave? Moi à la place de mon chat alors que pourtant je n’ai jamais goûté à ses croquettes, je veux dire, jamais je n’ai tiré la langue à quatre pattes devant un bol à chat c’est ridicule.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Vous devriez penser au mot vie.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ça bloque quand j’y pense, comme inaccessible parce que, non, mon chat mort n’est pas un autre mot qui pourra remplacé celui-là. Mistère est mort que je me répète sa mort comme ça des heures devant son bol, à quatre pattes et langue sortie, je fais comme lui faisait du temps que ses croquettes étaient encore solide. Maintenant c’est comme l’humidité a pris dedans, ses croquettes molles, la grosse humidité sale de mes planchers que je panique à l’idée d’inviter d’autres animaux à se baigner dans l’espace mort que je garde un peu visqueux à la mémoire de.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Croquette.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non il s’appelait Mistère. Les croquettes il mangeait, dures autrefois, ridicules de croire qu’il s’appelait Croquette alors qu’il n’avait pas l’habitude de se manger lui-même, je veux dire, comme les chiens avec leur queue.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Vous pourriez remplacer votre Mistère par un chien.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ça dépend de ce que vous me dites. J’avale vos mots. Si vous me dites chien, je vais penser chien, et poisson poisson, vous me dites quoi?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Poison.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ce n’est pas bête, quand on pense à tous les serpents qu’il y a, et le poison dont ils sont plein, ça me ferait un animal facile à traîner avec une laisse et à nourrir d’oeufs de souris et de souris vivantes, et de souris mortes, tout ça à la fois. C’est peut-être la solution, le poison pur et simple, ça je saurais en manger, dans peu importe le bol. Rien qu’à tirer la langue et avaler ce que vous dites. Le poison et voir si une fois mort je ne trouverais pas d’autres mots auxquels m’accrocher, éternité, miel abeille, ces choses-là dont vous ne parlez pas mais qui peut-être me feraient rêver plus loin.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Poisson. Ma langue a fourchu.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-8148847921288600996?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/8148847921288600996/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=8148847921288600996&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8148847921288600996'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8148847921288600996'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/08/maladie-semiotique-no2.html' title='Maladie sémiotique no.2'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-3619198307702511804</id><published>2011-08-21T10:47:00.000-07:00</published><updated>2011-08-21T10:49:00.242-07:00</updated><title type='text'>Maladie sémiotique no.1</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’important, ce n’est pas d’y croire ou de ne pas y croire. Un jour où l’autre, votre imagination décidera à votre place de ce qui est réel et de ce qui ne l’est pas. Les mots étant ce qu’ils sont, quand je dirai que vous avez des oreilles de lapin, vous imaginerez vos oreilles, puis ceux d’un lapin, puis vous imaginerez les oreilles de cet animal à la place des vôtres. Vous direz que vous ne croyez pas à la possibilité que vos oreilles soient celles d’un lapin. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est là que j’ajouterai que votre tête est sous l’eau, et que vous y respirez déjà à l’aide de branchies. Vous me demanderez alors : &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oreilles ou branchies? Lapin ou poisson?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quand je dirai poisson, vos oreilles de lapin s’effaceront tout d’un coup, pouf, comme balayées par vos yeux. Plus j’ajouterai de mots, plus l’épisode du lapin s’effacera, jusqu’à ce qu’il ne reste dans votre cerveau que la possibilité que vous soyez poisson. Soudain, quand je dirai que vous respirez sous l’eau, entre les algues, vos branchies deviendront les vôtres et c’est là que je dirai que vous y flottez avec les mollusques et les insectes qui, soulignons-le, eux aussi ont parfois des branchies. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Vous êtes malades. Le moindre mot vous propulse à des millions d’images de là où vous vous trouvez. Dès que je parlerai de danger, vous anticiperez vous-mêmes la venue d’un pêcheur. Ça sera la panique quand je mettrai un ver de terre sous vos yeux. Je n’aurai même pas besoin de parler d’hameçon. Vous imaginerez déjà un ver de terre en train de se tortiller au bout de ce que je ne dis pas. Vous ne voudrez pas y mordre, bien sûr, mais quand je dirai le mot mordre et le mot hameçon dans la même phrase; je ne dirai rien de plus car cela serait suffisant pour créer chez vous une panique mortelle. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Vous êtes malades. Vous croyez que tous les mots sont les vôtres alors que pas du tout. Moi, j’ai voulu raconter l’histoire de ce lapin qui un jour tomba dans un lac et qui, grâce à un poisson, échappa à la noyade. Mais à cause de vos idées malades, voilà ce que c’est devenu. Je le dis pour votre santé mentale : prenez donc une pilule et fichez-moi la paix.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-3619198307702511804?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/3619198307702511804/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=3619198307702511804&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/3619198307702511804'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/3619198307702511804'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/08/maladie-semiotique-no1.html' title='Maladie sémiotique no.1'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-8222908254381709645</id><published>2011-07-07T17:21:00.000-07:00</published><updated>2011-07-07T17:22:20.170-07:00</updated><title type='text'>L'été honnêteté</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’avais à dire, avant de me coucher, que les champs sont, je trouve, moins denses l’été que l’hiver, mais plus fleuris, on en conviendra, que la neige fondue a aminci pas mal de terre et que tout devient alors plus visible, les brins d’herbe comme les insectes, à deux ou à six pattes, ceux qui tissent des pièges comme s’ils avaient huit pattes, les fourmis comme les hommes je veux dire, que la vie l’été avoue sa véritable épaisseur, elle perd son hypocrisie et nous y voyons les gros comme les maigres, sans manteau, sans cachette, et dès que l’un se dit maigre vis-à-vis de l’autre, l’autre se dit gros vis-à-vis de l’un, et les corps se mêlent comme ça dans une masse de chair nue sur les champs de fleurs qui, on en conviendra, sont plus chauds que si la neige avait été de la partie, car celle-là est l’ennemie blanche sous laquelle on cache des cadavres, des têtes de papa, de maman, si bien que même les meilleurs tueurs se font piéger par cette neige qui d’apparence dissimule tout mais qui, au printemps, dévoile tous les crimes, toutes les têtes que nous avons enneigées durant l’année, puantes d’avoir été abandonnées sans un dernier baiser, sans avoir été bordées, non vraiment, l’été est la saison de l’honnêteté, c’est la saison des feux qui, on en conviendra, plus ils sont gros plus ils sont beaux, tout comme les oncles autour de tel ou tel feu qui demandent à leurs petites nièces d’ajouter des bûches au cas où bientôt ils y jetteraient le corps d’un ennemi, d’un chien ou d’un chat parce que de toute façon, la tête d’un homme, comme la tête d’un insecte, une fois brûlée, ce n’est guère plus vulgaire qu’une guimauve qu’on aurait laissée à traîner à côté de tout ce que dans un été nous avons oublié de manger, y compris les petites nièces, parce que maintenant il est trop tard, il faut aller dormir, comme on aime se l’entendre dire mais déteste se le voir faire, c’est l’heure d’aller se coucher.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-8222908254381709645?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/8222908254381709645/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=8222908254381709645&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8222908254381709645'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8222908254381709645'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/07/lete-honnetete.html' title='L&apos;été honnêteté'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-8344037131372543954</id><published>2011-07-07T16:18:00.000-07:00</published><updated>2011-07-07T16:19:39.716-07:00</updated><title type='text'>J'ai pensé écrire gros</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’AI PENSÉ ÉCRIRE GROS pour que si quelqu’un de soûl lisait ceci, il n’ait pas besoin de plisser les yeux en grommelant devant mon texte qu’il ne comprend rien aux phrases trop petites que j’écris les unes derrière les autres, sans aucune ponctuation parfois, sinon la virgule ou le point-virgule; pour que si quelqu’un de myope tombait sur ce texte-là il ne se disloque pas la pupille par trop d’efforts au cas où il aurait oublié de porter ses lunettes noires épaisses qui le rendent gracieux vis-à-vis de la mode et de tous ceux qui dans la rue l’apostrophent pour lui dire « tes lunettes, franchement, oui » alors que lui, moitié soûl moitié myope, sait très bien que ce n’est pas une paire de lunettes qui le fera marcher droit quand tout est croche, quand tout est double, ses yeux comme ses pieds, quand il ne voit rien ni d’où il marche ni d’où il lit, dans un escalier ou dans un lit que d’autres plus sobres que lui auront arrangé POUR QU’ARRÊTENT DE GUEULER CEUX QUE L’ALCOOL A ÉMÉCHÉS.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-8344037131372543954?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/8344037131372543954/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=8344037131372543954&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8344037131372543954'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8344037131372543954'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/07/jai-pense-ecrire-gros.html' title='J&apos;ai pensé écrire gros'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-4932751864407940761</id><published>2011-07-07T13:08:00.001-07:00</published><updated>2011-07-07T13:08:28.931-07:00</updated><title type='text'>Ni si ni ça</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Fais ni si, ni ça, elle disait. Chaque fois que je m’apprêtais à faire si, elle courait vers moi catastrophée en criant non, ne fais pas si, ça te tuera, et comme je m’apprêtais à faire ça, ou ça, elle doublait d’inquiétude et criait non, surtout ne fais pas ça. Ça va causer ta perte, tu avaleras de l’eau et ça te noiera; ça va causer ta mort et moi, j’aurai beau faire si, ça, ça pour te réanimer, ton corps mourra quand même lourd et inerte comme une guenille dans le miel.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Si tu fais si, elle disait, tes yeux s’éteindront et je ne veux pas les voir éteints. Si tu fais ça, la date à laquelle tu le feras deviendra la date de ta mort. Ton petit cerveau mort se mettra à battre des ailes, et papillon, il glissera sur l’herbe, transporté par des musiques qui n’existent pas. Il s’envolera quelque part au-dessus des maisons, léger comme le vide et moi pesante comme tout, je resterai là, idiote, à attendre de mourir moi aussi pour te rejoindre. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’attendrai dépressive malade tandis que toi, ton cerveau se sera évadé de ton boulet de corps. Il se mettra à pédaler plus vite que jamais, libre d’entrer dans mes rêves et de me faire voir des images qui ne sont pas les miennes.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je sortirai du lit tous les matins en repensant aux images que tu m’as fait voir en rêves, en me disant que c’est possible, que les cerveaux morts s’envolent et traversent mes rêves pour me faire voir des crimes que je n’aurais jamais pu inventer, des horreurs et des personnages qui ne sont pas de moi. Je me mettrai à croire que je ne suis pas maître de mes rêves. Comme si c’était possible, que ton cerveau mort ait une emprise sur tout ce que je vois quand je dors.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;À la fin, je deviendrai prisonnière de chacun de mes rêves. J’aurai l’impression que tu m’y parles. Dans mes rêves les plus profonds, même quand je voudrai me réveiller parce que je serai consciente de rêver, tu t’obstineras à me faire dormir jusqu’à la fin et ça sera toi, le cerveau sur le mien, celui qui, plus fort que moi, m’empêchera toujours d’ouvrir les yeux. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je rêverai ce que tu voudras que je rêve; des histoires que tu auras inventées pour me transmettre un message que je ne comprendrai pas parce que, déjà, je ne comprends même pas quand tu me parles alors imagine de quoi aura l’air notre communication onirique une fois que nous seront moitié morts moitié endormis.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Fais ni si, ni ça, elle disait, alors je ne faisais rien. Je la regardais dormir, simplement, fasciné par ses soupirs quand sa bouche s’ouvrait toute grande, comme si tout à coup son cerveau se faisait aspirer par quelque chose de plus grand, quelque chose d’assez fort pour décider à sa place des images en train de défiler sous ses paupières. Quelque chose, enfin, quelque chose de plus mort.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-4932751864407940761?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/4932751864407940761/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=4932751864407940761&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4932751864407940761'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4932751864407940761'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/07/ni-si-ni-ca_07.html' title='Ni si ni ça'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-4010852292761498773</id><published>2011-07-07T13:07:00.001-07:00</published><updated>2011-07-07T13:08:01.620-07:00</updated><title type='text'>Le monstre de muscles</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Après des mois de musculation, il les avait enfin, ses muscles de béton. On ne les lui avait pas chipés par la poste, ni greffés par un docteur non, il les avait eus lui-même grâce à toutes sortes de machines à muscles qu’il avait entreposées chez lui : altères, courroies, pôles et poutres aussi, des ponts auxquels il se laissait pendre puis se hissait, haut et fort, pour se briser les muscles bien comme il faut avant d’admirer devant le miroir ses épaules énormes, gonflées de veines devenues insensibles avec le temps.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ses muscles étaient pour lui une dépendance, tout comme pour certains la cigarette est une chose qu’il faut fumer toujours, lui, ses bras étaient une chose qu’il fallait toujours gonfler. À s’abîmer les muscles comme ça, sa dépendance était probablement aussi néfaste que toute autre, sauf que lui, il était fort comme un singe qui parfois je crois, prenait une pilule ou deux ça ne fait de tort à personne, il disait, qu’on n’en parlera à personne parce que, vu les muscles qu’il les avait, il décidait de tout ce que les autres disaient ou ne disaient pas.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et puis les muscles sont comme les tatous. Ça effraie et ça domine. Mais le jour où ça n’est plus à la mode, c’est bien embêtant de faire disparaître tout ça. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Chaque fois qu’il entrait dans un bar, il avait l’habitude de faire tout un éclat : il abordait les filles avec un très petit chandail blanc sur le dos, ou une camisole ou en tout cas, quelque chose d’assez serré pour qu’on y distingue à la fois ses mamelons, à la fois ses veines musclées comme des fleuves qui menaient on ne sait pas où mais bon, les filles avaient leur petite idée sauf qu’un soir, l’éclat lui a explosé à la gueule d’une façon que ce n’était pas comme il l’avait souhaité.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il a semblé que, c’est bizarre, ce soir-là les filles n’aimaient pas les mecs musclés et au contraire, les petits gros étaient à la mode ce soir-là et c’est sur eux qu’elles se sont jetées, toutes, en manque de chair molle ou je ne sais pas quoi. C’était comme choisir la crème molle au lieu de la dure, et de la molle en vouliez-vous en voilàsse. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le musclé n’avait rien à faire dans la place, sinon que de jouer au billard avec ses bras si enflés qu’ils ne pliaient pas, sinon que de s’observer les biceps dans la salle de bain en se faisant croire que les filles ici ce soir n’ont pas de goût et qu’il est mal tombé, le pauvre, et qu’il vaudrait mieux revenir demain. Mais demain, en fait, demain c’était la même histoire. Tout ça est une histoire de mode et il faut s’y faire. Il faut accepter qu’un jour les filles aiment les muscles pour la sécurité, puis un autre jour, elles aiment le confort d’un mec bien dodu pour, encore, la sécurité.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;*&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je répète qu’il les avait enfin, ses muscles, et il les avait gagné à fort prix, je veux dire, pas qu’il les avait achetés mais qu’il y avait mis toute son énergie et, nous n’en parlerons pas mais, les pilules qu’il avait prises une fois ou deux avaient certains effets secondaires dont il avait du mal à se débarrasser comme, par exemple, la perte des cheveux et le grossissement des orteils. Enfin, après l’épisode du bar, il a vendu ses machines à muscles. Il a même vendu sa machine préférée, celle où il s’assoyait tout le temps en écoutant la télé, sur un siège en cuir sous des altères ; celle qui s’était imprégnée de l’odeur de toutes les fois où ses fesses avait transpiré de douleur.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il a tout vendu pour s’acheter bien assez de nourriture très grasse, fromage, chocolat et ainsi se rendre mou de la façon que les filles aimaient ça, mou et dodu. Il s’observait grossir dans le miroir, sans trop comprendre pourquoi il faisait tout ça et chaque fois qu’il gagnait un kilo, il avait cette danse humiliante qu’il faisait mais qui le rendait fier d’être gros. Il sautillait sur place, comme hypnotisé par les ondulations de ses bourrelets, et presque amoureux de ses pectoraux qui désormais étaient seins. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Enfin gros, ça n’a pas pris de temps, il est retourné au bar en question, moitié muscles moitié graisse : il disait avoir pris du poids et il faisait exprès, je pense, de sortir son ventre comme sur le point d’accoucher d’un double-cheese pour que les filles arrêtent de le tenir à distance mais pourtant, elles continuaient de l’ignorer en commérant entre elles que ouf, t’as vu l’ancien musclé devenu gros, c’est clair qu’il n’a pas le temps d’aller à l’université parce qu’au lieu d’étudier il passe tout son temps à être soit gras soit top shape.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Enfin, l’ancien musclé a quitté le bar en se disant que oui, il faut accepter qu’un jour les filles aiment les dodus pour la sécurité, puis du jour au lendemain, qu’elles aiment qu’un mec ait un bagage intellectuel pour qu’il puisse se trouver un emploi pour leur sécurité.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;*&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il a essayé, tous les soirs, de se construire un bagage intellectuel en écoutant des trucs intelligents à la télé, des documentaires emmerdants pendant lesquels il s’endormait parce que, de toute façon, l’université ne voudra jamais de lui parce qu’il n’a jamais fini son secondaire et puis, il disait, un mec moitié musclé moitié gros qui retourne au secondaire, ça ne couche avec personne, pas même avec la fille du bar qui trop soûle n’a pas d’endroit où coucher.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;*&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alors vaut mieux être con qu’universitaire, il s’est dit; mieux vaut être gros que musclé, et mieux vaut être musclé que gros; mieux vaut ne plus rien faire et ne plus rien être que de retourner dans ce bar où toutes les filles aiment tout ce que je ne suis pas. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il n’est plus jamais retourné au bar en question. Dans sa chambre il ne se musclait plus, ni ne mangeait, ni ne se cultivait en fait, il étudiait les cordes et pensait à une façon de se pendre exactement sans douleur, sans souvenir ni chance de survivre je pense qu’il écrivait, ou alors il pleurait, je ne sais pas enfin, il dormait presque tout le temps.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est au moment où il devait se pendre que les filles du bar sont débarquées chez lui, un soir, comme ça, elles sont venues frapper à sa porte en disant qu’est-ce que tu fais là on t’attend. Comment, vous m’attendez, il a répondu, si vous ne partez pas tout de suite je vous noue le cou et vous serez pendues et elles ont dit oui, on a décidé qu’on en avait un peu marre de la sécurité.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-4010852292761498773?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/4010852292761498773/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=4010852292761498773&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4010852292761498773'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4010852292761498773'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/07/ni-si-ni-ca.html' title='Le monstre de muscles'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-8842194937074417416</id><published>2011-07-07T13:06:00.000-07:00</published><updated>2011-07-07T15:07:16.381-07:00</updated><title type='text'>Troubles indicibles</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je hais les conseils. Ne me conseillez pas de voir tel truc, car je le verrai en ne pensant qu’à vous, et quand j’aurai fini de le voir, je devrai affronter le malaise de vos yeux sur les miens, et l’obligation de vous dire merci pour le conseil alors qu’en vérité, je n’ai rien à foutre de vous et de ce que vous me montrez.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce que j’en ai à foutre, moi, de votre bon goût qui me dicte ce que j’aurais dû voir mais n’ai pas vu, mais qu’il n’est pas trop tard parce que le film n’est pas encore terminé, fort-fort heureusement tu as encore le temps d’aller te perdre dans une salle de ciné autour de gardiens emmerdés par ce que les cinéastes ont décidé de présenter sur cet écran, ce mur, cette poutre, ce champ cet océan et sur votre front en même temps. Parce que c’est vous qui avez découvert ce film, comme Christrophe Colomb l’amérique, c’est à vous que revient le mérite.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est un film nouveau genre très originale, drôle par bouts, et c’est à vous qu’il faudrait dire merci parce que c’est vous qui êtes tombés dessus par hasard, un week-end, une paire de lunettes 3D et quelques billets dans le porte-monnaie vous avez décidé de voir ce truc et, sans même l’avoir vu encore, vous l’avez conseillé à votre liste de contacts, avec votre i-black-je sais pas quoi, ce après quoi cette liste s’est jetée sur le film.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Vous avez des douzaines d’amis qui vont vous voir le soir. Vous vous regroupez autour de votre grande table en bois style vieux industriel. Vous y faites des soupers avec des légumes et des fruits de la mer pour parler avec ces gens qui ont vu ce que vous leur avez dit de voir. Pour encenser votre grande culture, les gens vous remercient, merci merci ils disent, de m’avoir fait connaître cet artiste trop génial qui se déshabille nu sur scène et raconte les malheurs qu’il a vécu avec sa mère du temps qu’il était nu dans le ventre de la-dite marâtre.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Les propos étaient forts, dit l’un, genre que je n’aurais jamais pu écrire ça. En plus que la musique fitait. Ça me remet en question. Est-ce que je veux vraiment avoir des enfants... Maintenant je pense comme toi que ça ne vaut mieux pas.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ces gens qui vous remercient de les avoir conseillés, vous les écoutez en caressant votre table en bois style vieux industriel et vous vous dites encore que oui, dans la vie, vous avez fait de bons choix et que oui, tous ces gens devraient voir ce que vous avez vu; tout le monde devrait découvrir ce que vous avez découvert le premier, comme ça vous seriez maître des découvertes et peut-être que, on ne sait pas, quand vous mourrez, les gens paieront pour venir découvrir votre table style vieux industriel où personne ne mange plus de légumes mais où, au moins, on admire ce que vous avez admiré de votre vivant.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-8842194937074417416?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/8842194937074417416/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=8842194937074417416&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8842194937074417416'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/8842194937074417416'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/07/les-conseils.html' title='Troubles indicibles'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-863578115049954498</id><published>2011-07-07T13:05:00.001-07:00</published><updated>2011-07-07T13:05:30.206-07:00</updated><title type='text'>Les anges du malaître</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Papa s’est dit merde je devrais te battre tu sais, tu mérites profondément de te faire battre, avec une chaise ou un couteau, une tondeuse ou un râteau, un foulard dans la gorge qu’on en finisse avec tes omoplates et ta chair rose.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il était ivre joyeux, une pelle à la main et dans ses yeux, tous les objets tranchants ou pesants qu’il aurait pu prendre pour faire taire mes vagissements de bébé sale et il me criait sale bébé, je devrais te crever avec les dents d’une fourchette, comme ça jusqu’à ce que la différence entre un steak et ta chair soit claire, visible et sensible, de la couleur que tu voudras je m’en fous qu’il a dit, avant que tes dents à toi se mettent à pousser jusqu’à me mordre je vais te piquer, mon sale bébé, je vais te saigner comme un cochon de lait rose, rouge, et même ta mort bleue ne puera pas plus que ta couche pleine.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’étais con de pleurer en brandissant mon hochet, et lui de rire avec sa pelle. Plus je pleurais, plus il riait. Comme si ça lui faisait du bien de voir quelqu’un souffrir à sa place, il disait, mon petit bébé rose, je vais t’apprendre à jouer avec des jouets d’adultes et c’est là que sa cigarette m’a brûlé le front. Moi le con, j’ai crié encore plus fort. La pelle m’a écrasé le cerveau et c’est là que maman est arrivée. Elle a pleuré, elle aussi. Papa lui a dit je t’assure que je n’ai pas tué le bébé. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ils se sont rassurés. Ils se sont consolés avec des bières et beaucoup de musique. Je n’ai pas entendu tout ce qu’ils ont dit mais, quand maman a crié dans la chambre, je pense qu’elle a voulu dire que tout était ben, ben correct.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-863578115049954498?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/863578115049954498/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=863578115049954498&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/863578115049954498'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/863578115049954498'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/07/les-anges-du-malaitre.html' title='Les anges du malaître'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-6416385009156415375</id><published>2011-07-01T12:23:00.001-07:00</published><updated>2011-07-01T12:25:24.670-07:00</updated><title type='text'>Sans centre</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Vivre dans un univers qui n’a pas de centre, c’est un peu comme vivre nulle part, là ou là, et même si je suis là, que j’y sois ou pas, tout le monde s’en fout parce que les gens ne sont pas avec moi. Ils sont là-bas, autour d’autres centres qu’ils se sont inventés purs et clairs, amour et amitié. Peu importe où moi je suis, je ne fais jamais partie de là où ils gravitent, là où ils veulent, là où ils m’évitent. Dès que je les croise, ils font semblant de ne pas me voir et je ris pour qu’ils me remarquent mais eux, ils ne rient pas, ils croient que je ris d’eux alors ils rient de moi jusqu’à ce qu’enfin je ne rie plus et je pleure, comme une planète éjectée d’un système parce que bannie, trop moche, lâchée à des années lumières de leur lumière à eux que je suis trop faible pour m’en approcher. J’écoute plutôt le bruit de leur peau sur leur peau. Ils brament que l’amour est leur centre et ils baisent, et s’aiment, gravitationnels les uns sur les autres tandis que je cherche encore moi aussi un centre, moi aussi l’amour et si je suis trop laid, alors ça sera l’amitié, pourquoi pas, les verres claqueront quand même et si je suis chanceux, l’amitié soûle marchera toute croche et je finirai peut-être moi aussi dans un grand lit étincelant avec une bouche centrée sur ma bouche. J’aurai mon centre. Je sortirai la langue le temps qu’il faudra et quand les bouches se réveilleront de leur molle salive, elles me demanderont qui je suis et je devrai réfléchir, longtemps, pour répondre autre chose que n’importe qui.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-6416385009156415375?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/6416385009156415375/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=6416385009156415375&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6416385009156415375'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6416385009156415375'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/07/sans-centre.html' title='Sans centre'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-6645023387204408370</id><published>2011-07-01T12:22:00.002-07:00</published><updated>2011-07-01T12:23:21.256-07:00</updated><title type='text'>L'impossible naissance de Sinec Folk</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N’ayant pas eu de mère, il avait dû s’inventer lui-même, comme ça, sans accouchement ni docteur, sur la plage de Craboya, dans les îles du Milect-Tis. Ils sont rares les gens qui voyagent jusqu’à là-bas. Les gens ne s’aventurent jamais que sur les plages les plus connues; celles de la mappemonde, celles touchées par les guerres enfin, celles où l’on raconte de vraies histoires historiques. Toujours est-il que, du jour au lendemain, il s’était fait naître à partir de rien du tout, sinon quelques particules, dit-on, d’atomes et de coccinelles. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Au départ, il n’était peut-être qu’une mémoire, un esprit vague sous un voilier, un trissumier à torpilles ou une vague, ou le sang d’un requin en tout cas, rien d’humain. Puis par la force de je ne sais quelle idée, il naquit le premier mai de la trente-quatrième juridonce. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Voilà comment sa naissance se présenta : je trouvai d’abord un premier orteil sur le sable. Ne me doutant pas qu’il s’agissait du sien, je le plaçai soigneusement dans mon sac à main. Je me mis à chercher l’homme amputé, blessé, à qui l’on avait coupé cet orteil mais, évidemment, il n’y eut ce jour-là sur la plage que des femmes et des chiens, comme il y en a partout.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je cessai de chercher le propriétaire de l’orteil quand, au bout de l'orteil en question, poussa un pied, puis d’autres orteils, puis un mollet, une cuisse et ainsi de suite jusqu’à ce que le sac se déchirât et libérât Sinec de son impossible naissance.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ah, ce cher Sinec, de tous les membres qu’il s’inventa ce jour-là, il n’y en eut aucun de droit. Son bassin ne tenait que sur une jambe. L’autre jambe, elle, sortait de son nombril et, à cause de cette position malencontreuse, elle n’arrivait jamais à toucher le sol. Sinec ne pouvait pas marcher. Ou alors il le pouvait, peut-être, mais il n’eut jamais l’envie d’essayer. Il avait peur, je pense, que quelqu’un remarquât sa démarche ridicule, aussi désaxée que la houppe des chtounfes, comme on dit dans les champs de Milect-Tis. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Sinec s’effondra sur le sable, frustré de s’être inventé tout croche. Je le sentis alors pleurer, déjà, avant même qu’il ne s’eût inventé une tête et des yeux. Il était là, inerte, luisant sur le sable. J’eus peur que les rayons de l’amériane ne le cuisissent, ainsi je l’arrosai d’un peu d’eau en lui répétant qu’au moins il avait le coeur, et que même s’il n’avait pas de mère, il avait moi et moi je serai là, toujours, moi je t’aimerai comme si tu étais mon enfant.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;À ce moment-là, j’eus envie de l’appeler par un nom. Son nom. Mais puisqu’il n’était pas né avec un médaillon autour du cou, je dus lui en inventer un et, pour cela, je voulus savoir de quel sexe il était. J’observai longtemps le bout de chair qui pendait sous son bassin. Encore aujourd’hui, je ne pourrais pas dire s’il s’agissait d’un clitoris ou d’un pénis. Imaginez alors la bouche qu’il s’était inventé, gluante comme une gouennè de l’eau miraculeuse et la tête qu’il avait. Il était laid. Comme s’il avait eu deux nez à la place des oreilles et une oreille à la place du nez. Quand je lui demandai s’il était un garçon ou une fille, il me répondit « Sinec ».&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Sinec tremblait devant moi. Je lui avais inventé ce nom dont tout compte fait je n’étais pas très fier. J’aurais pu trouver mieux, pensai-je, « Appeler Sinec Sinec... C’est comme appeler les chiens Wouf. »&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je me mis à chercher d’autres noms. Ne trouvant rien, je me mis à trembler moi-même, déçu par ma pauvre imagination. Dans ma bouche, chaque lettre sonnait laid, sonnait moche, comme une erreur. Je lâchai prise devant mon manque d’inventivité. Sinec était là, devant moi, sous les rayons brûlants de l'amériane et, pour le rassurer, je lui répétai une dernière fois : tu es mon fils et jamais je ne te quitterai. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Jamais je n’osai dire à Sinec qu’il lui manquait un oeil, une omoplate, et un tas d’autres morceaux car, j’imagine, qu’il ne doit pas y avoir de chose plus vexante que de se faire dire, après s’être inventé de a à z, que vous vous êtes franchement raté.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je m’assurai qu’aucun témoin ne fusse en train de m’épier, puis j’abandonnai Sinec sur la plage. Un autre parent, pensai-je, un autre père viendra le secourir. Et si jamais il meurt, je n’aurai qu’à m’inventer un nouveau nom afin de n’être jamais reconnu.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-6645023387204408370?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/6645023387204408370/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=6645023387204408370&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6645023387204408370'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6645023387204408370'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/07/limpossible-naissance-de-sinec-folk.html' title='L&apos;impossible naissance de Sinec Folk'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-4702147574363421178</id><published>2011-07-01T12:22:00.001-07:00</published><updated>2011-07-01T12:22:45.881-07:00</updated><title type='text'>Déconstruction</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’ai les os qui s’émiettent à cause de vieilles fractures, d’anciennes chutes dont il ne faut pas parler parce que c’est honteux. J’ai honte. Je suis tombé cette fois-là, en faisant l’amour, par derrière la clôture sur mes vertèbres et par devant la pôle du drapeau dans ma nuque et cette fille qui disait tu vas mourir et je vais jouir, un appareil photo à la main elle disait, je vais photographier l’amour et la mort, les deux à la fois, et je serai célèbre si seulement tu pouvais sourire sur la photo. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’ai souri. Je n’en fais pas un cas, moi, j’ai les os comme de la poussière de craie dans mes muscles et ça me chatouille de douleurs dans les poumons, le coeur, la rate, mes os comme du silice me coupent les tendons et les nerfs et je saigne par dedans mais je n’en fais pas un cas, pas comme vous, je ne crie pas au meurtre que j’ai le cancer, que je vais mourir là exactement. Je n’ai pas peur. Je me tiens debout. J’ai un costume rigide. J’ai ce costume rigide fait de plâtre, d’acier de marbre, des jambières de bois et tout ce que les meilleurs artisans ont fait dans le domaine du corps et de l’art. De sorte que si je tombe, je tiens debout toujours. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En dedans de moi, ça s’effrite mais jamais je ne m’effondre. Je reste amalgame de débris, compacte et solide, je marche comme une masse de béton mais en réalité, ah ça ne paraît pas, que je suis fragments de pierres. J’ai l’air de faire de belles phrases construites mais ça arrive, oui, que ça craque de partout et la syntaxe se déconstruit comme dans une chute ma gueule me dit ta gueule et meurs, et mes dents me mordent les lèvres et ma langue, comme ce char d’assaut sur cette mine, c’est possible qu’elle ait explosé, ma langue un soir une nuit, dans la lumière, les bombes et le sexe, et la tête des enfants malhonnêtes.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Depuis que je suis né, je vieillis pour me déconstruire. J’ai eu les bras, j’ai eu les pieds, et maintenant, comme les plumes des oiseaux, j’échappe un peu de peau partout où je passe. Je ne serais pas surpris de me voir demain avec un doigt en moins, un oeil de pirate, une chaise roulante ou chauve. Je perds à peu près tout. Plus j’écris, plus je vis, et plus j’en perds des bouts, et plus je me perds. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Enfin je me suis fait greffer un crayon à la place du majeur. Désormais j’écris comme ça avec le doigt d’honneur, et je vous emmerde au moindre mot sur la page; je suis devenu hautain, méchant, et chaque fois que j’écris, je me venge de tous les os que vous m’avez brisés.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-4702147574363421178?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/4702147574363421178/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=4702147574363421178&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4702147574363421178'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4702147574363421178'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/07/deconstruction.html' title='Déconstruction'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-6836269402073319646</id><published>2011-07-01T12:21:00.000-07:00</published><updated>2011-07-01T12:22:13.659-07:00</updated><title type='text'>Ma maison en flammes</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mon erreur n’est pas de boire ce soir, mon erreur a été d’avoir trop bu hier, et si encore je buvais trop ce soir, je n’aurais qu’à me répéter la même réflexion quand je boirai trop demain, et ainsi de suite jusqu’à ce que je rage solitaire à propos de la répétition de mes phrases, et les phrases des autres pour me déculpabiliser, pour me sauver des eaux comme ça jour après jour et sauver les meubles et les électroménagers, le chien et les tortues, ma maison en flammes et moi dedans, brûlé mort, qui cherche encore à brûler les papiers que j’ai peut-être écrits mais dont je ne me souviens pas parce que j’avais trop bu.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je ragerai soûl, agressif contre tous ceux qui sont partis parce qu’ils ont arrêté de boire quand le feu a pris, et je dis, si mon téléphone n’a pas encore fondu dans le feu, je les appellerai, tous, un après l’autre, pour leur dire qu’ils sont infidèles, empoisonnés par l’amour et la connerie de leur amitié, de leurs bagues, de la baise, toute leur connerie de vêtements qu’elles ont acheté pour lui, et le soutien-gorge qu’ils lui ont acheté à elle, je leur dirai ma façon de penser et je finirai en disant que je les tuerai, demain, tous, et s’ils sont déjà morts parce que je les ai tués hier, je lancerai mes menaces à leur répondeur au cas où un jour ils ressusciteraient et reviendraient à leur maison pour écouter leurs messages, en rentrant du restaurant, après la petite glace au chocolat qu’ils ont mangé le soir avec leurs enfants.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je brûle mais je ne brûle pas, moi, dans ma tête, dans ma maison en flammes, je bois dans ma maison en bois et je dis que mes doigts me brûlent les gencives et mes dents brûlent mes ongles, mes ongles tombent comme des tisons sur mes pieds et mes pieds brûlent mes genoux qui eux brûlent le plancher et la table mais je ne brûle pas. Je joue avec ma tête. J’exploite l’imagination comme ça, comme les oncles s’imaginent leurs petites nièces femmes, leurs petites fesses dans la paume de leur main, je profite de mon cerveau à nu et je continue à avaler les gorgées qui m’éteignent au fur et à mesure que je m’enflamme. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je sais. Je suis au courant de ce qu’ils pensent. Je lis à travers eux, comme s’ils étaient mes propres mots, je sais ce qu’ils disent à mon sujet, que je suis dangereux pour les animaux, que je frappe sans crier, même quand je suis sobre, ils disent que derrière mes foulards il y a des dents et que je mords en silence, ni heureux ni triste je suis comme ça, cannibale indifférent et ils ont peur pour leurs enfants, ils ont peur que je brûle leur progéniture dans les berceaux et que je dérobe leurs draps pour m’en faire d’autres foulards et d’autres meurtres je sais.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Viendra le jour où un ami reviendra à moi, dans ma fumée, à peine visible il me dira tu as fait le feu, mec, tu as tué nos bébés, tu as bu leurs biberons, tu nous as tous tués et maintenant, tu es fier d’être le seul qui n’a pas péri dans l’incendie, toi le seul vivant, sauvé des eaux je te pardonne, parce qu’il faut bien que les humains se pardonnent entre eux je te pardonne toutes les morts et qu’est-ce que tu dirais si je t’emmenais sur la montagne, prendre une marche ou une glace au chocolat.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais je répondrai toujours la même chose, aux autres comme à moi-même, que le jour est mal choisi parce que j’ai trop bu hier, je suis fatigué je dis, hier a été dur, tout y est passé et ce soir, j’ai cette drôle d’idée de vouloir tout brûler et je vais te le dire à toi, que si je ne bois pas ce verre de vin qui m’attend, je pense que j’y passerai moi aussi.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-6836269402073319646?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/6836269402073319646/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=6836269402073319646&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6836269402073319646'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/6836269402073319646'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/07/ma-maison-en-flammes.html' title='Ma maison en flammes'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-4807349673427506155</id><published>2011-07-01T12:20:00.000-07:00</published><updated>2011-07-01T12:21:38.531-07:00</updated><title type='text'>Le blond et le noir</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ils me regardent comme si j’étais le con, le fou échappé, ils me regardent avec cet air qu’ils ont quand je leur dis que c’est possible, que les filles aux cheveux noirs soient plus violentes que celles aux cheveux blonds que je sache, de mon vivant, je n’ai jamais vu de blé faire de mal à qui que ce soit, et c’est bien la couleur des champs, que je dis, le blond inoffensif que ces sales corbeaux noirs agressent et mordent à peu près tout ce qui bouge, les insectes comme les branches et les cuisses je pense, que l’exemple est éloquent je dis, que c’est comme les hommes aux cheveux raides sont plus raides que ceux frisés des frisés et ce n’est pas un salon de coiffure qui va y changer quoi que ce soit.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je connais des tas de coiffeuses, mais aucune capable de faire changer le caractère d’une personne née bouclée, née noire ou blonde, il y a les méchants et les gentils quoi, ne me regardez pas comme ça, ce n’est pas comme si vous n’étiez pas au courant qu’il n’y a pas ce que vous avez dans la tête qui compte mais aussi ce qui pousse dessus, des chapeaux ou de la calvitie, tout ou rien, vous avez tout ou rien et c’est comme ça, vous êtes élégants ou vous ne l’êtes pas, aimés ou détestés, et si on vous déteste ça n’a rien à voir avec vos idées je dis, que c’est une question de goût. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je connais des coiffeuses qui préfèrent les cheveux noirs. Ça ne les rend pas méchantes pour autant. Ne me regardez pas comme ça, comme si je venais des océans, de chez les poissons aux réflexions tordues alors que pourtant, je ne viens pas de l’eau, je viens de l’air comme vous, je ne suis pas indifférent à ce que vous faites, et qu’est-ce que vous faites là, vous mangez du pain au fromage tous ensemble sans vous préoccuper de la barbe de l’un, des narines de l’autre, et je pense que c’est possible, que vous ne vous soyez jamais regardés au fond, comme un tas de corbeaux tous pareils, tous mangeurs de pain qui ne font que parler de proies, de destinations, de la date et de l'heure du prochain envol.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Vous picorez mes mots pour pouvoir en rire et me ridiculiser en public jusqu’au jour où vous en aurez marre de moi alors vos ailes s'ouvriront pour couvrir ma voix, je ne chanterai plus rien que les plumes que vous perdrez sur ma bouche, et quand vous n’aurez plus rien à bouffer, vous vous envolerez ailleurs et ne laisserez que mes os, mes arêtes et mes yeux de poisson dans la blondeur du blé qui lui me chatouillera, encore, naïf et con comme tous les amis que j'ai perdus.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5161034055389176915-4807349673427506155?l=william-drouin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://william-drouin.blogspot.com/feeds/4807349673427506155/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5161034055389176915&amp;postID=4807349673427506155&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4807349673427506155'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5161034055389176915/posts/default/4807349673427506155'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://william-drouin.blogspot.com/2011/07/le-blond-et-le-noir.html' title='Le blond et le noir'/><author><name>William Drouin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/-bOztX6Aqepw/TwcsFGtgnsI/AAAAAAAAACs/uj40LUU43mo/s220/IMG00460-20111230-0107willdepeigne.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5161034055389176915.post-2671851564165027838</id><published>2011-06-22T16:59:00.000-07:00</published><updated>2011-06-22T17:00:22.819-07:00</updated><title type='text'>Trop débile ce qui m'est arrivé</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Trop débile, que je dis, pour commencer, que vous aviez d’abord l’herbe, pas comme d’habitude, que les pissenlits étaient à plat, écrasés que le ras-le-sol leur avait oppressé le ciel sur la queue. C’était, pour ainsi dire, que le ciel leur était tombé sur la tête. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’avais la tête sur le ciment, dans mes souliers. Ma chair aplatie, en accordéons; je ne saurais pas mieux expliquer que de dire ma colonne vertébrale en miettes, mes os broyés blancs comme de la craie dans la rue. La rue, elle, n’était pas plus plate que si le ciel était resté dans les airs et, les roches, pareilles, trop dures pour se faire affaisser, elles continuaient d’arrondir l’asphalte. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mes voisins, comme moi, étaient plus plats que les roches. C’est pour dire à quel point la hauteur n’existait plus : j’étais large comme douze mais haut comme rien. J’étais haut comme une feuille de papier, tout au plus. Haut comme un papier de toilette. Les crayons comme les crottes s’étaient élargis jusqu’à nos visages et nous sentions, dans notre maison sans épaisseur, les odeurs de tout ce que nous n’avions pas l’habitude d’avoir dans le nez. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’était comme écraser le monde avec un pied. Écrasez les rosiers avec les loups. Vous ne sentez rien, mais sous votre semelle, ça pue le mélange de ce qui n’a pas l’habitude de se mélanger.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’avais une chinoise sur les genoux. C’est pour vous dire à quel point le monde s’était répandu sur le monde, au-delà des océans, le sang des autres dans le mien, et les maladies des morts soudainement dans ma vie. Ceux qui étaient morts depuis longtemps restaient enterrés. Mais ceux qui venaient tout juste, poignardés ou vieux, puants comme ils sont dans la mort nouvelle, ils coulaient sous mes bras et moi je coulais, moi aussi, entre leurs fesses ou je ne sais pas où. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les arbres s’étaient fermés sur moi, rectilignes sur l’asphalte. J’avais les cheveux sur les orteils et le monde dans les os. Les yeux d’un enfant fixaient mes os, je sais, comme un trésor. Il tentait par tous les moyens de me prendre les rotules comme des craies pour tracer sur le chemin un jeu de marelle, un tic-tac-toe, quelque chose de drôle. Mais ses mains étaient restées là où il était né, c’est-à-dire à des lieux. À des océans de là où je l’observais. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je l’observais, là, parce qu’il n’y a rien à faire, quand le ciel vous tombe sur la tête : des enfants inconnus vo
